AU COEUR DU METIER

Une "vieille aigrie" répond au "tendre étudiant"

Cet article fait partie du dossier:

Formation en ifsi

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Infirmière diplômée depuis cinq ans, je fais partie des "vieilles carnes" auxquelles vous avez affaire, vous l’étudiant infirmier. J’ai malgré tout réussi à garder une certaine empathie pour les étudiants, et pour mes collègues (mes études de sociologie ont certainement aidé). Célia Parisot, infirmière, répond à Molom, étudiant en soins infirmiers... et le ping-pong continue entre Infirmiers.com et Rue89 !

Avant-propos - Le contexte, selon Blandine Grosjean, rédactrice en chef du site Rue89 

Rue89 a repris le 15 avril 2014 le témoignage de Molom, un étudiant infirmier, publié sur Infirmiers.com le 14 avril, attaquant l’inhumanité des infirmières le formant. Il promet de ne pas devenir comme elles. Une riveraine, diplômée depuis cinq ans, lui répond dans ce texte qui veut dépasser le conflit des statuts et des générations. En cause, selon elle : la réforme des études et du statut de leur métier.

patient hôpital alité

Aller un peu plus loin que de déplorer l’inhumanité des services portés par des « vieilles agressives »...

« De mon temps », les étudiantes et étudiants que je côtoyais discutaient souvent des conditions de stage entre eux, et notamment des aigries rencontrées dans les services hospitaliers. Je dis bien « notamment » : on tombait aussi sur des modèles qui donnaient envie de continuer. Car vieilles aigries et modèles à suivre se mélangent et se transforment. Leur nature n’est pas immuable, elle change au gré des situations et du contexte dans lesquels on les rencontre.Un match...

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Commentaires (11)

_Arnaud_

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#11

Il a malheureusement raison

J'ai été très heureux de lire cette lettre ouverte de Molom. Les situations décrites ne sont malheureusement pas des exceptions. Je les ai retrouvé bien trop souvent en stage.

L'épuisement des soignants est bien réel, un épuisement qui se transforme en aigreur et qui a un lourd impact sur l'encadrement étudiant, et il n'y aura malheureusement que le regard frais de ce dernier pour le dénoncer.

Accuser la réforme, c'est facile. C'est en tout cas plus facile que de dénoncer les dysfonctionnement du système qui ont conduit à un tel épuisement.

Infirmier2776

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#10

reprise

Ce pourrait-il réellement qu'un jour EIDE et IDE (IADE,IBODE,Cadre...) se bougent le cul pour manifester contre cette réforme du nouveau référentiel qui n'est pas du tout adapté aux services aujourd'hui et incomplète. Ne pourrait-on pas un jour tous se mobilisé pour s'asseoir autour d'une table et créer une vrai formation, avec de vraies évaluations, un encadrement concret, logique en stage comme à l'IFSI. Les dernières manifestations importantes IDE remontent aux années 70-80. La dernière manifestation EIDE remontent à cette année et concernait la suppression de stage pour un désaccord entre gouvernement et privé que les EIDE n'ont pas compris et dont ils se sont senti otage (peut-être dû à un manque de dialogue) en allant manifester à tout va (pour rien au final).
Quand aux étudiants infirmiers, je le dit et je le répète encore une fois, ces raisons ne sont pas les seuls bien sûr, mais elles participent au désagrément de devoir encadré ce genre d'étudiant avant même de le recadré. Tant mieux si les EIDE qui lisent mes commentaires se sentent outré et non concernés par ces raisons et se permettent de les commentés. Tant mieux aussi si certains se reconnaissent et préfèrent invoqué d'autres raisons et insulté en MP plutôt que de reconnaître qu'ils engendrent eux-même ce malaise. Encore une fois la où vous voyez une généralité je vois une génération au niveau de l'âge pas au niveau de la formation.

Ancre

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#9

Les conflits du travail

Notre société a aujourd'hui laisser place à l'individualisme, les conflits au travail ne concerne pas que le monde infirmier malheureusement et cette perversion de l'image du sois ne fait qu’envenimer les choses.
De nos jours, la chose la plus difficile n'est pas la charge de travail qu'on nous demande, mais les relations avec l'équipe qu'on ne choisit pas et les patient plus exigeant.

mickou42

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#8

Ni noir, ni blanc mais gris!

Bonsoir,
Après avoir lu les articles et les commentaires, je pense pouvoir dire que beaucoup de généralités sont faites que ce soit envers les IDE et les EIDE!
Désolé mais les IDE ne sont pas tous aigris, des "ancien(ne)s" m'ont énormément appris, avec une pédagogie super. Certes, moi aussi je suis tombé sur des personnes qui ne souhaitaient pas former, que ça dérangeait, mais ce ne sont pas TOUT les professionnels de l'ancienne génération!!!!
Pour ce qui est des EIDE, nous ne sommes pas tous comme décrit dans les commentaires précédents (heureusement). Différentes techniques nous sont apportés selon les services, nous prenons le meilleurs de ce que l'on peut prendre des professionnels mais je ne pense pas qu'on puisse dire qu'on sera meilleure que les inf "aigris"! Serait-on devin?!
Ensuite, les EIDE qui prennent sans demander, ce n'est pas uniquement les EIDE! Il y a des gens malpoli et irrespectueux dans toutes les professions (malheureusement).
Pour ce qui est de la formation, je suis d'accord qu'il faut l'améliorer et c'est en se concertant TOUS que ce sera possible!
Sur ce je vous souhaite une bonne soirée (ou journée selon l'heure de lecture!^^) en concluant: Que ce soit IDE ou EIDE on se doit de se serrer les coudes pour avoir des inf' au mieux qui font corps POUR une bonne prise en charge des patients! ;)

