BLOG

Et si nous construisions le monde de demain ?

Cet article fait partie du dossier :

Epidémiologie

    Précédent Suivant

Connaissez-vous la sérendipité ? C'est ce que l'on appelle la découverte de ce que l’on ne cherchait pas... Ce peut être des bénéfices qui surgissent, alors qu’ils n’étaient pas attendus, à la façon de graines oubliées qui poussent dans un compost. Au milieu du tourment qui aura marqué le premier semestre 2020 et sans doute les quelques années à venir, malgré les diverses polémiques et interrogations légitimes, en dépit de toute cette souffrance ressentie, il est, à la façon de nos petites pousses sauvages, des bénéfices inattendus qui, souhaitons-le, permettront de modifier certains comportements. Pour sortir un peu de cet enfer médiatique qui tourne en boucle, donnons un ton un peu plus optimiste à la situation. Je n’aborderai volontairement QUE les situations positives, car bien évidemment tous les points qui vont être déclinés ci-après ont leur pendant "noir" et leur lot de souffrance exacerbée. C’est un parti pris, un autre point de vue.

Confinement

smiley positifs

Clématite nous le rappelle :" j'ai volontairement occulté tous les aspects négatifs de ce que l'on vit depuis plusieurs semaines et sans doute encore pour un moment. Je me suis concentrée sur les capacités de co-construction d’un après, le début d’une nouvelle histoire".

La diminution de fréquentation de véhicules et piétons a généré des effets relativement inattendus de Dame Nature : ainsi on a pu croiser des cerfs, des renards, des agneaux ou des canards dans les villes, et même des baleines et dauphins dans le parc des calanques à Marseille ! Se poser quelques minutes permettait d'entendre un peu plus le gazouillis des oiseaux. Du fait de la fermeture de tous les commerces dits non indispensable, de conséquentes économies ont sans doute été générées par les foyers, qui - peut-être - pourront se requestionner sur la ventilation de leurs dépenses.

En famille...et/ou connectés

Le confinement se fait généralement en famille, et parfois même en transgénérationnel : les jeunes adultes reviennent chez les parents, et des aînés chanceux peuvent confiner en famille. Quand ce n'est pas possible, ce sont des réunions Skype qui sont organisées, pour garder le lien, rester connectés. Les appels aux parents deviennent plus fréquents, juste pour savoir "si tout va bien". Ces petites tintinnabules qui rythment le quotidien de nos anciens, aux réminiscences parfois douloureuses de ces temps confinés, rassurent tout le monde. Ne négligeons pas la capacité d'adaptation des personnes âgées tout à fait capables de mener un Skype en visio ! Et d’y questionner le dernier-né sur sa chasse aux œufs de Pâques.

Du côté des enfants...

Je pense aux enfants qui se sont retrouvés durant 2 mois avec leurs parents. Cette nouvelle promiscuité fut parfois l'occasion de se redécouvrir, loin du rythme effréné du métro-boulot-dodo. De renforcer des liens parfois ténus, de profiter du quotidien sur des heures inhabituelles, de casser le rythme infernal du réveil matinal, retrouver la joie de petit déjeuner ou regarder un film ensemble, au milieu de l'après-midi. Je parle bien entendu des situations où cela se passe bien, malheureusement consciente de tous ces drames qui se nouent dans l'intimité de certains foyers. Mais nous avons dit du positif ! Les enfants et adolescents ont été aussi les héros de cette période, supportant vaillamment l’absence d’école, de copains, de petit(e)s ami(e)s, de sorties … Rendons leur hommage !

Mais qu'en est-il du côté des parents ?

Oui ! On profite de ses enfants, mais : sans sortir, sans activité de défoulement, sans interaction sociale. Certains commençaient à envisager le déconfinement comme un début de liberté, nonobstant la crainte autour de la reprise scolaire. Là encore, des trésors d'imagination ont fleuri pour occuper nos chers bambins, des tutos, des webinars, des chaînes dédiées. Mais il est vrai que travailler à la maison avec les enfants au milieu, ce n'est vraiment pas toujours simple !

Télétravail

Les chiffres officiels ont fait état de 8 millions de Français en télétravail (50 % de la population active). Adoré par certains, honni par d'autres, cette méthode présente néanmoins des avantages environnementaux et personnels. C'est la diminution massive des transports, individuel et en commun et nombreuses sont les publications qui ont évoqué une baisse notable de la pollution. Et moins d'accidents de la route, forcément (- 40% en mars).

Au personnel, c'est moins de stress le matin, moins de temps perdu dans les transports, encore, et évidemment moins de risque d'attraper le virus. C'est aussi une organisation de son temps de travail adapté à son rythme de vie. Après tout, on peut être très productif à 7h du matin ou de 20h à 23h, ce qui n'est pas forcément compatible avec les horaires de bureau. Des pauses quand on le souhaite, et surtout plus d'open-space. Nombre d’études évoquent la charge mentale générée par l'open-space, (manque de concentration, interruption des tâches, bruit omniprésent).

