AU COEUR DU METIER

« Nous devrions associer l’observance à des émotions positives »

Cet article fait partie du dossier:

Compétences infirmières

    Précédent Suivant

L’observance, c’est-à-dire le bon respect des prescriptions médicales par le patient, est primordiale dans la prise en charge du diabète. Chef du service d’endocrinologie à l’hôpital Avicenne de Bobigny (93) et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet (1), le Pr Gérard Reach y voit un enjeu éthique. Il estime que les Idel, via l’éducation thérapeutique du patient (ETP), sont en première ligne pour y répondre et qu’il faut donc réfléchir aux moyens de les rémunérer pour cela. Merci à la Fédération nationale des infirmiers (FNI) de partager avec Infirmiers.com cet article.

Avenir & Santé : Vous dites que la problématique de l’observance pose une question éthique : pourquoi ?

semainier

Les soignants devraient plus souvent féliciter leurs patients quand ils se soignent, quand ils sont "observants".

Pr Gérard Reach : Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), améliorer l’observance serait plus bénéfique que n’importe quel progrès médical. Il faut donc le faire et cela passe d’abord par le désir de bienveillance des professionnels de santé, lequel constitue un principe éthique. Mais si les patients ne respectent pas toujours leur traitement, c’est qu’ils ont leurs raisons. Certains ne veulent pas prendre les médicaments, d’autres rencontrent des obstacles psychologiques ou économiques. Or, la loi Kouchner sur les droits des malades, parue en mars 2002, indique qu’aucun traitement ne peut être entrepris sans l’accord du patient et qu’il peut y renoncer quand il le désire. C’est le principe éthique d’autonomie qui entre en conflit avec l’objectif de bienveillance poursuivi par les professionnels de santé. Face à cette contradiction, deux attitudes sont possibles : le déni ou la réflexion, celle qui vise à résoudre ce que l’on peut appeler le paradoxe de l’autonomie. Selon moi, l’éducation thérapeutique est la réponse à cette contradiction car on donne aux patients les moyens de l’exercer en leur expliquant le sens de leur traitement.

A&S : Quelles sont les raisons profondes de la non-observance ?Pr Gérard Reach : Cela peut être une croyance, un désir, une émotion, une douleur, une peur des effets secondaires. Quand on a une maladie comme le diabète, pathologie silencieuse où l’on n’a pas mal, la non-observance peut même être naturelle ! Il peut y avoir des complications à long terme, c’est vrai, mais on ne les voit pas. C’est abstrait. La récompense de la mauvaise observance est immédiate tandis que...

Prolongez gratuitement votre lecture !

Afin de vous proposer une information et des services personnalisés, certains contenus d'Infirmiers.com sont en accès limité. Identifiez-vous pour bénéficier gratuitement de l'intégralité des articles.

Se connecter
Mot de passe oublié ?

Créer mon compte

Vous n'êtes pas encore inscrit sur Infirmiers.com ? Créez votre compte en quelques clics. C'est gratuit !

M'inscrire

Publicité

Commentaires (0)