AU COEUR DU METIER

"Ce soir-là, je me suis sentie nulle, indigne et incapable..."

Cet article fait partie du dossier:

Compétences infirmières

    Précédent Suivant

Récit d'une chute, d'un cataclysme professionnel, d'une descente aux enfers jusqu'aux prémisses d'une remontée en surface... Cette infirmière aimerait, par ces quelques lignes, apporter un peu de réconfort à ceux qui, comme moi, un jour se sont sentis complètement nuls. Elle espère également que son récit sensibilisera les professionnels amenés à encadrer et former de nouveaux collègues ou étudiants en stage. Le métier infirmier est trop beau pour saccager la motivation de celui ou celle qui l'exerce...

combat, courage

"Non sans mal, j’ai osé affronter mes peurs et j’ai intégré une nouvelle équipe. Retrouver la blouse et les soins a été une grosse épreuve, mais si je voulais me laisser une chance de rebondir, il le fallait".

Notre plus grand mérite n'est pas de ne jamais tomber, mais de nous relever à chaque fois, écrit Ralph Waldo Emerson.  Il y a un an, je prenais une grosse claque, ma grosse claque, jusqu’à totalement perdre pieds. Burn out, injustice, maltraitance… et j’en passe. Autant de mots un peu violents certes, mais qui ont été les premiers à faire écho aux récits de ma mésaventure de jeune soignant. Alors que j’essayais tant bien que mal de comprendre ce qui m’arrivait, l’écriture est devenue une thérapie afin de remonter cette grosse pente qui se présentait à moi. Mettre des mots sur mes maux m’a permis de remettre un peu d’ordre dans ce chamboulement d’idées et de mauvaises pensées qui me hantaient. La plume est ainsi devenue un lien par lequel je réussissais à exprimer mon ressenti à ceux qui souhaitaient tant m’aider. Si j’ai préféré ne pas publier ces écrits comme je l’avais imaginé initialement, j’ai tout de même décidé d’en partager un résumé. La soignante un peu écorchée que je suis devenue, souhaite que, de cette malheureuse expérience ressorte quelque chose de positif. J’aimerais, par ces quelques lignes, apporter un peu de réconfort à ceux qui, comme moi, un jour se sont sentis complètement nuls. J’espère également, que mon récit sensibilisera les professionnels amenés à encadrer et former de nouveaux collègues ou étudiants en stage.

Un jour, j’ai été Major de promo ; mais ça, c’était avant…

Le calme avant la tempête...

Diplômée infirmière depuis quelques années, j’ai fait mes premiers pas de soignante à l’hôpital. J’ai rapidement été intégrée et j’ai su trouver ma place au sein d’une petite équipe, déjà bien soudée. Chaque collègue avait conscience que je n’en étais qu’à mes débuts, puisque je n’avais pas d’expérience, et a su m’encadrer et valoriser mes atouts. Au fil des mois, des années, je me suis dessinée un profil professionnel avec l'envie de mettre en place des projets de service, de m'investir pour mon équipe et d’enrichir mes connaissances en participant à des formations. Dans une période où les conditions de travail du personnel soignant sont fortement décriées, je n’ai pas hésité à interpeller mes supérieurs hiérarchiques, à écrire au gouvernement, et à défendre les idées de mon équipe devant les représentants de la direction. Autant dire que, malgré un certain manque d’assurance, je savais quelle soignante je souhaitais être et j’étais capable de défendre mes idées dans l’intérêt du patient.

Après une première expérience professionnelle en service de soins hospitaliers, j’ai choisi d’élargir mes compétences et j’ai accepté un poste en service de soins intensifs. Je voyais ce changement comme un gros challenge. J’étais consciente que mon bagage théorique et pratique était bien maigre dans ce domaine de ma profession. Outre quelques stages lors de ma formation il y a plusieurs années, le milieu des soins intensifs ne m’était guère familier et m’effrayait presque. J’en restais néanmoins très motivée à l’idée que ce challenge représentait une opportunité d’approfondir mes connaissances. C’est dans cet état d’esprit que j’intégrais ma nouvelle équipe, équipe qui allait m’encadrer quelques mois dans ce nouvel univers jusqu’à ce que j’y devienne autonome…

