ETHIQUE

"Qu’est-ce que je fous là ?" : sale question ou question fondamentale ?

Cet article fait partie du dossier:

Ethique et soin

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J’ai lu récemment un article bien ciselé intitulé Qu’est-ce que je fous là ? Je ne peux que reconnaitre la qualité, tant sur le fond que sur la forme, de ce texte de Christophe Pacific qui vulgarise subtilement des concepts pour nous permettre, une fois de plus, de réfléchir le soin. Je trouve la démarche louable mais à la lecture des commentaires de cet article - et plus spécifiquement ceux de mikelm - j’éprouve la nécessité de proposer un écrit que j’espère complémentaire pour poursuivre la réflexion.

"Qu’est-ce que je fous là ?" : sale question ou question fondamentale ?

L'auteur, cadre de santé et praticien chercheur, marche souvent au bord de ces deux mondes. Il lui semble donc nécessaire de reposer la question "qu’est-ce que je fous là ?"

Je pense en effet important d’insister sur le fait que la responsabilité du prendre soin devrait rester collective. Avoir une boussole, une éthique personnelle, c’est très intéressant, mais la cohérence du soin nécessite, d’être capable, en équipe, de suivre le cap d’une rose des vents commune et surtout de l’interroger régulièrement. L’éthique c’est parfois décider à plusieurs de ne pas suivre la boussole car la singularité d’une situation peut nous encourager à faire un écart par rapport à la trajectoire habituelle. De plus, même si, in fine, c’est une faisant fonction d’aide-soignante payée moins de 1300 euros par mois qui a la charge lourde d’assurer le nursing d’une personne âgée, ses collègues, son encadrement et l’ensemble des contribuables qui finance la solidarité et le soin public en France, sont responsables autant qu’elle de la qualité du soin réalisé.

L’éthique c’est parfois décider à plusieurs de ne pas suivre la boussole car la singularité d’une situation peut nous encourager à faire un écart par rapport à la trajectoire habituelle.

En effet, quand nous déléguons notre responsabilité à une personne pour accomplir une tâche nous ne pouvons pas dire, lorsqu’elle est mal réalisée, que nous n’y sommes pour rien. Responsabiliser les acteurs et favoriser le questionnement éthique c’est essentiel, mais il est décisif de réaliser que le soignant n’est pas le seul responsable du soin et qu’en réalité, via diverses délégations, c’est la collectivité qui doit répondre des soins...

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Commentaires (1)

CrisP

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50 commentaires

#1

belle réaction !

Merci Jérôme pour cette prolongation de la réflexion que je trouve plus q'élégante, elle est responsabilisante !et nous avions presque oublié que dans notre confraternité (c'est inscrit dans notre code de déontologie) il y a l'idée d'une famille et de ce fait un partage incontournable de la problématique.
ce partage oblige le "On"ou le "Nous" effectivement !

pourvu que cette question nous invite à une mobilisation de sauvegarde.
Christophe Pacific