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Nouvelle violence en psychiatrie : l'ONI réagit

Cet article fait partie du dossier :

ONI

Une agression d’une rare violence à l’encontre d’une infirmière de l’UMD de l’hôpital de Cadillac (33) relance le débat sur la sécurité des conditions d’exercice pour les professionnels de santé. L’Ordre infirmier propose de faire de la situation des professionnels de la psychiatrie une priorité de la stratégie nationale de santé

Communiqué de l'Ordre national des infirmiers - 3 janvier 2014

coup de poing

Une violence inqualifiable à l'encontre d'une infirmière

Le soir du 31 décembre 2013, une infirmière de l’hôpital psychiatrique de Cadillac (Gironde) a été violemment agressée par un patient de l’unité pour malades difficiles et est arrêtée 3 mois. Au-delà de cet acte d’une extrême violence que déplore l’Ordre national des infirmiers, l’événement rappelle les difficultés des conditions d’exercice de la profession, notamment en psychiatrie, et le besoin urgent d’effectifs renforcés sur de nombreux territoires.

La profession a connu ces derniers mois des moments difficiles que cet événement vient douloureusement rappeler, explique Didier Borniche, président de l’Ordre national des infirmiers. Dès le mois d’août et face à des agressions répétées envers les professionnels infirmiers, l’Ordre demandait des mesures fortes, notamment en termes d’effectifs. Ce à quoi avaient répondu positivement et de façon conjointe les ministres de la Santé et de l’Intérieur.

L’Ordre national des infirmiers demande aujourd’hui le respect des promesses engagées par les pouvoirs publics pour que les professionnels infirmiers, pivots de notre système de santé, exercent leur métier dans les conditions de sécurité nécessaire à la bonne prise en charge des patients.

Le président de l’Ordre appelle également à une considération particulière des dix UMD (Unités pour malades difficiles) en France, qui, dans un cadre de type partiellement carcéral, amènent à la délivrance de “soins intensifs en psychiatrie“ grâce à une équipe soignante renforcée. Une situation telle que celle de l’hôpital de Cadillac ne doit pas se reproduire et nous proposons de placer les professionnels de la psychiatrie au cœur des débats sur la stratégie nationale de santé annoncée par le Premier Ministre poursuit Didier Borniche.

Face à des conditions d’exercice dégradées, la profession se mobilise

2013 a été marquée par une vague de violence envers les professionnels infirmiers. L’Ordre tire la sonnette d’alarme depuis plusieurs années sur la dégradation croissante des conditions d’exercice du personnel soignant , explique Didier Borniche. Dès 2012, nous avons mis en place l’Observatoire des violences envers les infirmiers et infirmières et, en octobre dernier, nous avons proposé aux professionnels d’exprimer leurs attentes à travers une grande enquête en ligne.

L’Ordre appelle donc à ce que la prise en charge de la santé mentale, avec un focus particulier sur la question des personnels (normes, formation, etc.), soit mise au cœur du débat préparatoire à la stratégie nationale de santé afin que des dispositions législatives et réglementaires soient prises dans le courant 2014.

www.ordre-infirmiers.fr

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Commentaires (11)

#11

agressivité

bonjour
j'aimerai bien echanger avec vous sur ce sujet car votre remarque m'a interpellée

AmThLi

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#10

Surtout...

... Il s'agit de se demander ce que cette violence veut dire pour celui qui l'exerce.

On est en psychiatrie : tout a du sens. Orienter la discussion uniquement sur les soignants n'a donc aucun intérêt. Cette violence s'inscrit dans une structure relationnelle, dans un rapport entre les soignants et les patients du service, et dans la dynamique interne du sujet l'exerçant. C'est une question complexe, qu'on ne peut pas réduire à "cherchons un moyen pour qu'il y ait moins de violence". Il y aura tjr de la violence en psychiatrie, il y en aura même de plus en plus car les relations humaines sont de plus en plus brutales.

augusta

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#9

Pas de décision hâtive II

On peut aussi se demander ce qu'il en est du côté des psychiatres.

J'ai lu l'article de Aquitaine France 3, d'après le témoignage du personnel, l'état psychique du patient se détériorait depuis quelques temps.
Quel aurait été le bénéfice d'avoir plus de soignants? (question)
Et quelle décision médicale avait (ou n'avait pas) été prise pour améliorer l'état de ce patient ou prévenir un passage à l'acte?
Peut-on, devant l'aggravation de l'état psychique d'un patient potentiellement dangereux croiser les doigts en espérant qu'il ne se passe rien?

