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Présidentielle : les mesures santé de Nicolas Dupont-Aignan

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Présidentielles

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Le programme présidentiel de Nicolas Dupont-Aignan intègre une cinquantaine de mesures dans le domaine de la santé et de la protection sociale, une dizaine relatives à la problématique du vieillissement et une vingtaine d'autres concernant la prise en charge du handicap.

Nicolas Dupont-Aignant

 Nicolas Dupont-Aignan était présent lors de la manifesttaion du 7 mars dernier à Paris


Parmi ces propositions mises en ligne sur le site internet du candidat figurent à la fois des réformes concrètes mais également des déclarations d'intention à la portée symbolique, comme affirmer la volonté de soustraire la santé à la prédation des intérêts privés.

Formation

En matière de formation, il propose d'augmenter d'un tiers le numerus clausus afin d'aboutir à 10 000 étudiants en médecine par an (contre 8 124 actuellement), et d'amplifier "la création de nouveaux métiers de la santé, reconnus par des diplômes, qui soulage la surcharge de travail des médecins". Parallèlement il veut mettre en place des systèmes d'agrément stricts pour les médecins étrangers souhaitant s'installer en France et renforcer les contrôles des équivalences pour s'assurer des compétences des praticiens.

S'agissant des soins de ville, il propose de porter à 35 € le tarif de la consultation des médecins généralistes en contrepartie d'une implication accrue dans la prévention, le dépistage et les soins primaires, revoir à la hausse les tarifs des actes les plus lourds, et veut mettre fin à la généralisation du tiers payant, tout en simplifiant et dématérialisant l'ensemble des tâches administratives des médecins.

Afin de lutter contre la désertification médicale, il favorise les mesures incitatives (réduction de cotisations), la mise en place de vacations hebdomadaires de généralistes et spécialistes hebdomadaires en zones sous-dotées, incluant la prise en charge des frais y compris de déplacement.

Il veut réguler l'implantation des maisons de santé en les créant dans les zones qui en ont le plus besoin, et autoriser les délégations de compétences afin que les médecins puissent embaucher des collaborateurs et être les pivots d'équipes médicales.

Il plaide pour une amélioration de la couverture sociale des professionnelles de santé en congé maternité et couvrir les accidents de travail des praticiens libéraux.

Il appelle de ses voeux des états généraux de la santé afin de bâtir un régime de sécurité sociale unique, en supprimant le régime social des indépendants (RSI) ainsi que l'affiliation obligatoire des salariés à une mutuelle d'entreprise.

Parallèlement, il veut augmenter le remboursement des soins dentaires et assurer la prise en charge totale des prothèses. Il veut aussi assurer le remboursement à 100% d'une paire de lunettes tous les 4 ans et d'une prothèse auditive tous les 5 ans, sur un ensemble de prestations et dispositifs négociés avec les professionnels et les industriels.

Suppression de l'AME

Nicolas Dupont-Aignant veut élargir les conditions d'accès à la couverture maladie universelle (CMU) pour les plus de 65 ans mais conditionner l'accès aux aides sociales à la volonté d'insertion dans la société, instaurer un délai de carence de 5 ans pour l'aide au logement, la CMU et le RSA, et propose de supprimer l'aide médicale de l'Etat (AME) pour lui substituer une aide médicale exceptionnelle et provisoire limitée aux urgences sanitaires et aux maladies contagieuses.

En matière de prévention, il veut mettre en place un modèle de santé préventif s'appuyant sur les nouvelles technologies et les nouveaux outils de dépistage, un bilan de santé régulier pour chaque Français âgé de plus de 40 ans, des cours de santé/bien-être au collège et une sensibilisation aux méfaits de la malbouffe et des campagnes de prévention claires sur les dangers en matière alimentaire et en matière de médication.

