MODES D'EXERCICE

Burn-out : les infirmiers s'expriment à l'Assemblée nationale

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À l'occasion de la mission d'information relative au syndrome d'épuisement professionnel, l'Assemblée nationale a notamment questionné, lors d'une table ronde consacrée à l'hôpital public qui s'est déroulée le 20 octobre 2016, plusieurs représentants infirmiers. Explications.

infirmier fatigue triste

L'épuisement professionnel à l'hôpital fait débat à l'Assemblée nationale.

Didier Borniche, président du Conseil national de l'Ordre des infirmiers, Nathalie Depoire, présidente de la Coordination nationale infirmière (CNI), Thierry Amouroux, secrétaire général du Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI) et Florence Ambrosino (Association Nationale Française des Infirmières et Infirmiers Diplômés et Étudiants) ont abordé, lors d'une table ronde consacrée au syndrome de l'épuisement professionnel à l'hôpital qui s'est tenue le 20 octobre 2016 à l'Assemblée nationale, le mal-être infirmier. Comme le souligne le président de séance, Yves Censi, les infirmiers sont souvent présentés comme les premiers touchés par l'épuisement professionnel à l'hôpital. Les représentants infirmiers ont donc exprimé durant plus d'une heure leur point de vue sur la question L'organisation de l'hôpital est-elle devenue une source d'épuisement professionnel ?.

Didier Borniche estime ainsi que la profession infirmière ressent un malaise profond. La Fonction publique hospitalière est soumise à des contraintes extrêmement importantes (restructurations, retour à l'équilibre) et les infirmiers subissent un lourd tribu. La charge de travail ne cesse d'augmenter aujourd'hui. Le président de l'ONI a par ailleurs annoncé qu'il lancera prochainement une enquête sur la qualité de vie au travail.

Il faut abolir la polyvalence imposée. On peut avoir un exercice polyvalent mais il faut accompagner le professionnel

Nathalie Depoire constate elle aussi que la profession infirmière doit subir les contraintes économiques et les restrictions budgétaires. Nous avons des exigences à atteindre mais de moins en moins de moyens. On se retrouve écartelé entre ce qu'on nous demande de faire, ce qu'on voudrait faire et les moyens qui nous sont donnés.

Pour Thierry Amouroux, les nouvelles organisations du travail conduisent à une déshumanisation du travail. L'institution ne prend plus soin de ceux qui prennent soin et elle les maltraite. Lorsqu'on nous oblige à revenir sur nos jours de repos, à enchaîner les gardes de l'après-midi avec celles du matin, les directions nous poussent à la faute. Le travail est envahi de tâches administratives qui éloignent du coeur de métier.

Le problème n'est pas seulement en matière de nombre. Il faut aussi considérer les compétences nécessaires par rapport à telle ou telle prise en charge.

Florence Ambrosino s'est quant à elle exprimée sur les autres modes d'exercice de la profession infirmière, notamment sur les nombreuses problématiques rencontrées par les infirmiers libéraux. Complexité des prises en charge, fin de vie, vieillissement de la population, durcissement de la réglementation qui encadre l'exercice à domicile, nomenclature inadaptée, renforcement des contrôles des caisses d'assurance maladie sont autant d'éléments qui pèsent sur les IDEL. Elle revient également sur la situation des infirmiers de la Fonction publique territoriale (infirmier de santé au travail) et des IDE de l'Éducation nationale, qui rencontrent, quotidiennement, des situations difficiles, et sur celle des étudiants en soins infirmiers qui pointent du doigt une formation violente, conséquence directe de l'épuisement rencontré à l'hôpital.

Un lit n'est pas égal à un lit. On peut avoir un service de 20 lits beaucoup plus lourd en charge de travail qu'un service de 30 lits.

Gérard Sebaoun, rapporteur, s'est montré attentif aux remarques et propositions des différents représentants. Ces derniers s'accordent sur la nécessité de revoir toute l'organisation de l'hôpital car, comme le souligne Nathalie Depoire, un lit n'est pas égal à un lit. Le manque de reconnaissance (attente de la « Masterisation » de la formation) et la problématique des violences ont également été pointés du doigt. Même si la profession infirmière a été entendue, il est également important qu'elle soit écoutée... Au-delà des témoignages, des données chiffrées sont primordiales afin de mettre en œuvre les changements qui s'imposent. D'où l'intérêt de déclarer, notamment, les violences, les événements indésirables graves, des conditions de travail délétères ou toute situation subie...


Voir la vidéo "Syndrome d'épuisement professionnel : tables rondes sur l'hôpital"

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Aurélie TRENTESSE  Journaliste Infirmiers.com aurelie.trentesse@infirmiers.com  @ATrentesse

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Commentaires (1)

eusèbe

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483 commentaires

#1

Spécialistes ?

Sont-ce véritablement des spécialistes de la question qui sont cités dans l'article ?
Il est légitimement permis d'en douter et même d'en pleurer...