AU COEUR DU METIER

Parole du patient, éthique du soignant... tout un programme !

Cet article fait partie du dossier:

Ethique et soin

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Le 24 avril 2014 s’ouvrait la conférence internationale d’éthique clinique (ICCEC) sur le thème "La voix du patient". Martin Winckler, médecin, romancier, essayiste... en fût l'un des intervenants. Une brillante chronique intitulée "Parole du patient, éthique du soignant", à l'image de son auteur qui nous fait l'honneur de la partager avec la communauté d'Infirmiers.com.

parole du patient éthique du soignant

10e Conférence internationale d’éthique clinique sur "La voix du patient"

Aujourd’hui, je vais vous parler de ce qui devrait être. Vous n’aurez pas de mal à en déduire ce qui, malheureusement, n’est pas encore. Ce que je tente d’exprimer ici n’est pas une suite de dogmes, mais une série d’intuitions et d’aspirations. Patient et soignant sont tous deux des humains. Ils arpentent tous deux la route dangereuse, imprévisible et finie de la vie. Peu de chose, symboliquement, les différencient. En pratique, ce qui les sépare est leur situation. Le patient est un humain tombé dans un fossé (un ravin, un gouffre) et souffre. Il demande de l’aide à ses proches et, parfois, à un soignant. Le soignant est un humain qui dispense des soins. Parfois c’est un geste spontané, désintéressé ; parfois, c’est un métier choisi et il en vit. Dans un cas comme dans l’autre, c’est son attitude qui fait de lui un soignant, et non son statut.

Patient et soignant sont tous deux des humains. Ils arpentent tous deux la route dangereuse, imprévisible et finie de la vie

Pour aider le patient à sortir du fossé (du ravin, du gouffre), le soignant dispose d’un point d’appui (son savoir) et d’un levier (son savoir-faire, ses expériences). Sa mission : ramener le patient sur la terre ferme, l’empêcher de tomber plus bas, lui éviter d’être englouti dans les sables mouvants. Le soignant délivre des soins, des encouragements, de la réassurance. Le patient les reçoit et donne, en retour, beaucoup de gratifications - de la confiance, de la reconnaissance, de...

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Commentaires (1)

sugarcubes

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5 commentaires

#1

le patient maitre de sa vie

Bonjour,

effectivement, il est important de préciser que c'est bien le patient qui est maitre de sa vie.

Le soignant est un soutien technique du soin délégué par le patient.

Cela est malheureusement oublié par certain et les dégâts collatéraux sont majeurs.

Discrédit du diagnostique et de l'organisation des soins, perte de la confiance accordée, situation anxiogène.

Pourtant la charte du patient hospitalisé est relativement claire sur le principe de propriété du corps.

Il apparait incohérent qu'un soignant IDE/Médecin ne soit pas en mesure de justifier sa démarche de soin auprès du patient.

Il est d'autant plus gênant que cette interrogation du patient au soignant sur la nécessité du soin et son objectif se traduise pas une absence de réponse et encore plus par une absence de continuité de démarche dans le soin organisé et coordonné par le soignant.

La compétence ne se traduit elle pas aussi pas la capacité à traduire avec des mots adaptés les objectifs de soins mis en place.

Bien souvent on observe que plus la compétence du praticien est grande plus l'explication d'un processus complexe est traduit de façon simple par ce dernier.

A l'inverse moins le praticien est compétent ( toujours bien loin de l'incompétence notoire) plus son discours s’apparente à un brouillage de guerre visant à "complexifier" la définition d'un acte simple.

Le patient a le "Droit" de savoir, mais il a aussi bien souvent "Besoin" de sentir la grande maitrise de l'acte visant à faire évoluer sa situation.

La plus grand épidémie nosocomiale contractée lors d'un passage hospitalier n'est elle pas l'anxiété ?