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A lire - L'erreur médicale, le burnout et le soignant

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Dans son ouvrage « L'erreur médicale, le burnout et le soignant – De la seconde victime au premier acteur », l'auteur Éric Galam, professeur de médecine, aborde des sujets délicats à gérer : d'une part, l'erreur médicale dont la première victime est le patient, d'autre part, le burnout, ou l'épuisement professionnel, qui se rapporte au soignant.

La médecine est soumise à bien des représentations, et souvent associée à la perfection. Cependant, certaines affaires médiatisées le montrent bien : personne n'est à l'abri d'une erreur médicale, soignés comme soignants. Dans une société où le patient cède sa place pour devenir un « client », la faute médicale est de moins en moins tolérée. Dans le rapport 2010 de l'Observatoire des risques médicaux, les erreurs relatives aux actes infirmiers comptaient 23 dossiers traités dont le montant moyen d'indemnisation s'élevait à 70.087 euros par dossier. Si les patients sont les premières victimes des erreurs médicales, le personnel soignant est lui aussi très concerné par ces actes en incarnant bien souvent le rôle de « seconde victime ». Eric Galam distingue ainsi trois situations pouvant être perçues comme une erreur médicale par le soignant :

  • les choses ne se sont pas passées comme il le fallait. Ce problème médical suppose un enchaînement non satisfaisant pour le patient, pour le soignant, ou pour l'évolution de la maladie et des soins ;
  • le patient s'est plaint. Cela révèle un problème relationnel ;
  • le patient a subi un dommage.

l'erreur médicale, le burnout et le soignantSi les soignants sont compétents, fiables et utilisables, ils n'en restent pas moins humains, faillibles, perfectibles et respectables, et enfin vulnérables et précieux. Lorsqu'ils sont impliqués à tort ou à raison dans une erreur médicale ou un événement indésirable associé aux soins, ils sont aussi, souvent, en souffrance, confrontés à un « accident du travail » qui doit être accompagné et traité comme tel. Or, s'intéresser au vécu des soignants relève d'un véritable tabou.

Les impacts de l'erreur médicale sur le personnel soignant peuvent être plus ou moins importants et influer sur les pratiques professionnelles, le rapport du soignant à ses patients et à son métier et sur sa vie privée, d'où l'intérêt d'un réel suivi. Autre conséquence due à ces « accidents du travail » : le burnout, un « stress lié au travail, surtout lorsque celui-ci nécessite un engagement relationnel. Il frappe les soignants mais aussi les travailleurs sociaux, enseignants, avocats, policiers... ou encore, de manière spécifique, les familles de malades chroniques qui sont amenées à accompagner leurs proches. To burn out signifie : échouer, s'user, devenir épuisé devant une demande trop importante d'énergie, de force, de ressources ».

Comme le souligne Éric Galam, le burnout se traduit notamment par :

  • un épuisement émotionnel caractérisé par un manque de motivation au travail et une sensation que tout est difficile ;
  • une tendance à dépersonnaliser ses patients ;
  • une réduction de l'accomplissement personnel qui se manifeste par une évaluation négative du soignant à son égard.

L'épuisement professionnel est notamment dû à une insécurité professionnelle croissante. En effet, en 2010, comme le signale l'Observatoire pour la sécurité des médecins, les incidents et les agressions verbales sont en augmentation par rapport à 2009. Le personnel soignant a ainsi le sentiment d'être « littéralement maltraité par une société et des patients de moins en moins respectueux, de plus en plus exigeants, avec beaucoup de demandes relevant de registres loin d'être toujours médicaux ». Se pose alors la question de la relation au travail, à l'autre et à soi même. L'auteur déclare que « la déshumanisation est souvent considérée comme une réaction de défense face à l'épuisement , qui conduit à une rupture d'idéal et ainsi à la perte d'accomplissement personnel ».

Cet ouvrage, qui s'adresse aux personnes concernées par les pratiques de soins, et plus particulièrement aux soignants, véritables piliers du système de santé, montre bien qu'au-delà du patient, le soignant est lui aussi très touché lors d'une erreur médicale. Au travers d'études effectuées auprès de professionnels de santé, Éric Galam tente de mettre en exergue les conséquences dues aux fautes médicales, notamment le burnout, et d'apporter des éléments de réflexion pour mieux les aborder et ainsi les dédramatiser. Il ne faut pas oublier que les soignants sont avant tout humains, et l'erreur est humaine...

Bibliographie

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Rédactrice Infirmiers.com
aurelie.trentesse@infirmiers.com

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