ETHIQUE

Vincent Lambert : Primum non nocere*

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Ethique et soin

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Le 11 Juillet à 8h49, Vincent Lambert, patient cérébrolésé en état végétatif, décédait dans le service de réanimation de l'hôpital Sébastopol de Reims. Un tragique épilogue, comme l'on peut en connaître au sein de différents établissements de soins, qui marque la fin d'un combat pour la vie et la mort. En parallèle, c'est aussi la conclusion d'une affaire éponyme conclue par l'ultime décision de la Cour de Cassation de Reims, fin Juin 2019, relative à un nouvel arrêt des thérapeutiques. Situation commune au coeur des unités de réanimation, le décès de Vincent Lambert restera unique par sa portée médiatique et les questions fondamentales qu'il aura soulevé durant les dernières onze années. Place de la famille, relation soignant-soigné, apparition des directives anticipées, débats latents sur l'euthanasie... Finalement, l'affaire Vincent Lambert ne nous permet-elle pas de retirer quelques enseignements humains et professionnels pour les soignants ?

arbre coeur rouge

"Néanmoins, reconnaissons-le, la relation soignant-soigné se construit avec le patient mais cela va de pair avec son entourage. Une musicalité humaine qui se met en place dès l'entrée en circuit de soins".

La relation soignant-soigné-famille : le triumvirat du coeur

Gravitant autour du patient, il y a la famille. Soudée, explosée, compliante ou opposante, les visages familiaux revêtent bien des masques lorsqu'ils se retrouvent confrontés aux affres de la maladie. En l’occurrence, celle de Vincent Lambert fut l'endroit d'une guerre intestine entre famille et belle famille où les représentants primordiaux, la mère et la belle-fille Rachel, se sont livrés à un puissant battage médiatique et à d'âpres batailles de coeur au chevet du patient. Remis en cause successivement, les médecins et les soignants ont été, bien malgré eux, au centre de ce tourbillon d'amertumes familiales. Pourtant, ils devaient continuer à soigner sans faillir des velléités extérieures telles que le doute, la colère, l'incompréhension vis à vis d'eux-mêmes. 

Primordiale, car elle est la clé de la confiance, construire une relation soignant-soigné s'établit donc sur le pilier de la confiance réciproque et ce dernier ne pourrait être supprimé au risque de déstabiliser tout un ensemble : le patient. Néanmoins, reconnaissons-le, la relation soignant-soigné se construit avec le patient mais cela va de pair avec son entourage. Une musicalité humaine qui se met en place dès l'entrée en circuit de soins. Primordiale, car elle est la clé...

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Commentaires (1)

cloclo54

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1 commentaires

#1

battage médiatique entre belle-mère et belle-fille

S'il y en a bien une qui se serait passé de tout ce "battage médiatique" c'est bien l'épouse de Vincent qui s'est retrouvé, bien malgré elle, au cœur de cette triste histoire.
La personne de confiance n'a aucun rôle réel déterminant puisque son avis n'est que consultatif et qu'en aucun cas, les médecins ne sont obligés d'en tenir compte. Et c'est bien là que le bât blesse, parce que si nous, les malades que nous sommes, ou en état de le devenir, nous désignons une personne de confiance qui parlera à notre place en cas d'impossibilité pour nous de le faire, c'est bien pour qu'elle parle en notre nom et pour que nos volontés soient respectées. Or, à ce jour, ce n'est pas le cas, et les médecins ne sont pas tenus d'en tenir compte. Ce sont toujours eux qui décident en dernier recours et ce, même quand c'est nous qui nous exprimons nous-mêmes ! Les directives anticipées et la désignation de la personne de confiance n'auront de réelle valeur que si elles deviennent obligatoires dans leur respect par le corps médical. Il est inadmissible que des médecins puissent les déclarer "inappropriées" et refusent de les appliquer.
Que la décision soit prise par une équipe pluridisciplinaire, en accord avec la famille quand le malade n'a pas laissé de directives anticipées est une chose, mais que le corps médical aille contre la volonté écrite du malade ou relayée par sa personne de confiance est pour moi inconcevable.
Le corps médical mérite tous nos remerciements, et toute notre reconnaissance en matière de soins, mais en aucun cas, il ne doit se substituer à la volonté du malade ayant fait connaitre ses volontés.