PORTRAIT / TEMOIGNAGE

Portrait - Émilie, infirmière et éditrice de jeux de société

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Diabète

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Infirmière depuis 2004, Émilie Thomas a créé, début 2016, sa maison d'édition de jeux de société. L'objectif : promouvoir la santé au travers de jeux éducatifs. Rencontre.

Émilie Thomas, infirmière coordinatrice diabète d'une trentaine d'années, a lancé sa maison d'édition de jeux de société Flower Bloom en janvier 2016. Elle porte aujourd'hui une double casquette, à la fois IDE et créatrice de jeux de société, et nourrit un but bien précis : améliorer l'hygiène et la qualité de vie des enfants. Pour ce faire, Émilie a conçu un premier jeu, Taup'chrono, qui porte sur l'univers du potager et la connaissance des légumes du jardin.

Je crois sincèrement que l'on peut sensibiliser à la promotion pour la santé en utilisant l'univers du jeu et du ludique.

Promouvoir la santé grâce au jeu

Emilie Thomas

Émilie, infirmière, édite des jeux éducatifs pour promouvoir la santé

Émilie ne s'est pas lancée dans l'édition de jeux de société par hasard. Lors de mon expérience professionnelle en tant qu'infirmière en éducation à la santé, j'ai été interpellée par la méconnaissance des enfants sur les thématiques liées à la prévention santé, raconte-t-elle. J'ai donc réfléchi au moyen d'intéresser les enfants mais aussi les parents, gages de transmission, à cette problématique. Le but était d'apporter des connaissances et des clés pour sensibiliser les enfants et la population en général à l'éducation pour la santé. J'ai alors commencé à élaborer des activités et outils pédagogiques à mes heures perdues. Ainsi, la jeune infirmière décide de concevoir des jeux de société sur une approche scientifique et éducative. Une chose en entraînant une autre, elle se lance finalement dans l'autoédition. Avec cette maison d'édition, je souhaite donner une dimension ludo-éducative à mes projets, me spécialiser dans les jeux éducatifs, les axer sur les thématiques de santé publique mais aussi sur les apprentissages de base. Je puise mes thèmes dans le corps médical en y ajoutant une composante ludique, explique-t-elle.

Pour Émilie, l'éducation est l'une des clés principales pour parvenir à modifier les comportements. C'est pourquoi elle essaie de créer des jeux abordant des thématiques de santé publique. Il s'agit également d'un moyen de rendre ces notions plus accessibles et d'améliorer l'hygiène et la qualité de vie des enfants au quotidien. Je crois sincèrement que l'on peut sensibiliser à la promotion pour la santé en utilisant l'univers du jeu et du ludique, souligne-t-elle. J'ai en effet vite fait le constat qu'à travers le jeu, l'enfant parvient à acquérir des connaissances sans s'en rendre compte.

Le jeu est un outil remarquable qui a fait ses preuves auprès des enfants mais aussi auprès des adultes. Le jeu est un support d'éducation privilégié, adaptable à un patient en particulier, favorisant la complicité dans une relation duelle ou pouvant aussi être utilisé en groupe pour favoriser, entre autres, la sociabilité, assure Émilie. Il est un bon moyen d'entrer en relation avec un patient en permettant de créer des interactions, d'instaurer une relation de confiance, ce qui facilite ainsi la communication. Dans le milieu hospitalier, il dédramatise les situations et favorise la qualité des échanges. Jouer permet en effet de faire diversion et de mettre à distance peur et anxiété.

On est amenés, de par notre profession, à côtoyer des choses difficiles humainement parlant. Tout cela constitue, je pense, un socle solide pour bâtir de nouvelles choses dans sa vie et arborer une philosophie de vie plus aventureuse.

La profession infirmière, réelle source d'apprentissage

Comme l'affirme Émilie, certaines qualités sont indispensables lorsque l'on est infirmier, tout comme lorsque l'on décide de monter sa maison d'édition. La patience, le sens de l'organisation ainsi que le relationnel sont essentiels, tant dans mon quotidien d'IDE qu'en tant qu'éditrice de jeux de société, indique-t-elle.

Émilie avoue que la profession infirmière, principalement par ses aspects relationnels et humains, a sans doute joué un rôle déterminant dans son choix de carrière. On est amenés, de par notre profession, à côtoyer des choses difficiles humainement parlant. Tout cela constitue, je pense, un socle solide pour bâtir de nouvelles choses dans sa vie et arborer une philosophie de vie plus aventureuse. Comparativement à d'autre métiers, la profession d'infirmier nous permet de relativiser les choses de la vie, mais surtout de leur donner du sens. On est confrontés à des situations difficiles qui forcément nous atteignent dans notre être, en témoignent les différents mécanismes de défenses qui peuvent habiter un soignant tout au long de sa carrière. Ainsi, s'accomplir et s'épanouir prend peut-être une dimension prépondérante et plus urgente dans la vie d'un soignant. Et d'ajouter : en somme, je crois que le métier d'infirmier est une bonne école, puisque c'est l'école de la vie.

Pour le moment, Émilie continue d'exercer en tant qu'infirmière et développe en parallèle sa maison d'édition. D'autres jeux de société devraient voir le jour. Le prochain vise à enrichir le vocabulaire des enfants. La jeune infirmière travaille également à la rédaction d'histoires et de contes pour enfants qui s'inscrivent là encore dans une démarche pédagogique. Il s'agit d'éduquer les enfants sur leurs apprentissages et de leur permettre de se questionner sur le monde. Ces histoires transmettent et défendent des valeurs de partage, de courage, de volonté, de force, de tolérance, d'altruisme....

Le métier d'infirmière ouvre bien des portes, conclut Émilie. En ouvrant celle du monde du ludique, je ne pensais pas y trouver tant de satisfactions. Comme quoi, même en étant infirmière, il ne faut pas hésiter à pousser toutes les portes, mêmes celles bien cadenassées ou celles dont on n'a pas forcément la clé au départ !. Avis aux amateurs !

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Aurélie TRENTESSE  Journaliste Infirmiers.com aurelie.trentesse@infirmiers.com  @ATrentesse

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