LEGISLATION

Ancien djihadiste et futur infirmier, qu’en dit le droit ?

Cet article fait partie du dossier:

Formation en ifsi

    Suivant

L'histoire de cet étudiant en soins infirmiers de 3e année, ancien jihadiste et futur infirmier, est intéressante parce qu’elle permet de prendre conscience des rapports parfois délicats qu’entretiennent droit, morale et justice. Ce qui est conforme au droit peut tout à fait être immoral et injuste, l’inverse étant tout autant vrai. Le tout est de savoir dans quel registre l’on veut mener l’analyse.

livres législation droit

Dans le cadre de certaines types de condamnations, le juge peut décider qu’une profession ne doit plus pouvoir être exercée, provisoirement ou définitivement. Quid de l'infirmier...

Le cas de cet étudiant en soins infirmiers, ancien jihadiste et futur infirmier, fait grand bruit ces derniers temps dans le contexte des terribles attentats que la France a subie début janvier 2015. Un rapide rappel des faits permet de dire qu’il concerne, en tout cas si l’on en croit les médias, un ancien prédicateur de la filière dites "des Buttes-Chaumont", qui a formé l’un des frères Kouachi à l'idéologie radicale, frères dont on connaît le rôle central dans les récents événements. Pour ces faits, cette personne a été poursuivie puis condamnée à une peine de 6 années de prison ferme (pour 3 ou 4 années finalement effectuées) pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Ayant obtenu son baccalauréat en prison, il postule à sa sortie pour intégrer un IFSI. Sa candidature acceptée, il suit le cursus classique jusqu’à réaliser en stage de dernière année de formation en soins infirmiers dans un établissement de l’AP-HP, lequel prendra, dans le contexte des attaques terroristes, la décision de ne pas le maintenir dans le planning de service où il terminait son dernier stage.

Cette personne a été poursuivie puis condamnée à une peine de 6 années de prison ferme pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ».

Même avec cette présentation objective des faits, cette affaire peut faire réagir à plus d’un titre. Bien entendu, il est naturel de prendre position en tant que citoyen au regard d’exigences morales ou humaines, permettant de se demander, par exemple, comment une personne ayant prôné la violence peut aujourd’hui vouloir se tourner vers l’accompagnement des personnes vulnérables que sont les patients et s’il convient de lui permettre cet exercice professionnel. Pourtant, il s’agit ici de mener quelques...

Prolongez gratuitement votre lecture !

Afin de vous proposer une information et des services personnalisés, certains contenus d'Infirmiers.com sont en accès limité. Identifiez-vous pour bénéficier gratuitement de l'intégralité des articles.

Se connecter
Mot de passe oublié ?

Créer mon compte

Vous n'êtes pas encore inscrit sur Infirmiers.com ? Créez votre compte en quelques clics. C'est gratuit !

M'inscrire

Publicité

Commentaires (7)

dino

Avatar de l'utilisateur

320 commentaires

#7

A elhombrede

Ta réaction est infiniment compréhensible, mais je redis que ce n'est pas à nous - professionnels - de porter un jugement de valeur sur le comportement de tel ou tel collègue. C'est à la Justice de faire son boulot et de dire si un CITOYEN est apte à exercer une profession en particulier. Ou alors on marque les gens au fer rouge et on rouvre le bagne de Cayenne.
Je termine en disant que je n'ai aucune sympathie pour l'islamisme, cette idéologie de merde qui me sort par les trous de nez.

elhombredelamancha

Avatar de l'utilisateur

64 commentaires

#6

de la double peine...

"Ce jeune étudiant a purgER sa peine ! Merci de rappeler que la double peine est encore interdite en France ..."

vous irez dire ça à SES victimes et à leurs familles...
car s il n a pas versé le sang lui même , il est tout de même largement responsable du sang versé par les pauvres abrutis qu il a recruté...sang versé à paris mais aussi (surtout ?) en irak et ailleurs...

les bonnes âmes sont décidément les meilleures alliées du pire...

delphineb

Avatar de l'utilisateur

25 commentaires

#5

Hypocrite

Ce jeune étudiant a purger sa peine ! Merci de rappeler que la double peine est encore interdite en France ...

" comment une personne ayant prôné la violence peut aujourd’hui vouloir se tourner vers l’accompagnement des personnes vulnérables que sont les patients et s’il convient de lui permettre cet exercice professionnel "
Mais quelle hypocrisie et pseudo morale ! Les personnes qui prônent la violence et créent le chaos dans le monde sont nos politiciens et dirigeants, ou encore les directions qui suppriment des postes et font du travail un enfer !

sweetlife

Avatar de l'utilisateur

7 commentaires

#4

Fonction publique

Bonjour, je tiens juste à préciser que (sauf erreur de ma part)bien que définitive , purgée et peut être oubliée , cette condamnation ne permet pas d'accéder à un poste de la fonction publique car inscrite au bulletin n2 .Donc pas de carrière hospitalière pour cette personne, du fait de sa condamnation. Mais pour le privé , pas de problème ?? Où commence et où s'arrête la protection des citoyens ? Et pour quelles raisons ?

eusèbe

Avatar de l'utilisateur

497 commentaires

#3

Moralité des IDE.

Quelles sont les compétences possédées par les personnes qui sont chargées d'évaluer la moralité des IDE ? Ont-elles, elles-mêmes, fourni les garanties de cette moralité, et à qui ?
Quels sont les critères de cette moralité ?
Une appartenance syndicale opposante à l'organisation (et à ses membres) peut-elle entrainer un refus à l'exercice pour défaut de moralité ?

dino

Avatar de l'utilisateur

320 commentaires

#2

Que vient faire Charlie là-dedans ?

Premièrement : A-t-il purgé sa peine, oui ou non ?
Deuxièmement : S'il ne peut pas exercer le métier d'infirmier (entre autres), il fallait lui notifier lors du jugement. Ou alors, il s'agit d'une double peine qui ne dit pas son nom.
Troisièmement : Ce n'est pas à nous de juger, c'est à la Justice.
Quatrièmement : Non, je n'ai aucune sympathie pour l'islamisme.
Cinquièmement : Que l'ONI aille se faire voir...

vesunna

Avatar de l'utilisateur

52 commentaires

#1

Où est Charlie?

Si l'on s'en réfère aux propos de Résilience et des syndicats français...où est le problème?
Ce monsieur peut entrer en IFSI, peut travailler pendant deux ans où il veut puisqu'on n'a pas à demander un numéro d'inscription à l'Ordre ( d'après eux, bien sûr), et peut s'installer ensuite en libéral puisque les CPAM ont reçu comme instruction de ne pas le demander.
Normal, non?
Il faut qu'il sache que, si dans ce pays (plein de mécréants, qu'il faut éliminer), la loi votée par le peuple français est respectée, le Conseil de l'Ordre dont une des missions est de veiller à la moralité des IDE, refusera son inscription. Les établissements qui doivent exiger l'inscription refuseront de l'embaucher. Il sera néanmoins toujours possesseur d'un diplôme d'IDE...
Rien ne l'empêchera d'aller exercer un métier pour lequel la France l'a formé gratuitement, dans les pays qui sont en guerre contre les mécréants que nous sommes. En Syrie, ou au Nigeria, il ne manquera pas de boulot!