ETHIQUE

À bas la Bientraitance !

Cet article fait partie du dossier:

Ethique et soin

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Il y a des concepts comme celui de la Bientraitance qui méritent d'être dépoussiérés. La Bientraitance est apparue depuis quelques années comme une nouvelle norme, une vérité incontournable et indiscutable : nous n'avons plus le choix, nous devons être « bien traitants ». C'est parce que cette injonction sonne assez bien comme une évidence consensuelle qu'il convient de la trouver suspecte !

personne agée soignant bientraitance

Regard critique et constructif sur le concept de Bientraitance

Et si la bientraitance n'offrait pas toutes les garanties espérées en termes d'éthique ?

Nous allons donc nous appliquer à déboulonner ce concept de son piédestal et envisager d'ériger une nouvelle proposition responsable et professionnelle. Aux armes citoignants, chassons les marchands du temple !  Vous comprendrez que par cette formule je cherche à atteindre ceux qui veulent nous lobotomiser avec des formules toutes faites qui fleurent bon le consensus et le prêt-à-penser. Non, la bientraitance ne suffit pas à nous rendre bien traitants et si nous voulons devenir ce que nous sommes, comme le souhaitait Nietzsche, il nous appartient de développer un niveau supérieur de pensée soignante.

Aux armes citoignants, chassons les marchands du temple ! En quoi la bientraitance n'est-elle pas une garantie éthique ? Quand la parole des patients s'est libérée dans les situations de maltraitance institutionnelle, l'opinion découvrit un paradoxe dérangeant : certains soignants pouvaient s'avérer maltraitants. De trop nombreuses affaires de ce type ont abouti au pénal et ont mis à jour une déclinaison d'actes délétères qui prenaient des formes différentes, allant de la maltraitance...

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Commentaires (9)

christine54

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#9

Confusion (3)

Pour répondre au commentaire de Moutarde: oui les concepts ne sont pas des dogmes A nous de savoir les utiliser voire de les remettre en question. A ce propos je ne peux pas mettre dans le même genre le concept de Bientraitance et le concept de l'Humanitude. Ce dernier n'est pas un concept élaboré par des soignants ce qui est bien dommage. J'ai suffisamment entendu son concepteur dire du mal des infirmières françaises incapables de prendre leurs responsabilités en matière de "bons soins" et même trop payées selon lui pour ce qu'elles faisaient. Ce qui est malheureux est que la recherche infirmière en France a pris du retard et qu'on a perdu du temps. Yves Gineste,, avec l'Humanitude, devenu un bon produit commercial, se présente alors comme le sauveur. Son concept est enseigné à des aides soignantes sans aucune recommandations d'ordre éthique alors que son utilisation peut être délétère, conduire à la manipulation, au paternalisme, aujourd'hui remis en question depuis la loi de 2002, au non respect de l'autonomie de la personne. Enfin le concept ne préconise aucune expertise clinique de la personne avant la mise en oeuvre du concept. Voilà comment j'ai assisté à la démonstration de ce concept sur une personne âgée gémissant, criant, soi-disant parce qu'elle était démente alors que, tout simplement, cette femme souffrait de douleurs post radiques suite au traitement de son cancer de l'ovaire quelques mois plus tôt. Cela faisait 15 jours que cette femme se plaignait sans pouvoir parler, les mains sur le ventre, le visage grimaçant, les cris comme seul moyen d'expression sans que personne: médecin, cadre, infirmière ne réagissent. Alors oui, nous avons besoin d'infirmières réactives, critiques, posant de bonnes questions, dérangeant les pratiques de l'Ephad où elle exerce, ou encore par sa réflexion susceptible d'améliorer des concepts comme celui de l'Humanitude dont le contenu est, pour des raisons éthiques et scientifiques, tout à fait insatisfaisant.

christine54

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28 commentaires

#8

Confusion (2)

La confusion concerne le rapport entre l’infirmière et la question du Bien, confusion entretenue par… les infirmières elles mêmes et les médias et dont on peut rapporter deux clichés : le premier rappelle la bonne vieille névrose, relative à notre passé que le mouvement Ni,bonnes, ni nonnes, ni connes relaie en pratiquant une forme de victimisation des infirmières et le second est à l’opposé la figure de l’héroïne. Reportages TV, articles, sur ce site comme ailleurs , relaient ces deux images. Notre profession doit s’émanciper de ces deux boulets. Nous avons acquis la professionnalisation, la reconnaissance de notre autonomie et nous développons de multiples compétences dont, sur la question morale du Bien, la démarche de réflexion éthique, si difficile à acquérir en raison de la pauvreté de l’enseignement en éthique à l’heure actuelle. Je trouve que le mouvement Ni B, ni n, ni commet une erreur et ne rend pas service à la profession qui doit démontrer son autonomie en matière de réflexion éthique et son intérêt pour tout ce qui concerne ses responsabilités, au sens éthique et donc moral, à l’égard des personnes qu’elles soignent, au regard de ce que leurs propres compétences peuvent apporter. Là est notre émancipation et l’indépendance de la pensée infirmière et non en pleurnichant sur notre passé. Cessons de nous contenter de recevoir des leçons de bienpensants et pensons par nous mêmes à la question du” Comment faire pour bien faire”. Les quelques infirmières qui le font , qui ont un DU en éthique, ont parfois bien du mal à être reconnue et respectée par leurs collègues ou encore leurs cadre parce qu’elles posent des questions qui dérangent. Le problème de la réflexion éthique est que si son objectif est d’éclairer sur les pratiques et non de dénoncer les mauvaises pratiques, la démarche aboutit , hélas, à une forme de dénonciation qui dérange pas mal de monde. N'oublions pas que tous les professionnels de santé vont mal en ce moment, pas seulement les ide

Utilisateur supprimé

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#7

Confusions, c'est celui qui dit qui en fait....