Je ne suis finalement jamais réellement devenue autonome dans mes nouvelles fonctions… et j’allais bientôt faire face à mon premier échec professionnel. Je n’ai pas réussi à trouver ma place au sein de cette nouvelle équipe. Consciente de mes lacunes afin d’être au niveau au sein d’un service intensif, je me suis focalisée sur toutes ces choses que j’avais encore à découvrir et à apprendre. J’appréhendais chaque nouveau jour de travail où, sans cesse, je devais faire mes preuves et affronter le regard méfiant et les remarques parfois maladroitement blessantes de mes collègues. J’avais constamment l’impression d’être à l’épreuve et je ne reconnaissais plus cette soignante que je devenais. Ma confiance en moi s’est éteinte à petit feu devant la montagne de choses que je ne maîtrisais pas, et je finissais par douter de tout, même de ce que je pensais savoir ou avais acquis auparavant.

Malgré un certain manque d’assurance, je savais quelle soignante je souhaitais être et j’étais capable de défendre mes idées dans l’intérêt du patient.

A l'heure de la dégringolade...

Après quelques mois à batailler avec moi-même pour vaincre mon stress, à étudier après mes heures de travail, à faire semblant de me sentir un brin confortable auprès de mes patients et de leur famille, j’ai fini par complètement craquer. Ce soir là, j’ai quitté l’hôpital en pleurant. J’ai pleuré pendant des heures sans réussir à parler. J’avais un mal de tête oppressant et l’impression d’avoir atteint un point de non retour sans savoir comment m’en sortir. Un entretien avec mes cadres plus tôt dans la journée avait déclenché mon lâcher prise, entretien pendant lequel j’apprenais lâchement une liste de reproches que faisaient mes collègues sur mon travail, sans jamais m’en avoir parlé directement au préalable. Mes compétences de soignant étaient ainsi remises en cause, ainsi que ma place au sein de l’hôpital. L’infirmière souriante, dynamique et motivée que j’étais a fini par totalement perdre pieds… Ce soir-là, je me suis sentie nulle, indigne et incapable. Incapable d’exercer ce métier qui quelques mois auparavant encore me passionnait. Je faisais face à un mur qui me semblait alors infranchissable. J’avais atteint un point de non retour et je ne voyais aucune solution à ce problème. Je n’étais plus en mesure d’entendre l’incompréhension et la révolte de mon entourage que j’accusais de ne pas être objectif. Je donnais tort à ceux qui me croyaient encore capable et souhaitaient que je rebondisse suite à cet échec. Le stress, accumulé ces quatre derniers mois et que je refusais d’accepter jusqu’alors, ressortait d’un seul coup. Désormais, l’idée d’être soignante m’effrayait et je souhaitais rendre définitivement ma blouse. Face à mon désarroi, mes proches, bien qu’eux-mêmes démunis, ont eu les bons réflexes et m’ont orientée et accompagnée afin de me raisonner tant bien que mal. Cette mésaventure m’aura coûté quelques jours d’hospitalisation, de nombreux entretiens avec les médecins, un traitement anxiolytique, une psychothérapie et plusieurs semaines de repos… Et oui, rien que ça. Non, le « burn out » comme on en entend parler de plus en plus, ce n’était pas que pour les autres, et malgré mon jeune âge, je n’avais pas été épargnée par cette nouvelle maladie professionnelle.

Le chemin a été long et la route un peu cabossée par moments. Aujourd’hui, je suis fière de dire que j’ai remonté une bonne partie de cette grosse pente qui s’était dressée devant moi il y a un an. Grâce à un entourage familial et amical bienveillant, j’ai su mettre les freins au bon moment afin d’espérer rebondir avant qu’il ne soit trop tard. J’ai eu la chance de bénéficier d’une ressource aussi inattendue que nécessaire : mon ancienne formatrice de l’institut de formation en soins infirmiers est intervenue. De mon lit d’hôpital jusqu’à mon retour fragile derrière la blouse, elle s’est investie pour que je reprenne confiance en moi. Grâce à elle, j’ai retrouvé petit à petit le courage d’imaginer un jour reprendre ces fonctions, qui pourtant m’effrayaient tant.

Ce soir-là, je me suis sentie nulle, indigne et incapable. Incapable d’exercer ce métier qui quelques mois auparavant encore me passionnait

Admettre que l'on n'est pas fautif...

