AU COEUR DU METIER

"Elle rentre dans la chambre comme un rêve, c'est elle qui m' fait monter la fièvre..."

par .

Cet article fait partie du dossier :

Journée Internationale de l'IDE

    Précédent Suivant

Hier, 12 mai 2019, Journée Internationale des Infirmier(e)s, Bertrand Dicale, chroniqueur sur France Info, revenait au travers de son émission "Ces chansons qui font l'actu" sur "les hommages rendus aux infirmières par les artistes des musiques populaires". Un florilège pas toujours du meilleur goût et où les compétences techniques et le savoir faire de ces professionnelles de santé disparaissent totalement au profit d'autres vertus, bien moins nobles, proches du fantasme et du cliché de l'infirmière uniquement là pour faire du bien... Ces quelques extraits relayés ici en attestent...

homme pilule humour

Luis Mariano le chantait en son temps ! "De mille et une manières, mesdames les infirmières, vraiment pour me satisfaire, vous ne savez qu’inventer..."

Comme l’explique Bertrand Dicale dans sa chronique, "Ces chansons qui font l'actu", pour les artistes de sexe mâle, il y a cette solide tradition : à l’hôpital, on tombe amoureux de l’infirmière, ce dont témoigne Johnny Hallyday dans "La Blouse de l'infirmière" (1985), chanson écrite par Michel Berger, qui joue de quelques paradoxes. Elle rentre dans la chambre comme un rêve, c'est elle qui m' fait monter la fièvre...  c’est moi qui prie pour les piqûres, elle me rend malade, pourvu que ça dure !

Claude Nougaro, en 1963, dans "Pauvre Nougaro" le chante tout autant : J’ai fermé les yeux sur un mur de pierre, et les ait rouverts sur une infirmière... Sous sa blouse blanche il y avait des virages… quand je lui offrais mon coeur en pâture, elle me prenait la température…

Elle rentre dans la chambre comme un rêve, c'est elle qui m' fait monter la fièvre...  c’est moi qui prie pour les piqûres, elle me rend malade, pourvu que ça dure !

Le chroniqueur le souligne, l'infirmière est l’incarnation du dévouement, du geste bienfaisant, de l’attention à son prochain… de Luis Mariano en 1955, à Fauve à 2014, on a besoin d’infirmières… de vraies infirmières ou d’infirmières symboliques. Luis Mariano qui, dans "Chanson des infirmières", chante ceci : De mille et une manières, mesdames les infirmières, vraiment pour me satisfaire, vous ne savez qu’inventer... Le groupe Fauve, de son côté dans dans "Infirmière" (2014), modernise le propos : J’ai besoin de toi comme d’une infirmière, que tu répares ma tête et mes sentiments… que tu refasses mes stocks de sérotonine... Et Bertrand Dicale rajoutant qu’il ne s’étendra pas sur certains bienfaits que les  chanteurs attendent des infirmières d’hôpital…

En 2006, Pierre Perret, chante "La p'tite infirmière", et la truculence du chanteur est au rendez-vous, mais pas que, elle se teinte d'un message plus... politique : Y avait rien sous sa blouse et cela me faisait de l’effet … Elle me dit que venez-vous faire en ces lieux de misère, y’a plus d’lits, plus d’médocs, plus assez d’infirmières, y’a même dans un hamac l’ministre de la Santé qui a une crise cardiaque c’est bien fait pour ses pieds… Au passage Bertrand Dicale tempère et fait passer un message social, personne ne souhaite du mal à la ministre de la Santé mais tout le monde veut du bien aux infirmières, qu’il y en ait plus dans les hôpitaux, qu’elles aient plus de temps pour chaque patient, qu’elles soient mieux traitées par leur employeur, c’est-à-dire, bien souvent, la République !

Merci aux infirmières...  et merci Bertrand Dicale ! Pour le 12 mai, Journée Internationale de l'Infirmier(e), il revenait sur les hommages rendus par les artistes des musiques populaires. Lui qui précise : "de notre enfance au soir de notre vie, nous leur devons [aux infirmières] tous quelque chose…"

La dernière chanson, celle de Catherine Sauvage, intitulée "A une infirmière", en 1969, année érotique selon Serge Gainsbourg (!), prend des airs d'hommage charnel... et sensuel...  De vos douces mains demoiselles, souvent vous m’avez bien soigné, tissant, lissant de la soie frêle, avec vos dix doigts si légers. Vous veniez à pas tout petits, baissiez rideaux nous étions seuls, toilette n’était qu’alibi, le bonheur me couvrait linceul. Etendu nu le ventre ouvert, vous tiriez les draps sans retard … Vos habiles mains demoiselle, m’ont fait renaître tant d’espoir... dès l’instant où je disais, c’est elle !

Ecoutez la chronique de Bertrand Dicale sur France Info dans "Ces chansons qui font l'actu"

Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

Retour au sommaire du dossier Journée Internationale de l'IDE

Publicité

Commentaires (0)