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La psychiatrie : un enjeu de société et de santé pour la Présidentielle 2017

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Présidentielles

Plusieurs organisations ont demandé ces derniers jours aux candidats à l'élection présidentielle de se positionner sur la question de la santé mentale, s'inquiétant que cette problématique soit absente de leur programme.

homme troubles psychiques

En France où plus de 2 millions de personnes vivent avec des troubles psychiques sévères et persistants

Dans un communiqué commun publié jeudi 9 février 2017, l'Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapés psychiques (Unafam), la fédération Santé mentale France et l'association Aire (Association des instituts thérapeutiques éducatifs et pédagogiques Itep et de leurs réseaux) demandent aux candidats à l'élection présidentielle d'intégrer dans leurs programmes un véritable plan psychique. Ce plan devrait s'appuyer sur une programmation budgétaire à la hauteur des besoins, un engagement sur des échéances réalistes et réalisables, des indicateurs pour évaluer objectivement, une autorité vraiment responsable de la mise en oeuvre et un suivi et une évaluation sérieuse avec les parties prenantes telles que les associations.

5 des 10 pathologies les plus préoccupantes au 21e siècle concernent la psychiatrie : schizophrénie, troubles bipolaires, addictions, dépressions sévères et résistantes, troubles obsessionnels compulsifs graves. Elles sont l’une des premières causes d’affection de longue durée (ALD) ,d’invalidité et d’arrêts maladie en France.

Les trois associations ont adressé aux candidats un plaidoyer présentant un état des lieux de la situation et les priorités à mettre en oeuvre. Elles ont également lancé une pétition pour un véritable plan psychique dans les programmes des candidats à l'élection présidentielle.

11 défis prioritaires identifiés dans le consensus de Blois. Dans un communiqué publié début février, l'Union nationale interfédérale des oeuvres et organismes privés sanitaires et sociaux (Uniopss) présente le consensus de Blois, un plaidoyer pour une nouvelle politique de santé mentale.

Alors que la santé mentale est un sujet méconnu, aussi bien par le grand public que par les candidats à la présidentielle, ce document rassemble 11 défis prioritaires et 8 propositions d'évolution concrètes de la politique de santé mentale. Ce consensus rassemble les propositions issues d'un colloque organisé à Blois en novembre 2016 par l'Uniopss, l'Association des établissements du service public de santé mentale (Adesm) et Santé mentale France et où étaient présents de nombreux acteurs de terrain des secteurs sanitaire, social et médico-social.

Parmi les défis prioritaires, ont été identifiés notamment la participation active des personnes en difficulté psychique sur tous les aspects que suppose le plein exercice de leurs droits de citoyens, le développement de "l'aller-vers" comme principe organisationnel, la réponse rapide aux situations d'urgence et de crise à domicile ou encore une répartition équitable de l'offre de soins et d'accompagnement en santé mentale sur l'ensemble des territoires. Parmi les propositions d'évolution concrètes, sont citées notamment l'adaptation des dispositifs de soins et d'accompagnement aux populations présentant des vulnérabilités particulières, le renforcement du décloisonnement des champs ou encore l'adaptation des métiers et des pratiques des professionnels de la santé mentale aux évolutions des besoins des personnes.

Enfin, dans un communiqué publié début février, le collectif Schizophrénies s'étonne que le sujet de la santé mentale demeure absent des programmes électoraux, alors que plus de 2 millions de personnes vivent avec des troubles psychiques sévères, soit au moins 10 millions de personnes concernées en comptant l'entourage. Il est impossible que vous ne soyez pas concernés par cette question que ce soit à titre personnel ou en tant que futur chef de l'Etat, écrit le collectif, qui leur demande de faire connaître leurs positions. Il indique s'associer à une autre pétition intitulée Partis politiques, candidats à l'élection présidentielle, publiez votre programme pour la santé mentale.

Les personnes vivant avec des troubles psychiques peinent à accéder aux soins, aux droits sociaux, à l’éducation, au logement, à l’emploi, c’est-à-dire à une citoyenneté pleine et entière.

La psychiatrie dans les programmes des candidats

Trois candidats ont évoqué le thème de la psychiatrie dans leur programme, note-t-on. Il s'agit du candidat socialiste, Benoît Hamon, qui juge, dans son programme, nécessaire de concentrer l'effort budgétaire et l'effort de santé publique sur le champ de la psychiatrie. L'écologiste Yannick Jadot indique dans son programme qu'il veut renforcer le service public de la psychiatrie. De son côté, Bastien Faudot, candidat du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), précise dans son programme intitulé 250 idées neuves pour redresser la France, qu'il souhaite faire adopter un plan santé mentale pour renforcer les moyens de l'hôpital psychiatrique et des centres médico-psychologiques (CMP), créer des équipes médico-psychologiques en lien avec les CMP dans chaque maison de santé et territorialiser des actions de prévention des addictions dans les maisons de santé.

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