Après la grosse phase « remise en question » et afin de relever la tête suite à cette expérience malheureuse, j’ai appris à oublier les « pourquoi ? pourquoi moi ? et si ? ». L’histoire était désormais ainsi faite. J’ai essayé d’oublier un instant la professionnelle que j’étais, afin de me recentrer sur la personne que j’étais dans mon cadre privé (et que j’avais un peu délaissée les mois précédents). J’ai appris à me définir différemment que par mon rôle de soignante : celui d’amie, d’épouse, de soeur… Puis, petit à petit, j’ai été capable de considérer l’appréciation de mes proches et anciens collègues qui me savaient compétente. J’ai doucement admis que ce qui m’arrivait n’était peut-être pas entièrement de ma faute. J’ai misé sur les choses que je savais bien faire et sur ce que j’avais fait de bien jusqu’à présent. J’ai fini par réaliser que, si tant de personnes s’investissaient à mes côtés pour que je reprenne mon avenir en mains, c’était peut-être que je n’étais pas si nulle que ça. Alors, pour avancer enfin, dans un premier temps, je l’ai fait pour ceux qui me sont chers et qui tentaient de m’aider. Grâce à toute cette bienveillance, j’ai réussi à retrouver le courage d’affronter cette épreuve et de refaire des projets afin de sortir la tête de l’eau.

Après quelques semaines de coupure, et grâce à « un petit coup de pouce du destin » (appelons ça comme ça), j’ai finalement décidé de remettre cette fameuse blouse. J’ai d’abord souhaité rencontrer ma cadre afin d’aller au bout des choses et m’exprimer enfin sur mon ressenti. Elle a su m’écouter, sans me juger, et être compréhensive face à ma situation. Puis, non sans mal, j’ai osé affronter mes peurs et j’ai intégré une nouvelle équipe. Retrouver la blouse et les soins a été une grosse épreuve, mais si je voulais me laisser une chance de rebondir, il le fallait. Je n’étais désormais plus la même soignante. Très peu sûre de moi, c’est très incertaine que j’ai remis les pieds à l’hôpital. J’étais devenue très méfiante, presque parano par instants, vis-à-vis de mon entourage de travail après la déception que j’avais connu au sein du service de soins intensifs. Je n’étais plus certaine de mes motivations et je ne savais plus si ce métier me plaisait encore après m’avoir presque détruite quelques semaines auparavant.

Affronter mes peurs en retournant travailler a finalement été une thérapie efficace. Evidemment, tout n’a pas été facile et certains moments ont refait surgir de gros doutes, mais à l’heure du bilan, je peux dire que je me suis presque réconciliée avec ma profession. J’ai retrouvé des valeurs auxquelles je m’étais attachée lors de ma première expérience professionnelle et, petit à petit, je m’intègre à ma nouvelle équipe de travail. Je réapprends à faire confiance et je ne vais plus travailler la boule au ventre. J’ai retrouvé mon ambition et cette motivation à me former davantage. Je ne vous cacherai pas que j’ai attendu un entretien avec la cadre du service, me confirmant ma bonne intégration au sein de l’équipe et les bonnes appréciations de mes nouveaux collègues, pour souffler un peu et envisager mon avenir de manière un peu plus optimiste. Au final, la meilleure reconnaissance reste celle des patients quand on vous lance un merci, vous êtes géniale !

Grâce à toute cette bienveillance, j’ai réussi à retrouver le courage d’affronter cette épreuve et de refaire des projets afin de sortir la tête de l’eau.

A toi soignant qui a lu mes lignes, n’oublie jamais d’où tu viens...

Un an plus tard, regarder en arrière me fait encore très mal et j’ai la gorge nouée lorsque je relis les premières lignes de mon passage à vide. Parfois, je me prends à dire que ça y est, la page est tournée ! Cependant, une telle expérience laisse forcément quelques séquelles et les vieux démons te rattrapent parfois très vite. Je le vis encore comme un échec dont j’ai honte. Ces quelques brèches ont un peu modifié mon identité professionnelle. Ma confiance en moi en reste encore fragilisée. Cependant, je souhaite en faire plus de positif que de négatif. J’aime à penser que mon encadrement en service de soins intensifs n’a pas été optimal mais de façon involontaire. Les remarques et attitudes de mes collègues étaient peut-être des maladresses dont on ne soupçonne parfois pas l’impact sur une personnalité un peu plus fragile.

