ETHIQUE

Et si tout le monde apportait sa pierre à l'éthique ?

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Ethique et soin

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Actuellement se déroulent les états généraux de bioéthique afin de réviser les lois en vigueur sur le sujet. Mais qu'est-ce que la bioéthique ? Qu'est-ce que ce terme englobe ? Alors que la médecine devient de plus en performante et technicisée, le cadre législatif doit lui aussi évoluer et l'encadrer au plus juste. Benjamin Becker, cadre de Santé et doctorant en philosophie, nous fait part de ses réflexions et espère que ces débats engendreront « des discussions qui pourraient conduire à mettre plus d’« humanitude » dans l’humanité ». Merci à lui de nous faire partager cet article.

Etats généraux éthique et soins

Les états généraux de la bioéthique ou réfléchir à comment la société veut évoluer dans l'avenir.

Ce qui attend les hommes après la mort, ce n’est ni ce qu’ils espèrent ni ce qu’ils croient. Héraclite d’Éphèse dans le centre de l’actuelle Turquie ne se trompait pas lorsqu’il soutenait sa thèse de philosophie régulièrement débattue : l’après fait peur, parce qu’il est inconnu. Le philosophe Jankélévitch l’exprime très bien dans son ouvrage La mort (2008). Alors on cherche toujours plus à dépasser l’indépassable, à atteindre l’inatteignable et l’on tente sciemment de rendre possible l’impossible. Pour ce faire, l’Homme a investigué toujours plus, a rusé d’énergie et a investi un temps considérable dans la recherche scientifique et l’évolution des techniques jusqu’aux confins les plus intimes de la vie, jusqu’aux bornes les plus inavouables de l’existence (Sicard, 2017). Des techniques invasives toujours plus aiguës et une connaissance médicale qui permettraient aujourd’hui de maintenir ad vitaem des malades dans des comas artificiels, sédatés certes, mais en vie.

Et eu égard à ce développement effréné du siècle dernier d’une « médecine technicisée » (Canguilhem, 2010), processus inhérent aux trois grands conflits mondiaux, le législateur a souhaité faire évoluer de concert le cadre législatif entourant la recherche médicale, qu’il a nommé sous la terminologie des lois de bioéthique. Du procès de Nuremberg du 20 novembre 1945 condamnant des médecins Nazis pour leurs expérimentations sur des personnes d’obédience juive (Cymes, 2015) aux premières lois de bioéthique du 01 juillet 1994, la loi et le droit français ont été contraints d’évoluer afin de répondre au plus près, ou en tout cas au plus juste aux attentes et espoirs de la société. Ce qui sous-tend un intérêt conséquent qui leur est porté par les citoyens dans leur ensemble, et l’existence et la tenue aujourd’hui d’États généraux de la bioéthique. Ils consistent alors en de vastes débats sociétaux auxquels chacun peut prétendre, dans l’idée de porter une visibilité sociale aux projets en devenir et d’établir un état des lieux des politiques publiques menées en regard. Mais par lois de bioéthique, de quoi parle-t-on exactement ?

L’objectif collégial étant d’aboutir à la solution pour le patient qui soit non pas la meilleure possible, mais probablement la moins pire. Des lois pour mieux protéger « l'objet précieux » de nos soinsNous nous proposons ici de revenir sur le terme de « bioéthique », forgé pour la première fois par Potter Van Rensselaer en 1971, dans son ouvrage Bioethics: Bridge to the Futur. Par ce terme, il faut comprendre l’éthique qui se rapporte au vivant, c’est-à-dire...

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