ETHIQUE

Le soin : une dimension constitutive de la vie

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Médecin

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Pourquoi de plus en plus de philosophes s’intéressent-ils au soin ? Pour mieux comprendre les nombreux enjeux théoriques et pratiques qui tournent autour de la question du soin, un colloque intitulé "Le soin aujourd'hui : questions vitales et textes clés", le 23 janvier dernier, a tenté de livrer quelques belles pistes d'analyse. En voici quelques éléments déterminants.

infirmière tient les mains d'une patiente

Soigner : ménager un temps à l’écoute, au simple fait d’être un témoin de l’histoire que raconte le malade qui tente ainsi de maintenir la continuité de sa vie.

Comme l’a rappelé Frédéric Worms, professeur à l'Ecole normale supérieure (ENS), directeur de collection de "Questions de soin" (Puf), à l'occasion de ce colloque, le soin a toujours été une préoccupations des philosophe, mais à présent, elle devient pressante1. C’est qu’en effet nous prenons conscience que loin de ne désigner que des attitudes ou des techniques plus ou moins spécialisées, intervenant lorsqu’une vulnérabilité se manifeste et pouvant donner lieu à des métiers spécifiques (dans les domaines de la santé ou de la petite enfance, par exemple), le soin apparaît comme une dimension constitutive de la vie individuelle et collective.

A quoi cela tient-il ? Sans doute à ce qu’a d’abord indiqué Claire Marin, écrivain et philosophe, la maladie est au fondement de la question du soin, parce qu’il s’agit de l’épreuve ayant la plus forte puissance de déstructuration des individus dans nos sociétés contemporaines et riches. Or les progrès techniques autorisent de vivre cette « catastrophe intime » pendant longtemps. Elle est devenue une composante du fonctionnement social. Quelle est la tâche de la philosophie ? Pour Céline Lefève, professeur de philosophie (Université Paris 7), il s'agit de décrire et comprendre ce que la science médicale fait aux soignants et aux soignés. Non qu’ils en aient l’exclusivité : ce sont bel et bien les malades et les professionnels de santé qui sont aux avant postes. Les philosophes aident à dire.

Le soin est aujourd'hui au centre des débats entre médecine et éthique, entre le "care" et la politique, entre l'homme et le monde... Du cure au care...En empruntant à l’anglais, nous avons pris l’habitude de distinguer deux facettes du soin : le cure et le care. La première indique des pratiques pouvant assez facilement être décrites, la seconde une attention ou une sollicitude envers la personne concernée. En santé, la première vise la maladie, la seconde le malade. Urgentiste, Jean-Christophe Mino,...

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