A toi soignant qui a lu mes lignes, n’oublie jamais d’où tu viens, et surtout n’oublie pas que toi aussi tu as commencé un jour. Aie conscience que chacun avance à un rythme différent, et que ce qui te parait évident ne l’est pas forcément pour la personne que tu encadres. Fais attention aux mots que tu emploies ainsi qu’à ton attitude. Après tout, on a choisi le même métier, celui de travailler avec de l’humain. Et enfin, à toi, le soignant déstabilisé ou l’étudiant un peu malmené en stage, relève la tête, n’oublie jamais tes valeurs et pourquoi tu as choisi ce métier, et surtout, dis-toi que tu es là avant tout dans l’intérêt du patient que tu soignes, et non pour prouver quoi que ce soit à qui que ce soit (si ce n’est à toi-même que tu aimes le métier que tu as choisi !).

Creative Commons License

Retour au sommaire du dossier Compétences infirmières

Publicité

Commentaires (4)

Allo?_pital_?

Avatar de l'utilisateur

47 commentaires

#4

Suite ( suis bavard )

J'ai 15 ans de diplôme et j'ai travaillé dans plusieurs structures ( Public, Intérim et Privés)... et toujours pas de Burn-out en vue !

Voici ce que j'en retiens :

1 - La BIENVEILLANCE est VITALE et PRIMORDIALE, du recrutement, du chef de service, en passant par la cadre du service et les collègues, si elle n'est pas présente = FUYEZ !
A Vous chercher des noises et chipoter sur tout et n'importe quoi sauf sur ce qui est important, vous allez finir démotivée, désabusée et dépressive... chaque équipe à une "personnalité" et une "ambiance", positive qui vous tire vers le haut, ou négative qui vous opprime et vous tire vers le bas. S'accrocher ne sert à rien dans ce contexte, FUYEZ !! avant de devenir Négative et Maltraitante à votre tour...

2- Nous ne somme pas bon partout et nous ne sommes pas fait pour tout les modes d'exercice. Le métier est vaste, de la psychiatrie au bloc opératoire, de l'humanitaire au libéral... Chacun à sa place et est utile au service de la population. Il n'y a pas d'élites même si quelque uns manque de modestie dans certains services. Le travail en Gériatrie, en Psychiatrie, en Médecine générale, Santé publique, en Scolaire, en Soins palliatifs n'est pas actuellement bien valorisé alors qu'il est primordial à la santé et à l'humanité de notre société. Une Infirmière motivée, attentionnée et bienveillante dans ces services est autant méritante et indispensable que celle qui bosse en soins intensifs, en réa, au samu, ou au Bloc. La "haute technicité" n'est pas consubstantielle de la valeur d'un soignant et du service rendu à la population.

3 - IL Y A UNE VIE EN DEHORS DU TRAVAIL !
Conjoint, Famille, Amis, Hobbys, et votre santé : Ils sont plus important que votre carrière... C'est la différence entre un "métier" et un "sacerdoce" ! L'hôpital n'est pas votre famille, ni vos amis... C'est d'ailleurs Le point N°1.

4 - Apprenez à dire un "NON" ferme, ça soulage et ça fait du bien, vous verrez !

Allo?_pital_?

Avatar de l'utilisateur

47 commentaires

#3

Dur, Dur les jeunes diplômés... et c'est pas fini (au vu des réformes successives)) !

De mon avis, les ressources humaines et la hiérarchie de l'hôpital sont souvent "inhumaines", nous sommes des petits soldats au mieux, sinon des pions à placer pour compléter les plannings... on ne vous demande surtout pas de réfléchir ou de penser à améliorer les choses. Faites le job, avec le sourire (quoi qu'il arrive), partez à l'heure... pourvu que les statistiques et les petits camembert que votre chef affectionne soient tous au vert...

