COOPERATION

La valeur-ajoutée des IDEL en chirurgie ambulatoire

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Coopérations interprofessionnelles

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L'organisation du retour au domicile des patients avec des infirmières libérales améliore la prise en charge après chirurgie ambulatoire, montre une expérimentation picarde présentée le 23 janvier dernier lors de la Journée nationale de chirurgie ambulatoire organisée à Paris par l'Association française de chirurgie ambulatoire (Afca).

Infirmière libérale à domicile

Chirurgie ambulatoire : des idel accompagnent le retour au domicile

On avait constaté une angoisse, des douleurs réfractaires et des saignements sur des varices après chirurgie ambulatoire, ou encore des pansements tardifs (10 jours après), induisant un problème de confiance chez les patients bénéficiant de cette modalité qui n'avaient pas l'impression que l'on mettait en oeuvre tous les moyens pour les soigner, a rapporté Marie-Odile Guillon, infirmière libérale et présidente de l'union régionale des professions de santé (URPS) infirmiers de Picardie. Elle a décrit la mise en oeuvre du dispositif Isipad (intervention soins infirmiers post-ambulatoire à domicile) pour protocoliser le retour à domicile afin d'apporter une plus-value pour les patients. L'Aisne est sous-dotée en médecins mais dispose d'un maillage d'infirmières libérales conséquent, a-t-elle indiqué.

Les deux visites infirmières apportent une réelle plus-value. Notre intervention rassure et évite des réhospitalisations

Porté par l'agence régionale de santé (ARS) Picardie, ce projet est mené avec le CH Compiègne-Noyon et l'URPS infirmiers sur tout le territoire associé à l'hôpital. Il a débuté en février 2013. Les infirmières ont été formées avec une journée à l'hôpital dont une partie au bloc opératoire. Un numéro de téléphone unique géré par l'URPS a été mis en place. Une série d'opérations ont été retenues (hernies inguinales, dents de sagesse, varices...). De nouveaux actes seront inclus comme l'hallus valgus (déformation du gros orteil), l'appendicectomie ou l'amygdalectomie.

Le parcours du patient est organisé. Le numéro d'appel lui est communiqué lors de la consultation avec le chirurgien. L'URPS lui communique les coordonnées de l'infirmière formée sur son territoire. L'équipe s'assure que le patient a bien pris contact avec elle pour qu'elle vienne le soir de sa sortie. Elle repasse ensuite à J1 après un appel téléphonique et contacte le médecin traitant si besoin.

L'expérimentation est évaluée. Un questionnaire de satisfaction est adressé aux patients à J30. Les deux visites infirmières apportent une réelle plus-value. Notre intervention rassure et évite des réhospitalisations. La douleur est mieux maîtrisée, a témoigné l'infirmière. Elle a regretté de ne pouvoir disposer du dossier médical personnel (DMP) pour faciliter la communication et elle a pointé un frein important lié à la rémunération des infirmières car la caisse d'assurance maladie n'a pas accepté de facturation par assimilation (quatre AMI4 ou 12,60 euros, plus une indemnité forfaitaire de déplacement de 2,50 euros, soit 15,10 euros) pour un acte non inscrit à la nomenclature.

Aujourd'hui, nous avons une enveloppe pour régler les premières prises en charge, a-t-elle indiqué. Cependant, le problème financier fait que le dispositif est encore peu utilisé (pour 0,81% des actes de chirurgie ambulatoire de l'hôpital de Compiègne et pour 5,6% des actes pour l'hôpital de Noyon).

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Commentaires (3)

quichou13

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#3

démarche clinique infirmière

Tout à fait d'accord avec toi Sancho, ça fait partie du rôle propre! Et méfions nous de tous ces protocoles de coopération qui souvent incluent un rôle déjà présent dans le décret d'actes et de compétences infirmier. Ils permettent à des ide d'"upgrader" leurs taches pour pas un kopeck, ni 1 diplôme... parti le médecin délégant, finie la compétence!!!
Méfiance, méfiance...ou alors exiger en retour une "certification" qui sera transposable ailleurs.
Et la surveillance des suites d'ambu est une surveillance clinique infirmière, entièrement dans notre rôle.

Sancho

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#2

Formation ?

Bonjour,
cette expérience est très intéressante, avec malheureusement encore le coté financier qui pèche, alors même que l'économie pour la secu. doit être importante en comparaison avec des hospit. ou des Cs d'un médecin. Cette rémunération va avancer dans le bon sens... (J'espère)

Pour la formation citée dans l'article, qu'elle est sont intérêt sachant que la surveillance post opératoire ainsi que l'examen clinique du malade fait partie de la compétence infirmière ?

Cette démarche fait elle partie d'un protocole de coopération, avec des examens à faire ou à prescrire ne relevant pas de notre décret d'actes infirmier?
Démarche à certainement généraliser dans l'avenir.

Cordialement.

quichou13

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72 commentaires

#1

rémunération

bravo pour cette coordination!!
Si je peux me permettre, ce n'est pas 4 AMI4 mais 1AMI4, soit une cotation de grand pansement...non adaptée du coup car pas de pansement fait dans ce cas là.
Par contre une DSI (à 15€ pour la 1ere) avec 1 AIS4 correspond bien à la démarche clinique infirmière....
cf article déjà paru ici même sur rsp ilhup. ;-)