AU COEUR DU METIER

Plus d’un quart des passages aux urgences concernent des enfants de moins de 15 ans

Les enfants de moins de 15 ans représentaient 27% de l’ensemble des passages aux urgences en 2013 d’après la dernière enquête de la DREES récemment publiée. Ainsi, le taux de recours aux urgences des enfants semble beaucoup plus élevé que celui des autres groupes d’âges à l’exception des 85 ans et plus. Qui plus est, la prise en charge d’enfants se différencie de celle des adultes sur bien des points…

Plus d’un quart des passages aux urgences concernent des enfants de moins de 15 ans

La probabilité d’être hospitalisé est 1,5 fois supérieure pour les enfants que pour les adultes suite à un passage aux urgences.

Le recours aux urgences des enfants est supérieur à celui des adultes. C’est du moins ce que suggère l’enquête nationale sur les structures d’urgences hospitalières réalisée par la DREES sur des données collectées en 2013. En effet, il s’avère que 27% des passages aux urgences concernaient des enfants de moins de 15 ans, ce qui peut paraître élevé étant donné que ce groupe d’âge ne représentait que 19% de la population générale cette même année. D’autre part, les enfants se présentent aux urgences le plus souvent entre 17h et 21h, ce qui correspond à une plus faible disponibilité de la médecine de ville (…) et à une plus grande disponibilité des parents après les horaires de travail.

En outre, les recours concernent davantage la traumatologie chez les patients de 6 mois à 14 ans. En effet, elle représente 49% des raisons de leur venue. Ce chiffre atteint même 60% pour les enfants de 5 ans et plus. En parallèle, les motifs divers qui recouvrent principalement la fièvre sont à l’origine de 10% des passages.

Un avis spécialisé a été requis pour 13% seulement des enfants âgés de 6 mois à 14 ans contre 21% des patients âgés de 15 à 74 ans

Plus d’un quart des enfants attendent une heure voire plus entre l’enregistrement et le début des soins

Les enfants ne font pas exception et comme tous les autres patients, ils sont confrontés à l’attente aux urgences. Ils sont 27% à patienter au moins une heure avant le début des soins. Et pourtant, d’après les chiffres, la probabilité pour quelqu’un âgé entre 6 mois et 14 ans d’attendre une heure voire plus est réduite de 20% par rapport au groupe d’âge entre 15 et 74 ans.

Lors de la consultation, un avis spécialisé a été requis pour 13% seulement des enfants âgés de 6 mois à 14 ans contre 21% des patients âgés de 15 à 74 ans. Sans surprise, les actes les plus pratiqués relèvent de l’imagerie conventionnelle et de soins courants. Pansements, points de suture, immobilisation d’un membre, ou encore administration d’aérosols en sont des exemples. De manière générale, la durée de passage est plus courte pour les enfants. Le délai d’obtention d’un lit également surtout que la probabilité d’être hospitalisé est 1,5 fois supérieure pour les enfants que pour les adultes.

Le cas particulier des enfants de moins de 6 mois

Apparemment, 6% des enfants arrivant aux urgences ont moins de 6 mois et les motifs de leur venue sont particuliers. Les pleurs incoercibles, les troubles alimentaires, la fièvre pour les nourrissons de moins de 3 mois ou encore les sifflements respiratoires sont à l’origine de 26% des passages de cette population très spécifique. Ce même pourcentage chute à 1% chez les enfants de plus de 2 ans. Les raisons gastroentérologiques et respiratoires sont aussi plus fréquentes puisqu’elles représentent 31% des motifs d’arrivée.

Au vu de leur vulnérabilité, la prise en charge des nourrissons débute plus rapidement que celles des autres enfants mais dépassent quand même une heure pour 20% des bébés de moins de 6 mois. Cette population se distingue, par ailleurs, par les modalités de sortie des urgences. En effet, ils sont 25% à être hospitalisés à l’issue de leur passage, le taux d’hospitalisation diminuant fortement avec l’âge. Selon la DREES, des symptômes tels que la fièvre, les pleurs excessifs, les vomissements ou les maladies infectieuses (comme la bronchiolite) justifient de garder un enfant en bas âge en observation. En outre, certaines manifestations cliniques sont caractéristiques des nourrissons sans compter les difficultés pour poser un diagnostic en l’absence de communication verbale avec le patient. C’est aussi pourquoi des analyses biologiques sont bien plus souvent nécessaires pour cette population. De plus, dans certains cas, l’hospitalisation « obéit à un besoin de réassurance parentale ».

Enfin, la proportion d’enfants en bas âge est plus importante dans les points d’accueil pédiatriques. De manière générale, les patients sont davantage pré-orientés vers les urgences pédiatriques par un médecin, ils y sont plus rapidement évalués et leur passage comporte moins d’examens complémentaires que dans les autres services d’urgences.

Dommage qu’encore une fois les statistiques de la DREES bien qu’intéressantes datent de plusieurs années (ici toutes les données ont été recueillies en 2013), or au vu de la détérioration des services d’urgences dénoncée par les soignants depuis, on peut imaginer, du moins en ce qui concerne les délais d’attente, que la situation est loin de s’être améliorée.

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Journaliste infirmiers.com roxane.curtet@infirmiers.com  @roxane0706

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