Pour l'hôpital, il annonce une révision de son organisation, le rétablissement d'une gouvernance paritaire entre les directions et les équipes soignantes, avec [une] déconcentration de la gestion permettant l'encouragement collectif et individuel à l'effort, le renforcement de la sécurité et une meilleure prise en compte de la pénibilité par la création de primes spécifiques pour le personnel hospitalier. Il veut remettre de l'ordre dans le système de santé en diminuant ses dépenses de fonctionnement via des fusions d'agences et de directions.

Il évoque la défense de l'hospitalisation privée car la diversité des établissements de soins est une richesse et stimule l'innovation et le dynamisme, et souhaite diviser par deux les impôts et taxes sur les bénéfices réinvestis en France.

Nicolas Dupont-Aignan veut par ailleurs donner la liberté de choix vaccinal entre le vaccin DT-Polio et l'hexavalent, avec une relance d'urgence de la fabrication du premier.

Il suggère aussi de relancer la recherche médicale publique en doublant notamment les subventions à l'Inserm pour soigner les maladies jugées financièrement non rentables par les laboratoires et favoriser la synergie entre les laboratoires publics/privés.

En matière de lutte contre le cancer, il propose un train de mesures spécifiques, notamment "combler le sous-équipement de la France en appareils de diagnostic et de suivi des cancers (IRM, TEP)", étendre à tous l'accès aux innovations thérapeutiques et aux nouveaux médicaments coûteux, développer l'oncogériatrie, soutenir la recherche notamment sur les cancers de l'enfant, améliorer la prise en charge de la personne (en établissement et à domicile), et améliorer la prévention et le dépistage.

Série de mesures sur le médicament

Parmi les mesures concernant le médicament, Nicolas Dupont-Aignan veut notamment instaurer des critères sur la constitution des prix des médicaments afin de rendre le processus plus transparent, passer au crible l'ensemble des produits sur le marché afin de dérembourser ceux dont les bénéfices sont douteux ou inexistants et développer la prescription des génériques. A terme, il souhaite évoluer vers un système de remboursement basé sur l'efficacité individuelle, mesurée, pour chaque médicament.

Il propose de désindexer le revenu des pharmaciens du prix des médicaments en établissant un système d'honoraire à la ligne de prescription quelque soit le médicament prescrit.

S'agissant de l'industrie, il veut relocaliser la production de médicaments stratégiques en France en imposant la production, sur le territoire, d'au moins 50% du volume consommé pour tout médicament dont les remboursements annuels dépassent les 20 millions €.

Fin de vie et vieillissement

Il propose d'augmenter les effectifs des aides-soignants et des aides médicaux psychologiques en établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), de développer les structures de soins palliatifs et de prévention de la perte d'autonomie.

En matière médico-sociale, il veut favoriser le maintien à domicile des personnes âgées, notamment à travers le recours aux nouvelles technologies, le développement de la silver économie, garantir l'accès rapide à l'hébergement des personnes en perte d'autonomie et créer des parcours individualisés pour les usagers concernés. Il propose par ailleurs de limiter le reste à charge des usagers et des familles dans ce domaine, en concevant un plafond des dépenses,

Enfin il propose une série de mesures pour valoriser les aidants: attribution d'une part fiscale complète aux familles ayant un enfant handicapé, mise en place de formations, validation des acquis de l'expérience, extension du dispositif de dons de jours de repos, mise en place d'un quota annuel de jours de mise à disponibilité rémunérée pour l'accès aux soins liés à la maladie ou au handicap, suppression des charges sociales pour les employeurs à domicile.

Mesures pour le handicap

En matière de handicap, il propose la détermination d'un agenda concerté avec les associations, et un renforcement global des mesures d'insertion, tant des enfants en milieu scolaire, que des adultes dans le milieu professionnel. Il veut renforcer les effectifs dans les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), augmenter le nombre d'instituts médico-éducatifs (IME), garantir pour les enfants handicapés une prise en charge par l'éducation nationale dès l'âge de 3 ans et simplifier les démarches et dossiers à tous niveaux. Il propose par ailleurs une revalorisation de 200 € de l'allocation adulte handicapé (AAH, 808,46 € actuellement) et des financements spécifiques pour l'adaptation des véhicules des usagers.

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