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A une agrafe près ?

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Plaies et cicatrisation

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Pansement et agrafes, le duo indéfectible ? Lors de plaies post-opératoires suturées avec des agrafes, la plaie devrait-elle demeurer à l’air libre ? Voici un protocole qui a suscité l’étonnement de Lodie40, infirmière en SSR. Et si certaines d’entre elles étaient arrachées par maladresse ? Et le risque infectieux ? Elle a fait part de ses inquiétudes sur notre forum, si certains de ses pairs s’avéraient tout aussi surpris, d’autres connaissaient le procédé.

plaies suturées par agrafes

Plaies post-opératoires suturées, quel protocole adopter pendant la phase de cicatrisation avec des agrafes ?

Une situation me questionne. Je travaille dans un Soins de Suite et de Réadaptation (SSR) et hier j’ai reçu une patiente à J+2 d’une sleeve gastrique sous coelioscopie. Les plaies opératoires sont non inflammatoires, propres et les berges bien soudées et suturées via des agrafes. À la sortie de l’hôpital, ils lui ont retiré les pansements, et donc laissé les agrafes « à l’air ». Le Protocole : 3 temps bêta tous les jours. Est-ce un nouveau protocole dont je n’ai pas encore eu connaissance ? Quant est-il des risques d’infection ? Des agrafes pourraient être arrachées par mégarde... Voici comment débute le témoignage de Lodie40, qui semble très surprise par le procédé employé pour la cicatrisation des plaies de cette patiente.

Et elle n’est pas la seule, Lenalan réagit rapidement pour montrer son étonnement face à ce témoignage. J'ai déjà vu des agrafes avec de l'ercefilm, mais jamais à l'air... Des agrafes à l'air libre sans même un pansement sec, cela me semble tout de même bizarre, ne serait-ce que pour le risque d'accrocher et de les faire sauter, souligne-t-elle.

Des agrafes à l'air sans même un pansement sec, cela me semble tout de même bizarre

Des nouveaux protocoles sans pansement

En revanche, d’autres professionnels ne sont pas du tout choqués et même habitués à ce type de protocole, comme Caducee33 : Non, je vous rassure c'est de plus en plus fréquent. Certains chirurgiens préconisent cela, y compris pour des incisions plus longues type genou ou hanche... D'autres font le pansement lors du dernier jour d'hospitalisation, font rentrer le patient à domicile avec indication de ne pas enlever le pansement jusqu'à la prochaine consultation dans 8 jours (voire même 10-12 jours, j'ai déjà vu cela).

Aurelbr, exerçant en chirurgie thoracique et vasculaire a également déjà expérimenté ce procédé. On laisse la cicatrice avec agrafes à l'air si celle-ci est non inflammatoire, propre ... On préconise un nettoyage avec de l’eau et un savon doux. De même, pour Jo-Bis qui par l’intermédiaire d’un proche récemment opéré a remarqué que les soignants lui avaient laissé les agrafes à l'air lui demandant de nettoyer au savon. Caqui13 explique qu’il s’agit de nouveaux protocoles. « Tout comme le 4 temps sur une ' cicatrice ', c’est fini, on fait juste nettoyage au sérum physiologique. De plus les hydrocolloïdes ont remplacé beaucoup de gros pansements », explique-t-elle.

Face à ces évolutions, certains soignants se questionnent quant aux rôles des infirmiers exerçant en libéral. Plus besoin d'infirmiers libéraux pour faire les pansements alors...., souligne Lenalan. Une inquiétude qui semble être partagée par Caqui13 : ni pour ça, ni pour faire les injections héparine de bas poids moléculaire (HBPM) (grosse tendance depuis quelques années). Les infirmiers libéraux moins sollicités ? Avec des nouveaux protocoles sans pansement et des vaccins injectés par des pharmaciens on peut effectivement se poser la question. Quid des libéraux ? Un autre problème qui pose question.

N’hésitez pas à réagir à cet article sur le forum ou note site infirmiers.com.

Journaliste infirmiers.com roxane.curtet@infirmiers.com  @roxane0706

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Commentaires (1)

N Sanchez

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10 commentaires

#1

Les habitudes ont la vie dure...

Bonjour,
Des études infirmières et médicales depuis 2001 montrent les mêmes résultats => Plaie à l'air avec eau + savon.
Les plaies chirurgicales à l'air dès J1 si elles sont non exsudatives et non désunies ont du mal à rentrer dans les pratiques françaises.

La plus values des infirmiers ne réside pas dans la réfection des pansements post opératoire mais bien dans la surveillance et l'analyse de la cicatrisation de la plaie du patient.
C'est le raisonnement clinique en lien avec la cicatrisation et les facteurs de risque du patient qui nécessitent les trois années d'études pour être infirmier.
Cordialement,