Infirmier2776

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#7

FIN

Molom il est vrai depuis la nuit des temps qu'il y a des terrains de stages plus propices au développement de l'étudiant que d'autres. Mais les Infirmières aigri comme tu dis sont souvent celles qui ont le plus de connaissances ( pas toute mais en majorité). dans tout service il y a des gens avec qui tu t'entend bien et d'autres non. les gens te reconnaissent car l'EIDE prends du temps avec les patients: c'est normal il n'a pas conscience encore de la vraie charge de travail de l'IDE et surtout l'EIDE mets 3 heures à faire ses soins alors que nous nous mettons 20 minutes. Cette dernière phrases est valable pour toute les générations, on est tous passé par là il faut juste savoir le reconnaître, hein Molom.
Je peux comprendre cet énervement sur le fait de ne pas manger avec l'équipe car cela retarde l'intégration dans celle-ci dans un moment de détente. et malheureusement cela existait de mon temps aussi sans que nous puissions y faire grand chose.
Faire profil bas, respecter l'ancienneté des futurs collègues, ne pas critiqué à tout vas, ne pas utilisé fcb ou twtt pour se lâcher sur les services dans lesquels on est en stage, voilà ce qui diffère de l'ancienne génération.
Vous trouverez surement que je fais une généralité des nouveaux EIDE. Mais si il y a de bons futur collègue (heureusement) il y en a malgré tout énormément qui rassemblent les raisons dites dans mon autre com. J'ai été EIDE dans les deux référentiels, et j'ai donc un regards plus personnel sur la valeur des deux.

Infirmier2776

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#6

Suite

- Un manque de connaissance du rôle IDE : la preuve avec Molom qui dit qu'il est reconnu par les patients par sa gentillesse et sa prise de temps auprès de patient. Et les IDE dans tout cela elles se tourne les pousses assis sur une chaise à lire closer. Vous n'avez pas conscience de tout le travail de l'IDE. les entrée les sorties à faire sur un vieux PC qui rame et qui beuguent, les papiers à faire, les demandes à faire auprès du médecin, les examens à organisés, les dossiers à remplir, le devenir à organisé. LUI L'EIDE se contente d'être là, de faire des soins, de gribouiller deux trois trucs dans le dossier et de repartir chez lui ( en demandant des fois à partir plus tôt car il a des choses a faire vous comprenez, sans participer aux transmissions).

- D'ailleurs parlons en de leurs transmissions. Aucun vocabulaire professionnel, une organisation aléatoire que ce soit à l'écrit ou à l'oral (pourtant il y a le modèle donné, action, résultat), une méconnaissance des patients dont ils ont la charges (heureusement que l'IDE est derrière lui), une méconnaissance des examens que le patient a (préparation, temps, retour, surveillance, but de l'examen).

- Les nouveaux EIDE se croient arrivé en terrain conquis: ils connaissent tout (c'est tout l'inverse), ils savent mieux que nous, ils font mieux que nous. Comme dit Molom ils ne seront pas comme nous.

Infirmier2776

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#5

LES RAISONS

- La nouvelle génération d'étudiant IDE n'a rien a voir avec les anciennes. Moins respectueuse des horaires, moins motivé à apprendre sur les lieux de stages (toilettes, injection sous cutanée j'ai déjà fait...) beaucoup viennent en stage notamment dans les services où je suis passé uniquement pour validé leur compétence. Aucun ne cherche à s'intégrer réellement. La nuit les étudiants sont les premiers à s'allonger "j'ai pas l'habitude je suis claqué". heu ça fait deux semaines que tu es de nuits il serait peut-être temps de t'y mettre. je ne parle même pas des sonnettes la nuit qui ne sont pas entendu car l'étudiant dors. (vécu avec deux étudiants). Moins poli (je rentre je me sers dans le frigo sur les repas gardé pour une possible entrer tard, le café qui est acheté par le service.... sans demander). les premiers jours ils s'assoient aux trans et écoutent (certains ne prenant même pas la peine de prendre une feuille pour noter), la présentation passons (le premier jours voir les deux premiers puis après c'est aux personnels de soins de se présenté à eux).

- Un manque de connaissance criant: je l'ai vécu au sein de la formation et en tant que professionnel encadrant les étudiants. arrivé en fin de troisième année et ne pas savoir ce qu'est un IDM, que le plavix et le kardégic sont des AAG et non AVk, qu'il y a deux types d'AVC à connaitre, qu'ils ne connaissent pas le bon délai de prise en charge pour l'AVC, qu'ils ne savent pas ce qu'est un curare, et j'en passe...... Certains te posent même la question de savoir si tu te sens coupable d'euthanasié en quelque sorte les gens en fin de vie quand tu utilises de l'hypnovel et ou de la morphine.

