ETHIQUE

Le manque de contrôle vous panique ?

Cet article fait partie du dossier:

Ethique et soin

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Cette horrible sensation que vous n’y arriverez jamais, que c’était mieux avant et que demain risque d’être pire qu’aujourd’hui, vous la connaissez si bien, elle habite votre quotidien. La profession d’infirmier n’apprend pas le goût du risque ni du chaos, au contraire, elle prépare au contrôle et à l’ordre. Planifier, anticiper, surveiller sont mères de sécurité et l’antidote des mauvaises surprise. La vraie vie, elle, nous attend tous les jours au coin du bois pour nous confronter au désordre et à l’infaisable… l’amor fati de Marc Aurèle et la méditation pourraient se révéler de merveilleux outils « soignants ».

Manifestation du symptôme : quand tout part en sucette

infirmière méditation plage

Amor fati et méditation pour une éthique de l’esprit soignant

Le sentiment de perte de contrôle émerge quand un désordre bouscule et s’oppose au désir de maîtrise et fait que le monde ne tourne plus comme nous aimerions le voir tourner. Le fantasme qui consiste à contrôler notre corps, nos émotions, nos amours, nos emmerdes est nourri par une culture contemporaine de rentabilité et de performance. Le contrôle ! Tout est dit : alors régime minceur, sérénité, domination amoureuse et zéro contrainte parce que c’est moi qui commande… Et puis la vraie vie nous rattrape pour nous expliquer que ça ne se passe pas tout à fait comme ça. Ce sentiment angoissant, le soignant le subit quand l’organisation des soins le déborde : 3 entrées en même temps, 12 sonnettes en attente, une contre-visite non prévue, et le cadre qui s’y met parce qu’on attend Mme Désiré au bloc… Par où faut-il commencer ? Difficulté à faire des priorités, tout devient urgent et important.

Étiologie : le gouvernement de la peur et l’épaisseur de l’egoLes procédures dégradées fleurissent dans notre unité de soins. Rien de tel qu’un collègue non remplacé pour plomber la journée. La pression dès la prise de poste n’augure en général qu’une journée ou une nuit de merde ! Alors on se met en apnée pendant 8h ou plus en attendant simplement que ça s’arrête et en espérant qu’on ne se vautre pas dans une faute...

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Commentaires (4)

CrisP

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51 commentaires

#4

c'est ça !

Merci chère Augusta , Moutarde et Execho,

Vous exprimez avec beaucoup de justesse ce besoin de se préserver. Cette expression signe aussi, sous votre contrôle, le vrai besoin de se mettre en accord avec soi-même et au calme si possible.
"se recentrer sur soi" Augusta, prendre soin de soi Moutarde, respirer et rigoler avec les copines Execho, autant de recettes qui permettent de survivre et de trouver un truc qu'on cherche tous, un peu de plaisir, ou de non douleur en tous cas...
Prenez soin de vous et portez vous bien,
bien à vous,
Christophe Pacific

execho

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188 commentaires

#3

Freud

Outre une aversion toute personnelle (physique en fait,mais c'est pas bien je sais) envers Mattieu Ricard,on peut s'interroger sur son aversion à lui contre freud et la psychanalyse,et du coup ses leçons "Plaidoyer pour l'altruisme..." me gavent.Par contre,c'est certain,il ne faut pas confondre sa responsabilité personnelle et les aléas toxiques ,car là c'est le pétage de plomb assuré.On respire,on rigole avec les copines et on court à sa permanence syndicale,,c'est mieux.Ou bien,on change de crémerie comme dirait Moutarde.Le tout pouvant être expérimenté plusieurs fois et alternativement dans une seule vie.

Utilisateur supprimé

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494 commentaires

#2

Pas que soi...

En effet.

Pour être respecté, il faut avant se respecter et respecter l’autre.
Pour assurer et avoir de l’assurance, il faut croire en soi et s’assurer ou se réassurer.
Pour prendre soin de l’autre, il faut avant tout prendre soin de soi.
Il faut accepter d’être ce que nous sommes : un individu dans sa globalité et pas seulement une fonction dans un cadre donné.

Maintenant, on ne maîtrise pas parfaitement tout et tout le temps notre environnement de travail humain, social, sociétal, politique, économique et bien personnel.

Et il peut arriver que nous jouions notre survie physique et psychologique : l’autre ou moi.

Alors il faut faire des choix temporaires ou définitifs.

Sinon les choix sont faits pour vous.

augusta

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72 commentaires

#1

Soi et d'abord soi....

Une nouvelle fois merci Mr Pacific pour ce bel écrit.
Pourquoi culpabiliser de se sentir débordé?
Comment attendre de l'autre (personne ou institution) qu'il prenne soin de nous?

Je pense aussi que l'équilibre est d'abord à trouver en nous et que cela passe par une meilleure connaissance de soi.
Lâcher prise, se recentrer sur soi et simplement se poser me semblent effectivement une nécessité. En tous les cas quelque chose vers lequel on doit aller.