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IPA : des soignants détaillent leur vision de ce futur statut

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Pratique avancée

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La pratique avancée est au cœur des discussions depuis déjà plusieurs années. L’enjeu ? Elargir compétences et responsabilités des infirmiers grâce à une formation spécifique, pour leur permettre une prise en charge renforcée et ainsi, de venir compléter l’offre de soin globale. Alors que la pratique avancée est une réalité dans plus de 50 pays, celle-ci peine encore à trouver un cadre réglementaire dans l’hexagone avec un décret d’application qui se fait toujours attendre. Pour faire le point, étudiants en soins infirmiers, infirmiers libéraux, médecins généralistes ou encore professionnels des maisons de santé ont cosigné une tribune, le 23 avril dernier, dans le Figaro. Ils y détaillent leur vision de la pratique avancée et militent pour une véritable vision concernant ce futur statut. 

Message make a difference

Ces infirmiers en pratique avancée ne prendront la place de personne, rappellent les signataires.

Le Syndicat National des Infirmières et Infirmiers Libéraux (SNIIL), l’InterSyndicale Nationale Autonome Représentative des Internes de Médecine Générale (ISNAR-IMG) ou encore la Fédération Nationale des centres de santé (FNCS). De très nombreux acteurs de la santé, infirmiers, médecins, et même des patients (représentés par la Fédération française des diabétiques), ont cosigné la tribune du Figaro. Ils y déclinent plusieurs points cruciaux à leurs yeux : l’accessibilité à la formation de pratique avancée, la nécessité d’une présence de ces infirmiers de pratique avancée dans les territoires ou encore celle de cibler les soins primaires.

Donner sa place à cette nouvelle profession

La tribune insiste d’abord sur l’importance de donner toute son ampleur à l’infirmier de pratique avancée : Cette nouvelle profession contribuera à redéfinir l’accompagnement du patient dans son parcours de santé, et ce en collaboration avec tous les professionnels de santé. Mais cela suppose que chacun – notamment les médecins- soit prêt à leur laisser une véritable place et ne les voit pas comme de simples auxiliaires ou assistants médicaux.

Cette nouvelle profession contribuera à redéfinir l’accompagnement du patient. (…) Cela suppose que chacun soit prêt à leur laisser une véritable place.

Une vision trop hospitalo-centrée des IPA

Déjà le 18 avril, une lettre ouverte adressée par 22 associations, syndicats ou fédérations de professionnels de santé à la ministre des Solidarités et de la santé Agnès Buzyn, estimait que les textes relatifs au nouvel exercice infirmier restaient trop hospitalo-centrés. Les soignants vont dans le même sens dans la tribune du Figaro, rappelant que la France se distingue aussi par sa médecin ambulatoire dite de ville et qu’il serait de ce fait tout naturel que ces infirmiers (…) aient vocation à exercer prioritairement en ville. Ils demandent aussi à ce que la mission prioritaire de ces professionnels soit tournée vers les soins primaires, c’est-à-dire la prise en charge globale de la population d’un territoire, précisant : Le suivi de pathologies chroniques, l’accompagnement dans le parcours de soin mais aussi le renforcement de leur rôle dans la prévention ou l’éducation thérapeutique sont autant de champs d’intervention dans lesquels s’inscriront les missions des infirmiers en pratique avancée.

Enfin, les signataires répondent aux réticences autour de ce nouveau statut. Si cette révolution ne peut faire l’unanimité, les infirmiers de pratique avancée ne prendront la place de personne, assurent-ils, mais viendront plutôt compléter l’offre de soin globale.

Journaliste susie.bourquin@infirmiers.com @SusieBourquin

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