Les "joies" du télétravail, c’est buzz l'éclair ou la reine des neiges en bruit de fond, le chat qui saute sur l'ordinateur, le conjoint qui passe en sous-vêtements… et des call conférences, isolé dans la chambre de la benjamine, entouré de ses Barbies et licornes arc-en-ciel.

Et si tout ceci permettait d'instaurer de nouvelles règles de travail ? Et si les entreprises qui le peuvent proposaient le télétravail un jour par semaine aux personnes volontaires ? Et si l'éducation nationale revisitait sa méthode d'enseignement, avec une école inclusive, qui réponde réellement aux besoins de chacun. Si c'était l'occasion de modifier des fonctionnements, de reprendre comme avant, mais pas tout à fait comme avant ?

Le système de santé

Ce paragraphe à lui seul pourrait faire l'objet d'un livre entier. Restons synthétique. Cette pandémie a permis - en extrême urgence - de redéfinir les modes de coopération entre professionnels. Des équipes soudées, des glissements de tâches effectifs, des initiatives de terrain, avec la création ex nihilo de centres ou tournées COVID, et ce malgré le manque évident de moyens de protection ou de rémunération. Saluons la lumière enfin mise sur les EHPAD, et leurs conditions de travail.

La fréquentation des services d'accueil des urgences a subi une baisse de 50%. Alors quid des infarctus du myocarde ou AVC ? Personne ne le sait, aucun chiffre n’a filtré. Que va-t-on découvrir après ? Ce qui a été validé est l'abandon du recours aux urgences pour ce qu'il est coutume d'appeler la "bobologie". Les patients se sont soit abstenus, soit aggravés par peur de déranger, soit se sont tournés vers des ressources de ville. En tout état de cause cela pourrait accélérer la réflexion sur la réorganisation des services d'urgence, la mise en place de pôles d'accueils indépendants des hôpitaux.

De mes sources proches, les quelques infirmiers en pratique avancée (IPA) ou étudiants présents sur le territoire se sont mobilisés pour mettre en pratique leurs compétences de leadership, de collaboration et d'innovation. On les a retrouvés sur un champ organisationnel et en force de proposition.

Et bien sûr la santé numérique, avec une télé consultation qui peinait à prendre ses marques jusqu'en février 2020, et qui a brutalement connu un essor sans précédent. Le gouvernement a assoupli les règles pour l'occasion, et a validé en quelques jours le télésoin pour certains paramédicaux, alors que la Loi est signée depuis juillet 2019 sans décret d'application. Souhaitons que l'utilisation du numérique en santé, malgré un accouchement dystocique, sera pérennisée, offrant ainsi une nouvelle offre à la population. Les systèmes, avec l'émergence de plusieurs start-up, applications, plateforme, se sont organisés. La COVID a donc ouvert des brèches, a permis des initiatives, comme dans toutes situations d'urgence ou de catastrophe.

Mais tout ceci sera-t-il pérenne ?

Sans doute dès la sortie du confinement et de l’état de crise sanitaire, pour consolider la fin de l’épidémie, et durant quelques mois, il y aura une liesse populaire bien compréhensible et salutaire. Une envie de vivre, de profiter, de légèreté. Le peuple dansera sans doute sur du Dalida. Mais après ? Quelles sont les chances qu'une réelle transformation des pratiques et des mentalités s'opère ? Des psychologues, des coachs en développement personnel, de jeunes entrepreneurs y trouveront un terrain d’exercice. Il ne faudra pas négliger, dans la population générale mais surtout chez les soignants, le développement de syndromes post-traumatiques, à distance de la crise, risquant de contaminer la population aussi sûrement que le virus. Pour rester dans l'aspect positif de ce post, disons que de nouveaux métiers pourront émerger avec de nouvelles fonctions, pour aider, soutenir et permettre le retour à la vie.

En conclusion, j'ai volontairement occulté tous les aspects négatifs de ce que l'on vit depuis plusieurs semaines et sans doute encore pour un moment. Je me suis concentrée sur les capacités de co-construction d’un après, le début d’une nouvelle histoire. Et puisque ce virus nous arrive de Chine, permettez-moi de lui emprunter la philosophie du Yin et du Yang, qui révèle la représentation de la double nature des choses, comme le clair et l’obscurité, le masculin et le féminin.

Portez-vous bien ! Et si j’osais, je finirais par Covidement vôtre…

Cet article a été publié le 19 mai 2020 sur son blog. Merci de ce partage... très optimiste.

Retour au sommaire du dossier Epidémiologie

Publicité

Commentaires (0)