PORTRAIT / TEMOIGNAGE

Coup de gueule : elle est où ma licence d'infirmière ?

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Blogs infirmiers

Sur son blog, une infirmière libérale anonyme fait découvrir sa profession au travers de brèves de vie. Sa réflexion du jour porte sur le « fameux » grade licence attribué aux étudiants depuis 2012...

ifsi saverne etudiants

Les nouveaux diplômés de l'Ifsi de Saverne

Vous vous êtes peut-être surprise à dire aux nouveaux diplômés ou aux étudiants que vous encadrez En mon temps, on savait ce qu’était la peur de la MSP ! ou encore À mon époque, on jouait nos trois années et demi d’études sur une seule journée, le jour de notre diplôme !. Cette époque, ce diplôme, qu’on aime rappeler à la mémoire des nouveaux - au risque de nous faire passer pour des vieilles chouettes de soignantes - ne doit pas nous faire oublier un avantage qu’ils ont sur nous : ils pourront nous répondre Oui, mais nous, on a une licence !

Car oui, c’est une triste réalité : nous avons étudié pendant un peu plus de trois ans et nous ne sommes pas reconnus par l’éducation nationale comme ayant obtenu la licence en soins infirmiers, mais tout juste comme un Bac +2. Comment cela se passerait-il si je souhaitais passer un master nécessitant un Bac+3 alors que mon « vieux » diplôme n’est pas une licence ? J’ai donc fait mon enquête…

À vrai dire, j’ai eu du mal à trouver des sources, tant le sujet ne semble pas passionner les foules ! Je me suis donc tournée vers la loi et notamment le décret n° 2010-1123 du 23 septembre 2010.

Il est aussi clair qu’une ordonnance rédigée par un médecin presbyte hypotendu, et au-delà du fait  qu'il ait rappelé à ma mémoire mes cours de droit récités par un professeur tout aussi imbuvable que les textes qu’il nous lisait, j’y ai appris une chose : on ne parle absolument pas de l’ancienne réforme !  Clairement, selon les textes de loi, le grade de licence ne peut être donné qu’aux infirmier(e)s ayant eu leur diplôme après 2011. Bien, on est vachement avancé...

J’ai cherché d’autres textes de loi récents... C’est le seul. Mais ne nous avouons pas vaincu pour autant et voyons la perf' à moitié pleine et non à moitié vide ! Quel moyen donne-t-on aux « vieilles infirmières » -façon de parler-  restant pour le moment la très grande majorité des diplômées en cours d‘exercice et qui souhaiteraient passer un master ? Les universités voudraient-elles d’elles?
Alors j’ai cherché du côté de ces institutions et je me suis rendu sur le site du Registre National des Certifications Professionnelles (RNCP) auquel se réfèrent les universités françaises. Sur la fiche du métier d’infirmier(e) on se rend compte que la certification dépend encore du Ministère de l’intérieur et non de l’éducation nationale et qu’il n’est fait aucune distinction entre ancien et nouveau diplôme. Il semblerait donc que les universités pourraient accepter nos anciens diplômes... Mystère.

Il est vrai qu’il aurait été plus simple que les hautes instances nous pondent un texte officiel pour confirmer que les anciens diplômes sont à présent reconnus niveau II (Bac +3)… Du flou, encore du flou en provenance directe de ceux censés nous représenter… Et pourquoi ça ne m’étonne même plus ?

Il faut également noter une chose importante : on parle depuis le début d’obtenir un « grade » de licence… Pas de « diplôme » de licence, et ça, ça fait une énorme différence, notamment pour les infirmier(e) salarié(e)s. Pour le reconventionnement salarial, c’est le diplôme qui conditionne le salaire et non le grade. En gros, les infirmières salariées n'y gagnent pas grand chose... Comme l’explique le SNICS (Syndicat National des Infirmier(e)s Conseiller(e)s de Santé) dans l'un de ses articles : Un grade de licence revient à une universitarisation partielle de la formation infirmière : c’est une reconnaissance de niveau. [...] En outre, le grade ne permet pas de cohérence entre la licence et le master d’une part, et avec la filière de formation spécifique d’autre part. Il ne permet de fait que des choix individuels de poursuites d’études, et non une reconnaissance officielle de la filière et donc des spécialités.

... Alors on l’a dans l’os ou il serait possible de passer du grade à la licence ? Hé bien pour cela, il faudrait une filière en science infirmière. Une licence générale propre à la formation infirmière avec des passerelles d’accès à d’autres formations de santé ou universitaires. Comme l’explique le SNICS : Une licence générale inclurait les enseignements propres à la formation infirmière et des enseignements transversaux (communs à la licence des sciences de la vie, des sciences humaines…). Le programme des examens pour le diplôme infirmier serait inclus dans cette licence générale. Cette proposition lève l’obstacle de l’absence de sélection pour entrer à l’université, l’admission se faisant sur titre (BAC ou Equivalence). En effet du fait du numerus clausus, les étudiants devront avoir été reçus au concours d’entrée de la formation infirmière pour pouvoir bénéficier des unités d’enseignements qui sont propres à cette formation mais ils pourront s’inscrire aux unités d’enseignements transversaux. Cette proposition a l’avantage d’une inscription choisie d’emblée pour les études d’infirmières et non par échec au concours d’entrée (des études médicales par exemple) comme on aurait pu s’y attendre lorsqu’une première année commune pour toutes les professions de santé avait été envisagée. La formation infirmière « bi-diplômante » est donc possible : diplôme de licence et diplôme d’Etat.

Possible, mais non mis en œuvre pour l’instant. Voilà où nous en sommes : des propositions, et toujours beaucoup de questions sans réponses de nos institutions ! ... Affaire à suivre !

billet publié le 5 décembre 2014.

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Commentaires (3)

CooKerCat

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#3

Fillière santé.

Durant le dernier congrès de la FNESI (Fédération National des Étudiants en Soins Infirmier) à Nantes j'ai eu l'occasion de discuter avec un formateur de la FAGE (Fédération des Associations Général Étudiantes), étudiant en 4ème année de médecine qui travail depuis 2 ans avec d'autres étudiants sur un projet de "filière santé". Le projet serait que toutes les études de santé (les 14 professions; aussi bien médicales que paramédicales) soit regroupées au sein d'un UFR "Santé" sans concours ou numerus clausus.
Je ne peux vous donner ici les détails du projet qui est encore à l'étude mais c'est un gros projet qui, si il est suivit par les politiques, révolutionnera entièrement les études de santé en France.
Affaire à suivre.

vinca

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#2

Inscription master

J'ai souhaité m'inscrire à l'université pour passer un master éducation à la santé, mais l'université à refusé car j'étais titulaire d'un DE d'avant 2011, la seule solution était une VAE coûteuse et non garantie...du coup, les anciens DE ne peuvent pas évoluer ?

Fredide2014

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#1

Licence et grade licence

J ai passé la licence sciences et santé en meme temps que ma troisieme annee d ecole d ide en 2014. Il faut savoir que meme pour les nouveaux diplomes ayant le grade licence , toutes les filieres ne sont pas accessibles pour evoluer vers un master. Il y a des passerelles mais sans plus. A noter que la volarisation salariale n est pas effective quoiquil en soit licence ou grade licence. Ce qui vaut egalement pour la quasi totalite des DU IDE non reconnus financierement

MNH