A titre personnel, ce n’est pas la bientraitance en tant que telle que je rejette mais plutôt ce concept décliné selon une démarche dogmatique et que certain(e)s bien-pensant(e)s se sont arbitrairement appropriés pour mieux l’imposer aux autres ; souvent dans une attitude culpabilisante…

Et encore une fois, la bientraitance commence par celle des soignants.

christine54

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28 commentaires

#6

Evitons des confusions (1)

Pour moi, cet article ne dépoussière pas le concept de Bientraitance ( il n'en a pas besoin dans la mesure où il résulte d'un travail collectif de réflexion éthique tout à fait remarquable mais il rappelle combien la pensée conceptuelle est dangeureuse. Aucun concept, en matière de philosophie morale n'existe et se pense isolément et rien n'est plus subjectif que le bien ou le mal. Pour autant devrions nous renoncer à la culture du bien, du bon et du beau dans nos métiers. Non bien sûr.
Je tiens à rappeler que 4 grands principes sont reconnus en éthique au niveau mondial : les principes de bienfaisance, de non malfaisance (comme le rappelle Christophe), d'autonomie et de justice. Ces 4 principes doivent être réfléchis et mis en pratique en toute circonstance. Si l'aide soignante qui a utilisé un bassin, soi-disant par souci de bientraitance, avait respecté le principe d'autonomie chez le patient et avait accompagné ce dernier aux toilettes comme il le souhaitait, sans doute n'aurait elle pas été l'objet d'une plainte de ce dernier. Il aurait certainement souffert de son proche choix mais elle aurait respecté sa liberté au lieu de projeter sur lui l'idée qu'elle se faisait de ce qui était bon pour lui.
On peut transposer l'analyse critique de Christophe à un autre concept que le concept de bientraitance, le concept d'autonomie : prenons le cas du refus de soin, tiens, d'un refus de s'alimenter: Ou l'équipe choisi la contrainte, ou elle choisi le respect de l'autonomie et abandonne les soins, en l' occurrence, l'alimentation. En réalité, une équipe digne de ce nom ne choisira ni la contrainte, ni l'abandon car elle n'enfermera pas sa réflexion sur le seule concept d'autonomie. Inspirée par le devoir de bienfaisance, de bientraitance, elle cherchera à comprendre les motifs du refus et à débloquer tout doucement la situation ... Utiliser les concepts sans les utiliser comme une recette de cuisine et c'est être compétent.

Utilisateur supprimé

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494 commentaires

#5

Trop de bien tue le bien !

Ca serait BIEN.... que ce sujet soit débattu sur le forum, même si souvent il y déferle, dans les soins mais aussi les sujets de société, parce que ras le bol de ce bien moralisateur.

CrisP

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50 commentaires

#4

Allez on s'énerve !

Ah ! c'est cool et rassurant de partager cet agacement ! n'hésitons pas à l'exprimer dans nos comités d'éthique, dans nos projets de soins, nos projets institutionnels...
le prêt-à-penser n'est que du fourrage qu'on sert à l'animal qui ne pense plus...
secouons le prunier !

CrisP
Christophe Pacific

dino

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320 commentaires

#3

Je fais de l'urticaire, c'est grave docteur ?

...la bientraitance, l'humanitude... même l'empathie, j'en ai ras la moumoute de ce politiquement correct psycho-gélatineux. Bravo Christophe, si tu as besoin d'un coup de main pour enfoncer d'autres portes ouvertes, fais-moi signe...

VDBACH

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#2

Ni bonne ni conne ?

Je trouve cet article très pertinent. Malgré les évolutions, la profession d'infirmier ou d'infirmière a gardé certains habitus de la vocation de bonne sœur, dévouée mais oeuvrant pour son salut. La relation au patient reste assymétrique, sans réciprocité, l'accent est porté sur l'amour et la bonne volonté. Or l'amour est un élan, pas une éthique. Considérer le patient comme un sujet effraie ("si tu commences à prendre en compte ce qu'il dit...") ou est mal vu, comme un manque d'empathie ("vous n'êtes peut-être pas fait pour ce métier").

Utilisateur supprimé

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#1

Bien !

HUM… crisP

"Tout vient à point à qui sait attendre…"

Je résume et j’abonde bien ☺ ?

Ça suffit d’être noyé, submergé, anesthésié par tous ces « bien » : Bientraitance, bienséance, bien-pensance…etc

Ces "bien" sont il vs du "mal" ;) ?