MODES D'EXERCICE

Parce qu'un congé maternité n'est pas de "l'absentéisme" !

    Suivant

Le CHU francilien, qui a retrouvé une bouffée d'air financière fin 2018, est bien décidé à ne plus accepter qu'il y ait encore simultanément dans certaines équipes deux congés de maternité d'infirmières non remplacés. Une injustice pour sa direction.

maman, bébé

Les congés de maternité se retrouvent même qualifiés improprement d'absentéisme, comme si c'était la grossesse qu'il fallait corriger et non pas la conciliation de la vie professionnelle et familiale qu'il fallait favoriser.

L'étape immédiate est de faire en sorte qu'il n'y ait plus dans la même équipe deux (ou plus) congés de maternité d'infirmières simultanés sans remplacement. Tel est l'engagement pris ce 17 janvier lors de ses vœux par le directeur général de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP). En effet, comme l'a rappelé Martin Hirsch, l'impact sur le fonctionnement des services est particulièrement lourd : c'est injuste pour l'équipe qui peut se retrouver en difficultés et ça n'a pas de sens alors que tout le monde s'accorde à promouvoir l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.

Un renforcement des suppléances

Sur des emplois d'infirmiers déjà en tension, cela ne peut qu'engendrer des fermetures de lits et autres problématiques dans des secteurs aux effectifs normés. Sans compter que ces congés de maternité se retrouvent même qualifiés improprement d'absentéisme, comme si c'était la grossesse qu'il fallait corriger et non pas la conciliation de la vie professionnelle et familiale qu'il fallait favoriser. À entendre le directeur général, cela occulte même la baisse de l'absentéisme réel observée depuis dix-huit mois sur l'ensemble de l'AP-HP, toutes véritables causes confondues. Ainsi, les équipes de suppléance vont être renforcées, a-t-il ajouté, avec l'idée d'ériger en principe le remplacement d'un départ en congé de maternité, sauf contexte particulier concernant l'activité du service. D'ici fin juin, le CHU francilien entend clarifier les règles de remplacement, les exceptions qui peuvent être admises et le montant précis qu'il doit consacrer à cette mesure.

Un déficit finalement en baisse "significative"

Par ailleurs, le dernier trimestre 2018 s'est avéré bien meilleur, financièrement parlant, que le prévisionnel de la mi-octobre ne le laissait encore présager. À l'époque, l'AP-HP ne tablait guère mieux que sur une stabilisation du déficit à son niveau de 2017 : environ 200 millions d'euros (M€) sur le compte de résultat principal et près des 180 M€ tous budgets confondus. Mais les efforts semblent avoir été efficaces, pour citer Martin Hirsch, car ils vont conduire à une première marche significative dans la réduction du déficit.

La raison de ce retournement de tendance ? Comme l'a précisé le CHU en marge des discours, certes le dégel tarifaire obtenu en fin d'année mais surtout une baisse sur tous les postes de dépenses. Il s'agit en premier lieu des dépenses de médicaments, de dispositifs médicaux et de biologie, qui ont été ciblées ces derniers mois par un vaste plan d'économies. Le résultat d'exploitation serait ainsi amélioré a minima d'environ 20 M€, quand bien même l'état de pénurie constaté sur les greffons ait généré une perte de recettes à hauteur de 15 M€. Et s'agissant de la capacité d'autofinancement (Caf), elle bondirait de plus de 50%.

Un nouveau "fonds de transformation"

Le tout intervient de pair avec une stabilité de la masse salariale sur plusieurs années et donc la réduction des effectifs. Pour le directeur général de l'AP-HP, ces réductions d'effectifs doivent correspondre toutes à des réorganisations et aucune à des sacrifices. Raison pour laquelle une part importante des produits à percevoir sur le volet parvis de l'Hôtel-Dieu (4e arrondissement) va abonder un fonds de transformation au service de la qualité de vie au travail et de la qualité de prise en charge des patients. Le jury départagera les projets lauréats dans quelques mois mais le CHU anticipe déjà, avec l'appui de la municipalité parisienne, une valorisation financière importante. Créé courant 2019, ce fonds pourrait être doté d'environ 30 M€ d'ici 2023, a fait savoir Martin Hirsch. Il disposera d'une gouvernance participative avec de premiers projets financés dès la rentrée de septembre, espère l'intéressé.

Parmi les autres annonces pour 2019

  • consacrer une part des crédits de formation à rémunérer l'encadrement des étudiants dans les formations paramédicales, en ciblant d'emblée les infirmiers de bloc opératoire et les infirmiers anesthésistes, les masseurs-kinésithérapeutes et les manipulateurs en électroradiologie : soit environ 3 000 encadrants ;
  • doubler le programme "infirmières capitale", qui permet à des professionnels de santé de disposer d'un logement pendant leur première année de vie professionnelle, en passant ainsi de 100 à 200 studios ;
  • remettre le nombre de promotions professionnelles au même niveau qu'avant 2018, soit 120 aides-soignants concernés en 2019 (contre 80 l'an dernier) ;
  • adopter une nouvelle règle d'investissement qui implique qu'en cas de restructuration générant des produits de cession, une part de ceux-ci soit désormais affectée au groupe hospitalier qui le réalise, avec une clé de répartition encore à débattre ; ...


@thomaqu

Cet article a été publié par Hospimedia le 18 janvier 2019. Merci de ce partage.

Retour au sommaire du dossier Fonction Publique

Publicité

Commentaires (0)