- Un manque de placement ou de savoir-vivre: Des réflexions à l'équipe soignante, aux médecins voir chef de service. des réflexions faites aux patients.

Natacha56

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#4

Enfin...

Je suis étudiante en soins infirmiers en deuxième année... Quand j'ai vu le titre de l'article je ne me suis dit "Cette gueguerre débile n'est-elle pas encore terminée". Quelle surprise de lire en fin de compte que cet article est constructif et non accusateur... Je l'avais déjà dit et je le redis encore nous sommes tous dans le même panier, tous des soignants qui recherchent la reconnaissance de notre statut et investissement professionnel... Ne nous tirons plus dans les pattes, il faut avancer ensemble! Des "cons", c'est comme dans la vie, on en rencontre souvent, que ce soit des infirmiers ou étudiants infirmiers, c'est un fait! Il faut passer outre et plutôt s'intéresser à NOTRE devenir, NOUS soignants!

Allo?_pital_?

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#3

C'est simplement du dumping social...

Des professionnels mal formé et en difficultés, c'est des collègues moins sûr d'eux, qui savent qu'il va falloir du temps pour devenir autonome et maîtriser les exigences de sa fonction.

En attendant, on baisse la tête, on est docile, on "accepte des postes et des conditions de travail déplorable et on négocie pas son salaire". C'est ce que mon référent à l'agence d'intérim pour laquelle je travaille occasionnellement depuis plus de 10 ans m'a confié.

La gériatrie, la psy, etc... et les cliniques aux conditions de travail pourrie et qui en plus rechignais à payer convenablement les IDE ont enfin trouvé de la main d'oeuvre qui ne négocie pas, trop contente de trouver du boulot.

Allo?_pital_?

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#2

Que va devenir la profession ? Ça sent la fumée...

Pour ma part, je suis infirmier depuis 12 ans et à priori pas trop aigris (malgré mon image de profil). Depuis la réforme des études IDE, je n'ai plus rencontré de cadre formateur IFSI dans les services dans lesquels je travaille ( je fais partie d'un pool de remplacement et je vais dans l'ensemble des services de la clinique).

J'encadre volontiers des étudiants et je me suis documenté par moi même sur le nouveau programme, la méthode et les attentes à défaut de n'avoir jamais reçu d'information, ni de formation claire sûr cette nouvelle formation. Donc, on fait comme on peux et je ne fais pas de miracle. C'est pas tout les jours facile car l'activité explose et les moments sereins pour expliquer, montrer et laissez faire l'étudiant dans de bonnes conditions sont rare. Les week-ends sont plus calme mais ils ne sont pas là, se serait plus tranquille pour les former.

Ça me désole quand j'encadre des 3ème années qui semblent découvrir l'hôpital et les soins courants de la pratique infirmière. J'entrevois très souvent l'ampleur du manque de pratique et de connaissances élémentaires. L'étudiant maîtrisant les bases de l'anatomie, de la physiologie, de la pharmacologie sont rares et je me dis qu'il y a quand même un réel problème.
Ça les mets en difficulté.

La majorité des étudiants de 3ème Année n'arrivent pas à prendre 4-6 patients en Chirurgie/médecine complètement en charge en planifiant l'ensemble des soins, surveillances et en collaborant avec les AS.


J'encadre et j’évalue très souvent des nouveaux diplômés. franchement recruté, Ils sont doublés 2 à 3 semaines et beaucoups, même de bonne volonté n'y arrive pas. Certains ont tellement de lacunes qu'ils sont dangereux. Ils n'ont pas été gardés. A Force, les ressources humaines demande désormais 2 ans d'expérience professionnelle ne serait-ce que pour décrocher un entretien. L'encadrement c'est 1 semaine max, on fait l'affaire ou on est pas gardé. Quel Gachis

nounours94140

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#1

désertion des formateurs IFSI??

SI les services sont désertés par les formateurs d'IFSI, c'est de leur propre et unique responsabilité! Avant ils prenaient le temps pour venir faire les MSP donc je ne vois pas pourquoi aujourd’hui il ne l’aurait pu ce temps! Enfin bref !

Je suis actuellement ESI en 2eme année dans un IFSI du 94 où les formateurs rendent systématiquement visite aux ESI durant tous leurs stages! Chaque formateur est référent de plusieurs lieux de stage. A chaque visite, nos formateurs nous demandent de présenter au moins une démarche de soins, ils reprennent avec nous le portfolio et nous aide à améliorer les démarches de soins faites. Par contre, je trouve qu’ils rencontrent trop rapidement les équipes ! Lors de ses RDV, l’ambiance est plutôt détendu, assez pédagogique je trouve, on fait le point ensemble sur les difficultés, sur nos appréhensions, et c’est rassurant de savoir qu’un formateur viens nous voir !! Franchement ces visites à tous les stages devraient être obligatoires !

C’est aux IFSI de venir dans les services…. et non le contraire ! A mon humble avis !!