PORTRAIT / TEMOIGNAGE

Pauline, une infirmière sur le Raid des Alizés 2017 !

Sur le Raid des Alizés, du 14 au 19 novembre dernier en Martinique, Pauline, infirmière de 25 ans en réanimation, participait à l’épreuve sportive à but caritatif. Avec Justine et Maêva, ses cousines, elle a soutenu une cause médicale : la lutte contre la maladie de Duchenne dont est atteint son cousin. Récit d'une courte aventure où le moral face à l'adversité fait souvent la différence !

Pauline court le raid des Alizés

Crédit - Jane Roussel - Pauline, infirmière, durant le raid des Alizés.

Pauline, infirmière de 25 ans dans le service réanimation de l’hôpital Cochin (AP-HP) a participé avec ses deux cousines Justine et Maëva au Raid des Alizés en Martinique ; une aventure nature, sportive et solidaire 100% féminine. En trio, Les Aliz'Houée ont soutenu une association reliée au laboratoire de thérapie génique de Nantes - UMR 1089 qui lutte contre la myopathie de Duchenne. Notre cousin en est atteint, on a découvert la pathologie quand il avait 3 ans explique Pauline. Aujourd’hui âgé de 8 ans, il suit un protocole expérimental qui retient la progression de la maladie. Celle-ci consiste en une dégénérescence musculaire, fatale à terme.

Tout est dans le moral

C’est là-dessus que le trio de jeunes femmes s’est appuyé pour réussir la course qui conjugue trail, VTT, canoë...  Tout est dans le moral : Quand on trouvait ça dur, on pensait à notre cousin, on se disait : « on le fait pour Clovis, lui sera incapable de le faire, on est des battantes ! » En plus, le trio de Bretonnes avait des supporters sur place. Deux oncles et tantes, un cousin et un sponsor étaient venus sur place les soutenir. A la fin de l’épreuve de course sur la plage, quand on les a vu au ravitaillement, on a failli pleurer. On était tellement contentes ! La source de motivation va même au-delà de leur histoire personnelle. Pauline raconte qu’en tant qu’infirmière, elle constate à quel point le moral de ses patients les aide à lutter contre la maladie. Parfois, quand c’était difficile, parce que le raid leur demande un effort physique très important : je pensais à mes patients, à ce qu’ils vivent tous les jours.

Pauline s’est décidée à devenir infirmière au lycée, sans savoir trop ce qui l’attendait. A la fin du premier stage, lors de sa première année de formation,elle était certaine de vouloir faire ce métier. C'est le service d'hématologie de l’hôpital Saint-Antoine, à Paris, qui l'accueille toute jeune diplômée. Puis, elle choisit de changer pour la réanimation. Au départ, c’était dur, ça demande énormément de connaissances et c’était déstabilisant. Au bout de deux ans, elle s’y sent très à l’aise, mais elle souligne que ce service est fait de beaucoup d’imprévus et d’urgences. Les longs traitements des patients les obligent parfois à rester hospitalisés plusieurs mois, les effets indésirables sont nombreux, mais Pauline est chaque fois impressionnée : ils ont le moral jusqu’au bout, ils ne lâchent rien et ne pensent qu’à l’issue et la sortie pour quitter l'hôpital. Alors, elle parle de l’inspiration que son métier lui apporte dans le raid : Ça aide à vivre avec la notion d’aléatoire. On relativise, et surtout on pense à l’arrivée.

Le Raid des Alizés 2017

Le trio Les Aliz'Houée, trois cousines dans la course

“En tant qu’infirmière, je connais les risques”

Etre infirmière sur la course peut aider parfois. Elle montre la trousse à pharmacie énorme de leur équipe : on a tout ce qu’il faut ! plaisante-t-elle. Mais plus sérieusement, elle poursuit : je connais les risques pour le corps, je sais quand il ne faut pas que j’aille plus loin, je sais aussi ce qu’il faut manger, et à quel moment, pour rester en forme pendant l’effort. Elle raconte un incident sur le parcours à vélo du deuxième jour de raid. Au premier ravitaillement, une coureuse s’est évanouie. Ce n’était qu’un malaise vagal. Comme l’explique Pauline, les problèmes de santé les plus fréquents sont la déshydratation, l’insolation, ce genre de petits malaises plutôt faciles à gérer. En l'occurrence, j’ai aidé à l’allonger, on l’a mise à l’ombre d’une voiture les pieds en l’air sur le capot. L’équipe d’organisateurs présente à ce moment-là lui a demandé si elle était en état de repartir, j’ai dit non répond Pauline. Disons qu’être infirmière me permet d’avoir des réflexes un peu plus rapides. D’autant que les équipes médicales ne sont pas présentes sur tout le parcours, l’entraide est absolument nécessaire. Cela dit, elle ajoute : Connaître les risques ne m’empêche pas d’en prendre dans la course.

Après quatre jours d’épreuves : du trail en montagne, de la course à pieds, du canoë-kayak en mer et du vélo, l’équipe de Pauline, Justine et Maëva  a terminé le raid des Alizés. Leur position finale : 26 sur 75. Une preuve s’il en fallait que le moral et la connaissance du corps comptent plus que tout dans l’épreuve.

Aventurière, sportive, courageuse, généreuse, ambitieuse, femme moderne…

logo raid alizés martiniqueVous vous reconnaissez dans cette description ? Le Raid des Alizés - Martinique  est fait pour vous ! Suivez les instructions pour vous retrouver fin novembre 2018 en Martinique et vivre une expérience 100% féminine dans un cadre naturel privilégié ! Les pré-inscriptions sont lancées ! 

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Jane ROUSSELJournalistejaneroussel@gmail.com

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