ETHIQUE

De l'art de manier la "confiance inquiète"...

Cet article fait partie du dossier:

Ethique et soin

    Précédent Suivant

Comment aurions-nous soigné un terroriste s’il était arrivé blessé aux urgences ? Sommes-nous capable de soigner sans discrimination ? Sans nous faire déborder par l’opinion que nous nous faisons de l’autre ? Un soignant ne peut se satisfaire d’une pensée médiocre ou d’une opinion populiste. Un soignant doit mériter sa majuscule en "visant une vie bonne avec et pour autrui dans des institutions justes" (1). Bon, mais quand on a dit ça on fait quoi….

Tag ange et démon

L'auteur, en tant que soignant et en tant qu’humain, ne peut se résoudre à penser autrui simplement comme un ange ou un démon. Il nous engage à en faire de même...

Difficile de faire fi de nos émotions dans des situations exceptionnelles comme celles qui ont ébranlé le monde ces derniers jours. Ce statut de soignant demande à chacun d’entre nous de nous déplier et de donner le meilleur de nous-même par le seul fait qu’autrui se présente devant nous comme un être vulnérable.  Oui, mais si ce patient est un salaud… vulnérable, certes, mais un vrai salaud ? Ce sont ces épreuves qui nous obligent à donner le meilleur de nous-même, à travailler sur nous pour que l’excellence professionnelle transcende nos faiblesses humaines. La réflexion et la recherche d’universalité doit viser l’humanité plus que l’homme. C’est ce qu’Emmanuel Kant nous propose pour nous détacher du cas particulier et viser une relation supérieure, morale, un soin excellent à prodiguer à mon frère comme à celui qui l’a blessé. Il est reproché à Kant de s’éloigner de la vraie vie en ne visant que l’idéal, néanmoins il nous tire vers le haut et je crois sincèrement qu’il vaut mieux lever le nez pour viser les étoiles que de se satisfaire des horizons bouchés du moindre mal.

Ce sont ces épreuves qui nous obligent à donner le meilleur de nous-même, à travailler sur nous pour que l’excellence professionnelle transcende nos faiblesses humaines.

Farid Benyettou, ange ou démon ?Je suis consterné par la difficulté que nous avons aujourd’hui à penser autrui, par la facilité que nous avons à l’adorer ou à l’éliminer. Serait-il nécessaire aujourd’hui de ranger nos vieux repères et reconsidérer l’altérité ? Jankélévitch et Ricœur nous avaient pourtant invités à penser l’autre en même temps comme "même et différent". Avant eux, Robert Louis Stevenson avait...

Prolongez gratuitement votre lecture !

Afin de vous proposer une information et des services personnalisés, certains contenus d'Infirmiers.com sont en accès limité. Identifiez-vous pour bénéficier gratuitement de l'intégralité des articles.

Se connecter
Mot de passe oublié ?

Créer mon compte

Vous n'êtes pas encore inscrit sur Infirmiers.com ? Créez votre compte en quelques clics. C'est gratuit !

M'inscrire

Publicité

Commentaires (8)

mickaelm

Avatar de l'utilisateur

141 commentaires

#8

ok mais

intéressant jusqu'au passage sur la «confiance inquiète» et les solutions «analyse des pratiques» et «epp»...car alors la question de la légitimité se pose, tant dans la représentativité de chaque professionnel, que dans l'organisation hiérarchique de ces mêmes réunions. l'idée était intéressante mais le fait que cela fut imposé en a détruit l'essence.

Allo?_pital_?

Avatar de l'utilisateur

57 commentaires

#7

L' Expérience de Milgram...

Toute la société est représenté à L’Hôpital, d'une extrême à l'autre... pour le meilleur et pour le pire. C'est pour cela que le travail en équipe est primordial, l’échange, la contradiction. Les règlements et chartes de ceci et chartes de cela n'ont que le mérite d'exister pour rappeler la loi et les bonnes manières. Après il y a le contexte, l'ambiance d'équipe, la hiérarchie, la charge de travail, les moyens...

Tout d'abord, pour moi chaque soignant est doué de son libre-arbitre et de la notion de ce qui est bien et de qui est mal. Chacun doit être capable d'exercer son droit de retrait quand il ne cautionne pas une situation. Chacun doit savoir passer le relais à une collègue. Chacun doit aussi travailler à prendre du recul et a se remettre en question sur son quotidien.

Expérience très intéressante sur l’Autorité et la soumission a cette autorité. Je vous encourage à regarder l " Expérience de Milgram " ou comment transformer un citoyen lambda en tortionnaire... cela devait être étudier en IFSI et en médecine afin que les professionnels soient armés a prendre du recul et a refuser des injonctions toxiques...

Quand aux soins donnés aux terroristes, pédophiles et autre criminels chacun est contraint de réaliser les gestes d'urgences (nous ne sommes ni juges, ni bourreaux ) ... puis l'urgence passé d’exercer son droit de retrait si cela est insoutenable pour lui ( Ça évite la maltraitance et le burn-out ) .

CrisP

Avatar de l'utilisateur

51 commentaires

#5

C'est ça Didier !

En effet, le risque serait de tomber dans un prêt à penser béni-oui-ouiste et se fondre tellement dans la foule que l'individu et sa force de résistance disparaissent en même temps.
Marchons, marchons ....

Utilisateur supprimé

Avatar de l'utilisateur

494 commentaires

#4

hihihi !

Faut envoyer cet article aux extrémistes ordino-hystériques

CrisP

Avatar de l'utilisateur

51 commentaires

#3

Merci Augusta,

Vous m'avez manqué ! merci pour votre soutien. Je tenterai de le mériter encore.
Christophe

augusta

Avatar de l'utilisateur

72 commentaires

#2

Très beau texte....

Au fur et à mesure de la lecture, j'avais hâte de savoir qui était derrière le "Je", qui citait Kant.....
Christophe Pacific....évidemment!!!
Merci pour vos écrits...

dino

Avatar de l'utilisateur

320 commentaires

#1

Yes !

...ouf, enfin un peu de subtilité dans un monde binaire : un texte très riche qui rappelle l'importance de la nuance et celui du regard débarrassé des jugements de valeur. Et qui m'interpelle (je ne suis pas le seul...) sur cette vague d'émotion qui a presque engendré un nouveau politiquement correct : nous sommes Charlie ou bien terroriste.
Et toc !
Ouh la la, comme si les choses étaient aussi simples...