Les réformes successives de la formation infirmière ont dézingué le métier. Pour les jeunes diplômés hors la composante personnelle, c'est quitte ou double sur la formation. Tout dépend si vous tombez sur des formateurs motivés et bienveillant dans votre IFSI et sur vos lieux de stage, assez pour vous apprendre le métier dans ce compagnonnage de 3 années. Beaucoup sortent très limite au niveau des connaissances et de la pratique, ce qui majore d'autant plus le stress... et une fois diplômé, vous n’êtes plus des étudiants mais des professionnels... prompt à prendre le poste et ses fonctions.

Le doublage des premiers jours est de moins en moins répandu a vu des conditions de travail dans les services. Rare sont les collègues qui sont encore motivé pour encadrer la énième nouvelle et vous expliquer, vous décortiquer dans le détails les bases du métier, les surveillances, les soins, les traitements,... surtout si le service est lourds. La cadre vous recevra pour vous faire le bla bla habituel puis disparaîtra en réunion toute la semaine...

J'ai travaillé les 5 premières années à la sortie du diplôme au CHU de ma ville, et j'en suis partis, c'est la meilleure décision professionnelle que j'ai prise !

littlered

Avatar de l'utilisateur

2 commentaires

#2

écho

Bonsoir,
Merci pour votre témoignage. Je me permets de saisir l'occasion pour déposer mon histoire, parce que vous avez raison, mettre des mots et partager, c'est important pour continuer à avancer.
Je viens de démissionner du service hospitalier où j'étais depuis un mois et demi, juste avant de me faire virer, je pense... Diplômée depuis un an, j'ai enchainé les petits contrats, et dépensé trop d'énergie à l'adaptation permanente à des nouveaux collègues, des nouveaux outils de soin, des nouvelles pathologies, des nouvelles pratiques, pour avoir l'énergie encore le soir de faire des recherches pour améliorer ma pratique, mes connaissances, mes compétences. Après quelques mois en ehpad, je me suis retrouvée dans un service où la charge de travail est extrêmement lourde (toutes les collègues sont à 80% et font des heures supplémentaires tous les jours, mais la hiérarchie estime que tout va bien), où les patients sont instables (en soins de suite, je ne m'y attendais pas), et où les outils de travail l'entravent au lieu de le faciliter. Bilan : j'ai fini par être moins compétente qu'un ESI de première année... Je n'ai pas vécu une remise en cause aussi lourde que la vôtre, mais ça m'a convaincue que mon avenir professionnel est en ehpad, pas à l'hôpital.
Merci pour votre exemple : dans ce qu'il a de douloureux et d'encourageant à la fois, il m'incite à reprendre pied. Et très bonne continuation !

Espérance2611

Avatar de l'utilisateur

1 commentaires

#1

Sois encouragée!!!!

Salut, je viens de lire ton témoignage, ça m'a touché.
Je n'ai pas fait de burn out mais on dira pour faire bref, que je suis allée ds un service de soins qui m'a fait me sentir comme toi, nulle..
C'est pas évident, pourtant je voulais tant bien faire aussi. Mais la marche était sans doute trop haute pour moi.
Aujourd'hui je vais repartir aussi ds un autre service, et j'espère que ça ira. J'ai aussi bcp d'appréhensions, mais oui, c'est possible de se relever et de travailler ds un service qui nous convienne. On est pas tous faits pour faire des soins intensifs, même si je suis persuadée que si l'on est bien encadré, soutenu, on peut travailler n'importe où. Le plus difficile souvent c'est pas le travail, qui s'apprend, mais c'est l'équipe, qui «valide»,ou pas, la nouvelle recrue. Et si on ne t'aime pas ce sera compliqué. Et ds notre milieu de femmes au lieu de se reprendre sur les erreurs de vive voix, on préfère en parler à la cadre.
Je crois qu'il y a des équipes qui sont sympas mais on doit faire ses preuves partout de toute façon.
C'est un métier où l'on juge les pratiques. Et c'est comme cela, nous l'avons accepté lors de notre cursus, c'est un peu le contrat.

En tout cas, sois encouragée et oui ne regarde pas en arrière pour pleurer encore, mais regarde en arrière pour te souvenir comment il faut agir avec les étudiants, les nouveaux collègues.Et sache que d'avoir vécu ce burn out et t'en être sortie c'est une grâce.
Et oui, tu n'es pas qu'une soignante, la vie c'est pas qu'à l'hôpital!!!

Bonne route à toi collègue! Force et joie ds ton quotidien d'IDE