AU COEUR DU METIER

Florence Nightingale - Les théories (8)

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Histoire de la profession

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Florence Nightingale, née le 12 mai 1820 à Florence, morte le 13 août 1910 à Londres, est une infirmière britannique, pionnière des soins infirmiers modernes et de l'utilisation des statistiques dans le domaine de la santé. Alex Attewell en dresse le portrait au travers de différents articles. Celui-ci est consacré aux théories de Florence Nigthingale.

Source : commons.wikimedia.org - La dame à la lampe, Florence Nightingale, et un patient.

Si l’on peut dire que la lampe de Florence projeta une lumière, ce fut en 1882 lorsqu’elle rédigea pour le Dictionnaire de médecine Quain deux articles intitulés « Infirmières, formation des » et « Les soins aux malades ». C’est dans le premier de ces textes qu’elle commença à décliner les qualités qu’on était en droit d’attendre d’un établissement de formation idéal, à partir de l’expérience acquise avec l’école Nightingale. La sœur résidente y exerçait une fonction essentielle. Elle avait pour tâche de consolider l’apprentissage acquis dans les salles et de surveiller le développement moral des stagiaires. Elle était en fait la première infirmière-enseignante spécialisée. Il est surprenant que Florence Nightingale ait imaginé la formation des infirmières en 1860 sans cette fonction et considéré qu’elle pouvait être remplie avec le seul concours de la surveillante générale des infirmières et des médecins.

Florence Nightingale a aussi exposé sa théorie de l’apprentissage, qui met l’accent sur l’acquisition de compétences pratiques : « L’observation nous indique comment est le patient ; la réflexion ce qu’il faut faire ; la formation comment il faut le faire. La formation et l’expérience sont, bien entendu, nécessaires pour nous enseigner aussi comment observer, ce qu’il faut observer, comment penser et ce qu’il faut penser » (Nightingale, 1882).

Pour elle, une fois qu’une infirmière « avait appris à apprendre », il fallait poursuivre le processus au-delà de la formation proprement dite. Sur ce point, elle était considérablement en avance sur son temps: « tous les cinq ou dix ans [...] une nouvelle formation est de nos jours vraiment indispensable » (Seymer, 1954, p.333). Il n’est guère surprenant que dans la dernière période de sa vie, elle se soit opposée à la certification des infirmières. Il lui semblait que ce statut officiel risquait de leur donner le sentiment que leur formation était achevée et de les rendre prétentieuses. Elle n’y voyait qu’une façon de reproduire le modèle de la profession médicale. Elle soulignait que les exigences de la fonction d’infirmière étaient différentes car ce rôle comportait une responsabilité particulière pour le bien-être des malades qu’elle estimait mieux garanti quand les soignantes considéraient plus leur travail comme une mission supérieure ou une vocation que comme une profession. Ses arguments — c’était sans doute inévitable — restèrent finalement sans écho.

Notes sur l'auteur : Alex Attewell (Royaume-Uni)

Après avoir occupé le poste de conservateur adjoint du musée d’un hôpital dans l’ouest de l’Angleterre, il est entré au musée Florence Nightingale de Londres en 1989. Membre associé de la Museums Association en 1993, il est nommé conservateur du musée Florence Nightingale en 1994. Il est souvent appelé à donner des conférences, à participer à des émissions de radio et de télévision et à organiser des expositions temporaires sur le thème qui lui est familier.

Ce texte est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée (Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol. XXVIII, n° 1, mars 1998, p. 173-189. ©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000

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