Donc, oui, "le nombre ne fait pas tout".....

dlteme

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#8

ignorance de l'oni

Comme tu le dis augusta, si l'ordre pense qu'une UMD subit le manque de personnel, c'est juste qu'il ne connait rien au milieu psychiatrique.

Par contre, sur la formation l'ordre a su adopter à sa création une position iréaliste mais démago demandant une spécialisation en psychiatrie. Les établissements forment leurs nouveaux arrivants en proposant des D.U ou des formations allant avec un processus tutoral, et l'ordre est bien inutile dans cette histoire.

augusta

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#7

Pas de conclusion/décision hâtive...

Je suis d'accord avec l'idée que "le nombre ne fait pas tout" (je parle du travail en psychiatrie).
Mettre plus de soignants.....pas formés? ça sert à quoi?
Il me semble urgent de réfléchir afin de proposer une formation continue de qualité et adaptée!!!

eusèbe

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#6

communiqué RESILIENCE du 04 janvier 2014

Les irresponsables ordinaux, avant tout à la recherche de cotisations infirmières pour combler les dettes et le déficit, démontrent une fois de plus leur incapacité à réagir de manière raisonnée face aux problèmes nombreux que rencontre notre profession infirmière. Après la raclée sévère reçue par les amis de monsieur Borniche, président nouvellement réélu, fin 2013 sur les réseaux sociaux suite à la prise de position honteuse et complètement décalée sur le sujet du suicide assisté, ils commencent 2014 en fanfare en exploitant une vraie détresse infirmière, à Cadillac, à des fins publicitaires et écoeurantes.Cet ordre infirmier, piloté uniquement par des banquiers, est désormais plus que has been, il est grand temps de le renvoyer aux oubliettes de notre histoire infirmière en jetant la clef dans les profondeurs abyssales de la honte épilatoire au laser et du grotesque observatoire de la violence.

dlteme

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#5

du vent...

Pour continuer sur votre argumentaire, il existe des structures hospitalières pour analyser ces accidents, auquelles participent les syndicats.
Il existe aussi déjà des normes concernant le personnel d'UMD, et le nombre ne fait pas tout, sinon que dire des agressions dans le metro?

copycat

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#4

Opportunisme quand tu nous tiens...

C'est bien beau de surfer sur la vague de l'actualité, mais pourquoi du personnel supplémentaire uniquement en psychiatrie ?
Le reste va bien ???
Il ne manque pas de personnel ailleurs ???

D'ailleurs, en parlant de l'observatoire des violences : ça donne quoi ? Quelles actions ? Quelles résultats ?

A quand un compte-rendu ?

Du vent, toujours du vent.

eusèbe

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#3

Pathétique...

C'est vraiment pathétique de voir tous ces efforts déployés pour faire parler de soi, alors qu'on est inutile, inaudible, et surtout, quand personne ne vous demande votre avis.

On est curieux de savoir ce que pense les penseurs ordinaux de la retraite à 62 ans, par exemple pour les soignants travaillant en psychiatrie ; car, qu'on ne s'y trompe pas, peu d'infirmiers sont prêts à suivre l'exemple du président qui, à 63 ans serait encore en poste, à temps partiel, dans son centre hospitalier.

Après l'euthanasie, on revient à la violence, en attendant le prochain sujet d'actualité porteur qui permettra d'enfoncer encore quelques portes ouvertes de plus.

Pathétique, vraiment pathétique...

dlteme

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#2

recuperation

Rien de plus que de la publicité ordinale sur le dos de la victime.

eusèbe

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#1

L'ordre demande, l'ordre demande...

En dénonçant des évidences, ça c'est sûr les ordinaux sont certains de ne pas se tromper.

Travaillant avec des personnes souffrant majoritairement de troubles du comportement (et donc potentiellement violents), jamais l'ordre infirmier n'est cité dans les éventuelles ressources pouvant faire améliorer les choses.

Encore une fois, ces élites s'offusquent bien à l'abri, encore une fois pour faire parler d'eux.

Ce n'est pas l'ordre infirmier qui va nous aider dans notre quotidien, ça c'est une certitude !