AU COEUR DU METIER

Florence Nightingale – Sa vocation (3)

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Histoire de la profession

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Florence Nightingale, née le 12 mai 1820 à Florence, morte le 13 août 1910 à Londres, est une infirmière britannique, pionnière des soins infirmiers modernes et de l'utilisation des statistiques dans le domaine de la santé. Alex Attewell en dresse le portrait au travers de différents articles. Celui-ci est consacré à la vocation de Florence Nigthingale.

Source : commons.wikimedia.org - Florence Nigthingale en train de lire.

À l’âge de 17 ans Florence eut, comme l’indique un de ses carnets intimes, une expérience mystique, une sorte d’appel profond qui allait la conforter dans la conviction qu’elle n’était pas destinée à mener une vie ordinaire. Entre 20 et 30 ans, elle eut des conflits de plus en plus fréquents avec ses parents qui voulaient la marier, mais tenant bon, elle parvint à garder son indépendance. Trouver un domaine d’action auquel elle puisse appliquer son intelligence et canaliser ses capacités intellectuelles n’était pas chose aisée. À l’âge de 30 ans, elle décrivit cette frustration en ces termes : À un moment de ma vie — j’ai assouvi ma soif de faire des études et d’acquérir des connaissances, mais cela n’a pas duré. Lorsque fut créé en 1848 le Queen’s College, qui donnait pour la première fois aux jeunes filles la possibilité de suivre un enseignement supérieur, Florence ne se montra pas intéressée : ce qu’elle voulait, c’était un domaine où elle pourrait agir, mettre à profit des connaissances déjà considérables. Elle a écrit : La première chose à laquelle je me souviens avoir songé — et la dernière — ce fut le travail d’infirmière ou, à défaut, l’éducation, mais plutôt celle des délinquants que celle des jeunes. Or, je n’étais pas moi-même formée à ces fins (Vicinus et Nergaard, 1989, p.30).

En 1845, alors qu’elle cherchait par quels moyens pratiques apprendre à soigner, Florence demanda à ses parents l’autorisation d’exercer le métier d’infirmière au Salisbury Infirmary, où un ami de la famille était médecin-chef. L’autorisation fut refusée, non pour des raisons propres à cet hôpital, mais parce que, selon ses parents, ce travail ne convenait pas à une personne du rang social de leur fille. C’était comme si j’avais voulu être fille de cuisine, commenta-t-elle. Elle conclut avec amertume que seul le veuvage ou la misère pouvait donner à une femme instruite une raison de travailler. Durant cette période difficile, elle reçut quelques encouragements de Samuel Gridley Howe, le premier Américain à s’être préoccupé de l’éducation des aveugles. Il lui conseilla de persévérer dans son idée de devenir infirmière, malgré la consternation de sa famille et de ses amis.

En 1848, Florence eut l’occasion, pendant un séjour à Londres, de faire pendant plusieurs mois la classe à des enfants pauvres (mes petits voleurs comme elle les appelait) à la Ragged School de Westminster. Cette expérience lui fit découvrir la pauvreté et voir qu’elle pouvait jouer un rôle utile mais elle fut, une fois encore, arrêtée par les objections de sa famille : Si seulement on pouvait éduquer sans se préoccuper de ce que les gens pensent ou ne pensent pas, mais en s’en tenant seulement à des notions abstraites de bien ou de mal, comme tout serait mieux ! (O’Malley, 1931, p. 151).

Notes sur l'auteur - Alex Attewell (Royaume-Uni)

Après avoir occupé le poste de conservateur adjoint du musée d’un hôpital dans l’ouest de l’Angleterre, il est entré au musée Florence Nightingale de Londres en 1989. Membre associé de la Museums Association en 1993, il est nommé conservateur du musée Florence Nightingale en 1994. Il est souvent appelé à donner des conférences, à participer à des émissions de radio et de télévision et à organiser des expositions temporaires sur le thème qui lui est familier.

Ce texte est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée (Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol. XXVIII, n° 1, mars 1998, p. 173-189. ©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000

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