AU COEUR DU METIER

De l’IDE à l’IDEC... la coordination en plus

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Compétences infirmières

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Pour la majorité de ceux qui s’interrogent sur l’avenir du système de soin, les infirmières (libérales et salariées) sont appelées à jouer un rôle clef : la coordination des professionnels de santé et du social s’occupant d’un même patient. Les débats tournent autour des questions de compétences nécessaires et de la ou des formes que doit prendre cette fonction. Aussi faut-il suivre attentivement les expérimentations qui mettent en jeu les infirmières dites de coordination. Merci à Serge Cannasse de partager avec nous cet article paru en novembre 2012 sur son blog Carnets de santé.

De l’IDE à l’IDEC... la coordination en plusUn des axes majeurs du deuxième plan cancer est la personnalisation de la prise en charge des malades et le renforcement du rôle du médecin traitant (mesure 18). De plus, cette prise en charge doit être sociale et se prolonger dans l’après cancer (mesure 25). Comme dans le rapport Grünfeld qui l’a inspiré, et conformément à une rhétorique aujourd’hui bien ancrée, il s’agit de renforcer la « fonction de proximité » du médecin traitant et d’améliorer le rapport ville/hôpital. Des « coordinateurs de soins » doivent y contribuer.

Dans une expérimentation réalisée sur 35 sites et auprès de plus de 9 200 malades, ces coordinateurs sont des coordinatrices : ce sont des infirmières hospitalières, salariées, spécialement appointées pour cette fonction (à plein temps ou non). Celle-ci est directement inspirée de « l’infirmière pivot » québecquoise, dont l’intérêt a été mis en évidence en 2006 dans un article du Clinical Journal of Oncology Nursing, soit un journal fait par des infirmières, mais pas seulement lu par des infirmières…

Selon le rapport d’évaluation du dispositif, ces infirmières coordinatrices (IDEC : infirmières diplômées d’État de coordination) « ont constitué un des éléments phares du parcours personnalisé. » Bien perçues par l’ensemble de leurs interlocuteurs (médecins hospitaliers, assistants sociaux, médecins traitants, patients), elles ont été particulièrement appréciées pour l’évaluation des besoins des malades et leur suivi, notamment sur le plan social et en lien avec les assistants sociaux, pour l’information donnée aux patients, leur écoute et leur soutien et enfin pour la facilitation de la coordination du parcours personnalisé et l’articulation de la prise en charge hôpital/domicile.

En revanche, la participation des médecins traitants, c’est-à-dire des généralistes, laisse des « marges de progrès. » Délicate formulation pour dire que ça ne marche pas très bien, en dehors des praticiens pilotes, dont on peut imaginer sans grand risque de se tromper qu’ils sont toujours les mêmes. Cela étant, les médecins traitants participants apprécient le travail des IDEC parce qu’il facilite le leur. Or un des buts de l’expérimentation était justement de renforcer leur « travail de proximité. »

Des IDEC appréciées quasi unanimement

La proximité est la nouvelle formule incantatoire des pouvoirs publics et des agences qui les conseillent. A priori pourtant, c’est l’essence même du travail des généralistes. Pourquoi ne pas nommer un chat un chat et dire, par exemple, renforcer les liens avec les travailleurs sociaux et les médecins du travail, avec les oncologues, éventuellement avec les réseaux de soins et avec les associations de patients ? tout ce à quoi une IDEC s’est montrée utile.

Ce qui ne devrait pas surprendre. Comme vient de le rappeler le sociologue Yvan
Sainsaulieu et le martèle le théoricien Michel Nadot depuis belle lurette, les infirmières hospitalières un peu expérimentées exercent cette fonction de coordination au quotidien, mais de façon nettement moins formalisée. Les « expérimentations » montrent toutes qu’elles en ont de toute façon largement la capacité (voir par exemple, celle sur les infirmières de coordination en transplantation). Mais tout se passe comme si on n’en finissait pas de se demander si elles ont les compétences adéquates. Mieux vaut s’interroger sur le degré de formalisation nécessaire de la fonction.

Quel degré de formalisation ?

La question a deux niveaux. Local : faut il formaliser certaines coordinations pour certaines pathologies ou certains suivis ? L’expérimentation rapportée ici plaide pour l’affirmative : d’une part, cela permet de rappeler les procédures nécessaires ou utiles (comme la correspondance avec le médecin traitant ou la prise en compte des facteurs sociaux), d’autre part, cela permet la reconnaissance de l’IDEC, aussi bien pratique (on sait qu’elle est là) que symbolique (l’utilité de son positionnement...

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