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Suivi post-AVC : l'infirmier, un atout

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Compétences infirmières

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La mise en place en routine d'un suivi infirmier standardisé après un accident vasculaire cérébral (AVC) a permis de dépister des facteurs de risque non pris en charge chez plus de 10% des patients, selon l'expérience du Réseau des urgences neurologiques de Franche-Comté (RUN-FC).

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Une étude évaluant le suivi post-AVC en Franche-Comté démontre l'intérêt d'un suivi infirmier standardisé.

Véronique Cote, infirmière coordinatrice du programme, a présenté les résultats d'une étude évaluant le suivi post-AVC en Franche-Comté, la semaine dernière, aux Journées de neurologie de langue française (JNLF) qui se tenaient à Marseille.

Entre 2003 et 2012, le CHU de Besançon a mené une expérience locale de suivi infirmier auprès de 4.400 patients, montrant qu'à six mois, environ 10% d'entre eux ne prenaient plus de traitement de prévention secondaire ou présentaient des facteurs de risque non maîtrisés. L'agence régionale de santé (ARS) Franche-Comté a décidé d'étendre l'expérience bisontine à l'ensemble des patients de la région.

Le réseau a élaboré une nouvelle procédure standardisée, avec une fiche de suivi, à partir de son expérience locale, des indicateurs de la Haute autorité de santé (HAS) et des données de la littérature. Le questionnaire se décline en quatre parties : évolution de la maladie et survenue de complications, facteurs de risque et traitement, contexte clinique et enfin, contexte médico-social, indiquent Véronique Cote et ses collègues dans le résumé de leur communication.

Le contexte clinique de l'hospitalisation initiale est repris, permettant un entretien personnalisé avec le patient. L'infirmier formé prend contact avec le patient six mois après l'AVC pour remplir le questionnaire. Ce suivi est réitéré un an et deux ans après l'AVC. La gestion d'un dossier dure en moyenne 50 minutes, dont 12 minutes d'entretien téléphonique.

L'équipe du RUN-FC a présenté les résultats de suivi à six mois pour 297 patients, victimes d'un AVC pour les trois quarts des cas (17% d'accident ischémique cérébral et 8% d'hémorragie cérébrale). Le questionnaire a été rempli principalement par téléphone (44%), par courrier par le patient (40%) et par le médecin (14%) et en face-à-face pour seulement 2%.

Il apparaît notamment que 47% des patients ont une hypercholestérolémie connue mais 6,6% n'étaient pas traités. De manière similaire, 69% ont une hypertension artérielle (HTA) connue mais 2,7% n'étaient pas traités. Ils étaient aussi 4% à avoir un syndrome d'apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAOS) mais trois d'entre eux n'étaient pas appareillés.

Les données indiquent par ailleurs que 94% des patients recevaient un traitement préventif à six mois de suivi.

L'utilisation en routine du suivi standardisé au sein du réseau franc-comtois des AVC a permis de dépister les facteurs de risques non pris en charge chez plus de 10% des patients interrogés, de réaliser des actions d'éducation thérapeutique et de réorienter certains patients dans des filières adaptées tant médicales que médico-sociales, concluent les auteurs. Ils estiment que cette méthode de suivi peut s'appliquer quelle que soit la zone géographique concernée.

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