AU COEUR DU METIER

L'infirmière clinicienne en bonne voie d'être reconnue...

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Compétences infirmières

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Le nouveau métier d'infirmière clinicienne devrait être créé par le Plan cancer 3 qui sera annoncé début 2014, a-t-on appris  lors des Rencontres de la cancérologie française (RCFr)  qui se tenaient à Lyon début novembre 2013.

Infirmière soutien patiente

Infirmière clinicienne en cancérologie : nouvelle voie professionnelle reconnue ?

L'infirmière clinicienne est un des nouveaux métiers dont le rapport Vernant propose la création pour faire face aux transformations de l'organisation des soins en cancérologie impulsées par les thérapies innovantes dont les thérapies ciblées orales.

On espère ce nouveau métier, a expliqué Hélène Espérou d'Unicancer, lors d'une session plénière sur l'évolution des professions de santé pour une coordination dans le parcours de soins. Cette nouvelle notion émane notamment des travaux menés dans le cadre du Plan cancer 2 sur l'infirmière de coordination. Au sein d'Unicancer, une révision de la classification des métiers a conduit à individualiser des infirmières spécialisées avec une reconnaissance statutaire et salariale, a-t-elle cité.

Maryse Jeudy, infirmière à l'Hôpital Saint-Joseph à Paris, a présenté son expérience d'infirmière d'annonce puis en coordination acquise lors de l'expérimentation menée par l'Institut national du cancer (Inca) dans 35 établissements avec pour objectif de réduire les admissions aux urgences des patients. Son rôle de coordination est maintenant devenu son quotidien et il s'étend jusqu'à la réunion de concertation pluridisciplinaire d'après traitement (RCPAT).

Florence Ambrosino, infirmière libérale à Marseille, qui a passé dans cette ville le master en sciences cliniques infirmières option parcours de soins complexes, a travaillé sur le lien ville/hôpital pour anticiper le retour du patient à son domicile, connaître ses besoins et faciliter le lien avec le médecin traitant dans le but de sécuriser le parcours du patient.

Nous avons besoin de professionnels de santé formés aux pratiques avancées, d'infirmières titulaires d'un master ou ayant acquis de l'expérience après cinq ou six ans en service de cancérologie, et cela ne pourra pas se faire sans valorisation salariale, sans grilles salariales adaptées, a estimé le Pr Véronique Trillet-Lenoir, oncologue médicale aux Hospices civils de Lyon (HCL) et présidente des RCFr. Nous en avons besoin à l'hôpital, et nos collègues de ville, les patients et nous en avons besoin en ville pour réussir le parcours de soins en cancérologie, a-t-elle ajouté.

Raymond Le Moign, sous-directeur des ressources humaines du système de santé à la direction générale de l'offre de soins (DGOS), s'est demandé si le cancer pouvait constituer un "laboratoire privilégié" pour avancer sur ces nouveaux métiers liés à la notion de parcours de soins et proposer un nouveau modèle pour d'autres pathologies.
Pour l'infirmière de pratique avancée ou clinicienne qui ouvre le champ à plus d'autonomie (organisation et prescription), on sort du métier socle et cela relève d'un nouveau métier, a-t-il expliqué. Une ficher métier a été élaborée dans le cadre de la préparation du futur Plan cancer 3 (par le Pr Trillet-Lenoir) et elle va être proposée aux acteurs, a-t-il annoncé. Elle définit le métier qui ne devrait pas être restreint à la cancérologie.

Cette fiche est même consensuelle entre les ministères de l'enseignement supérieur et de la santé: elle a donc les meilleurs atouts pour être adoptée, a indiqué Raymond Le Moign

D'autres nouveaux métiers

Le Pr Jean-Paul Vernant (Pitié-Salpêtrière, Paris, AP-HP), présent dans la salle, s'est réjoui que cela avance bien sur le nouveau métier d'infirmière clinicienne. Mais il a souhaité que les autres nouveaux métiers proposés connaissent le même sort. Qu'en est-il des autres nouveaux métiers de dosimétriste, de technicien de laboratoire en cytologie, de radiophysicien médical ?, a-t-il demandé, craignant que l'on reste sur de nouvelles compétences et donc sans nouveau statut, ni revalorisation. Pour les masters en pratique avancée, on ne peut pas se dispenser d'avoir une réflexion en termes de statuts, a approuvé Yves Matillon des HCL. Pour Raymond Le Moign, il faut adopter la même méthode, ré-interroger le métier socle pour savoir si cela relève d'une évolution du métier ou d'un nouveau métier et bien décrire les besoins en santé et en professionnalisation.

Au coeur du parcours de soins

Edouard Couty qui présidait la séance, a estimé que les plans cancer ont permis des avancées considérables sur l'organisation des soins et des métiers. Notre système de santé est à la croisée des chemins. Il y a encore du cloisonnement (hôpital, ville, médico-social) mais il faut le construire à partir du parcours avec une vision beaucoup plus transversale.

C'est un défi pour nous tous, a-t-il déclaré se montrant très optimiste pour que la cancérologie puisse constituer un modèle pour le système de santé en général.

Les HCL préparent un projet de parcours de soins pour la gestion quotidienne de la prise en charge ambulatoire afin de sécuriser la prise en charge au domicile. Il s'agit d'une plateforme de coordination pour les chimiothérapies orales.

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Commentaires (1)

clawdonea

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2 commentaires

#1

La reconnaissance des masters en soins infirmiers

La reconnaissance des masters ne doit pas se limiter à la seule reconnaissance des infirmières cliniciennes en cancérologie.
Tous les masters en soins infirmiers doivent être reconnus par un statut et une valorisation salariale. Ce n'est pas normal que des masters soient mis en place sans aucune reconnaissance.

Caroline
rechercheensoinsinfirmiers.com