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Le DPC : véritable opportunité donnée à chacun !

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DPC

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Alors que la mise en place du développement professionnel continu (DPC) pour l'ensemble des infirmiers se poursuit avec une montée en charge notable du dispositif, Bertrand Dufourcq, docteur en droit public, président de CERF FORMATION, organisme de formation pour les secteurs de la santé, médico-social, social éducatif et des collectivités, répond à nos questions.

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Le DPC pour les infirmiers : une véritable opportunité de revisiter, dans une perspective de progrès, les approches les pratiques

Quels changements le Développement Professionnel Continu (DPC) apporte-t-il à la formation continue des infirmiers ?

CERF FORMATION - Avec la création du DPC, la formation professionnelle tout au long de la vie des infirmiers va connaître au cours des mois et années qui viennent une profonde évolution. Tout d’abord, chaque action de formation devra, pour valoir en tant que programme de DPC,  non seulement intégrer un volet d’évaluation des pratiques professionnelles mais également s’inscrire dans une orientation nationale ou régionale de DPC. Ensuite, autre innovation, seuls les organismes de formation enregistrés en tant qu’Organisme de DPC (ODPC) auprès de l’Organisme de Gestion du DPC (OGDPC) et évalués favorablement par les Commissions Scientifiques Indépendantes (CSI) seront habilités à dispenser des actions de formation valant programme de DPC. Enfin, la troisième grande nouveauté, c’est  l’obligation annuelle pour chaque infirmier, quelque soit son statut (salarié, fonctionnaire ou libéral) de suivre un programme de DPC.

Est-ce que la réforme du DPC constitue une réponse aux critiques qui sont régulièrement formulées au sujet de la faiblesse des contrôles sur la qualité et l’impartialité des formations qui sont dispensées par certains organismes de formation ?

CERF FORMATION - Oui et la procédure d’évaluation des Organismes de DPC par les CSI  en est une très bonne illustration. Ne croyez pas en effet que cette procédure soit une simple formalité, loin de là ! L’évaluation des ODPC a d’abord pour but de vérifier leurs capacités méthodologique, scientifique et pédagogique à dispenser des programmes de DPC. Ce sont donc non seulement les compétences que l’on peut légitimement attendre d’un organisme de formation qui sont appréciées mais également la capacité de cet organisme à s’inscrire dans le dispositif DPC en ce qu’il a de spécifique notamment du point de vue de la pertinence du choix des méthodes de DPC retenues. Ensuite, l’un des critères déterminants de l’évaluation est l’indépendance financière de l’organisme de DPC. Dans ce cadre, un ODPC percevant un financement de la part des entreprises fabriquant ou distribuant des produits de santé se voit dans l’obligation d’expliciter de façon précise et détaillée les procédures et les moyens mis en œuvre pour préserver son indépendance. Ce dernier critère a pour objectif de respecter l’un des objectifs visés par le DPC, à savoir détacher la formation, en particulier des médecins, et en général des professionnels de santé, de l’industrie pharmaceutique.

Certains infirmiers ont parfois le sentiment que le cadre à l’intérieur duquel s’inscrit le DPC répond mal aux spécificités de  leur domaine d’activité. Qu’en pensez-vous ?

CERF FORMATION - Ces premières appréhensions sont, si j’ose dire, compréhensibles. En effet, d’un premier abord, la réforme du DPC peut apparaître assez lourde et complexe. Par ailleurs, il est vrai que certaines notions, comme par exemple celle « d’indicateur d’amélioration des pratiques », sur lesquels s’appuie le DPC peuvent sembler relativement mal adaptées à des secteurs comme celui de la psychiatrie. Cependant, il serait dommage, selon nous, de réduire le DPC à une simple réforme technique ou à un carcan ; il faut au contraire l’appréhender dans sa dimension globale et le voir comme une véritable opportunité donnée à chacun – établissement de santé, professionnels de santé dont les infirmiers et organismes de formation – de revisiter, dans une perspective de progrès, nos approches et nos pratiques. D’ailleurs, au vu de ce que nous constatons, beaucoup d’infirmiers y compris du secteur psychiatrique l’ont bien compris et se saisissent aujourd’hui pleinement de cette boite à outils qu’est le DPC.

De quelle manière CERF FORMATION s’est-il positionné face à cette réforme du DPC ?

CERF FORMATION - Dès le début  nous nous sommes investis dans cette démarche ; CERF FORMATION est à présent enregistré comme organisme de DPC et a été évalué favorablement par la CSI des professions paramédicales. Aujourd’hui, toutes nos formations valant programmes de DPC pour les infirmiers sont disponibles sur notre site internet ainsi que sur celui de l’OGDPC.

Un récent rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) commandé par Marisol Touraine, ministre de la Santé, pointe un certain nombre de difficultés dans la mise en place du dispositif actuel et préconise des réformes dont certaines semblent pour le moins radicales. Qu'en pensez-vous ?

CERF FORMATION - Ce rapport met en lumière l'ensemble des difficultés rencontrées dans la mise en place de cette réforme du DPC. Par delà un certain nombre de dysfonctionnements, il souligne avec force l’inadéquation entre, d'un côté, l'ambition des objectifs affichés par la réforme du DPC et, d'un autre côté, la faiblesse des moyens humains et financiers qui y ont été affectés. Néanmoins, les solutions proposées et ayant la préférence de l'IGAS ne tendent pas à supprimer le dispositif mais à l'aménager. Parmi les préconisations clés il y a, par exemple, celle de passer d'une obligation annuelle de DPC à une obligation triennale ainsi que celle de redéfinir et recentrer les missions incombant à l'OGDPC. Il appartient aujourd'hui aux pouvoirs publics de dessiner, sur ces bases, les contours d'une réforme de la réforme.

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