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Des centres de référence pour améliorer la prise en charge des plaies

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Plaies et cicatrisation

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Une reconnaissance administrative et financière des centres de soins pour les plaies permettrait de développer ces structures de référence pour améliorer la prise en charge des patients et réduire les coûts, a estimé un spécialiste lors d'une session plénière sur le virage ambulatoire au congrès de la Société française et francophone des plaies et cicatrisations (SFFPC) en janvier dernier.

Plaie sur une main

Pour les experts du domaine, il faut "inscrire les centres de soins dans le parcours de soins", puisqu'il s'agit d'un outil parmi d'autres et pour cela, les "intégrer dans une organisation globale", ce qui nécessite "une organisation territoriale et régionale"

Invité à parler des centres de soins de plaies, le Pr Philippe Léger de la Clinique Pasteur à Toulouse a rappelé que la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts) avait identifié les plaies chroniques comme sources d'économie depuis 2013. Dans son rapport sur les charges et produits pour 2014, elle proposait de réfléchir à ce que pourrait être, dans le contexte français, une évolution organisationnelle s'inspirant des principes adoptés dans d'autres pays, comme les centres de référence.Mais en France actuellement, ces centres sont à la fois très et peu nombreux, c'est-à-dire qu'il en existe mais avec des organisations différentes, des compétences différentes et ils n'ont pas ou peu de contact entre eux. Ils ne sont pas répertoriés, on n'a pas de cartographie. De manière générale, ils sont très peu valorisés, a indiqué le Pr Léger. L'analyse de la littérature qu'il a réalisée montre que ces centres portent des noms différents: centre de plaies, centre de plaies et cicatrisationcentre de soins de plaies... Ce qui montre l'importance de référencer, de labelliser ce type de centre, a-t-il considéré. On est prêt! Il faut mettre en musique ces centres en les organisant, a souligné le médecin vasculaire.

Pour cela, la SFFPC va mettre en place un groupe de travail pour définir ces centres en élaborant un cahier des charges, a confirmé son président, le Pr Luc Teot du CHU de Montpellier. Cela permettrait de valoriser ces structures au niveau national, a estimé le Pr Léger. Il faut également inscrire les centres de soins dans le parcours de soins, puisqu'il s'agit d'un outil parmi d'autres et pour cela, les intégrer dans une organisation globale, ce qui nécessite une organisation territoriale et régionale. Enfin, il est nécessaire de financer ces structures coût-efficaces, même si elles ne sont pas rentables immédiatement, a ajouté le Pr Léger, lançant un appel aux tutelles. Une réflexion d'organisation territoriale et régionale a été lancée entre le centre de plaies et cicatrisation de la Clinique Pasteur à Toulouse et l'unité plaies et cicatrisation au CHU de Montpellier, les deux s'appuyant notamment sur la télémédecine. Le Pr Léger espère que ce projet en cours de constitution, s'il est accepté par l'agence régionale de santé (ARS) Occitanie, servira d'exemple.

Une équipe multidisciplinaire, coordonnatrice de la prise en charge

Les centres de soins de plaies ont un rôle et une activité bien décrits : ils disposent d'une équipe multidisciplinaire qui conseille les médecins traitants ou d'autres soignants sur le terrain, évalue l'urgence, met en place un plan de soins personnalisé (bilan étiologique, protocoles de soins locaux), coordonne la prise en charge, dispense de l'éducation thérapeutique, participe à la formation et à la diffusion des bonnes pratiques ainsi qu'à la recherche clinique.Il existe des centres de plaies généralistes ou spécialisés dans des plaies en particulier. La littérature est particulièrement riche pour le pied diabétique : une prise en charge assurée ou coordonnée par un "centre de référence" est associée à une réduction de l'apparition d'ulcérations, du taux d'amputation, de la durée de cicatrisation, du risque de récidive, des hospitalisations et du coût global, et à une amélioration de la qualité de vie. Les données montrent aussi un bénéfice sur les ulcères veineux en termes de cicatrisation, récidive et coûts tandis qu'elles sont plus parcellaires pour les ulcères artériels.

Les centres de soins de plaies sont des structures interdisciplinaires ambulatoires dont le rôle principal est d'établir la stratégie diagnostique et thérapeutique de prise en charge d'un patient porteur de plaie chronique. Une reconnaissance administrative et financière est nécessaire pour faciliter leur développement et leur pérennité, a conclu le Pr Léger.

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