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La santé des soignants à "cœur ouvert"

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Exercer dans le privé

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Soignant : un métier qui tient à cœur, mais encore faut-il que le cœur tienne ! En effet, si les pathologies cardiovasculaires sont de plus en plus fréquentes de façon générale, les soignants sont particulièrement impactés. Un programme de prévention élaboré spécifiquement pour le personnel hospitalier vient d’être testé Outre-Atlantique et les résultats sont encourageants.

mythe de sisyphe

Des chercheurs ont mis en place un programme de gestion des facteurs de risques liés aux pathologies cardiovasculaires pour les professionnels de santé.

Soigner, c’est donner beaucoup de soi, surtout aujourd’hui où les conditions de travail dans les établissements de santé sont de plus en plus tendues. L’état de santé des soignants, notamment leur santé cardiovasculaire est mise à mal par les contraintes importantes qu’impliquent leurs professions, notamment leur santé cardiovasculaire. Et pour cause, métier stressant, alimentation pas toujours équilibrée ou à heure fixe, manque de sommeil, tabagisme élevé… c’est une population à risque. Des chercheurs en sciences infirmières américains, conscients du problème, ont mis en place un programme de gestion des facteurs de risques liés aux pathologies cardiovasculaires pour les professionnels de santé. Ils ont décidé de le tester sur les soignants de 4 établissements d’accueil de long séjour aux Etats-Unis et à première vue cela semble efficace.

Une amélioration de l’humeur, de la qualité du sommeil et de l’hygiène alimentaire

Leitmotiv : mange, dors, relax !

L’étude étendue sur 12 mois, reposait sur une cohorte randomisée composée de 98 soignants, la moitié d’entre eux a servie de groupe contrôle et l’autre a suivi le programme en question. La grande majorité des participants était, sans surprise, des femmes (près de 90%) et les professions d’aides-soignants et d’infirmiers étaient les plus représentées (respectivement 24,1% et 22,8%).

Durant les travaux, le groupe contrôle participaient à une séance de prévention de 30 minutes pour évoquer les risques cardiovasculaires, le second groupe expérimentait le programme basé notamment sur l’hygiène alimentaire, l’exercice physique et la gestion du stress. Ainsi, durant 9 mois, les participants ont suivi des cours de diététique pour équilibrer leur régime alimentaire et les pousser à faire davantage d’activité physique. Des ateliers pour gérer les tensions et les angoisses étaient également organisés.  En parallèle, des binômes d’entraide étaient formés entre les membres du groupe expérimental et un infirmier ou un autre professionnel pour les coacher.

Les données récoltées via des questionnaires montrent que ce programme aide les soignants à avoir une meilleure hygiène de vie. En effet, les chercheurs constatent une amélioration significative de l’humeur des professionnels de santé à partir de 9 mois. La durée et la qualité du sommeil est aussi optimisée au bout d’un an et la consommation de sel chute au bout de 9 mois. Une initiative efficace qui semble potentiellement reproductible dans les établissements français. Cependant, les ateliers et les cours ayant été dispensés durant le temps de travail, cela n’est peut-être pas si évident à mettre en pratique à une période où les personnels hospitaliers n’ont parfois même plus le temps de faire leurs soins de façon optimale.

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Journaliste infirmiers.com roxane.curtet@infirmiers.com  @roxane0706

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