PORTRAIT / TEMOIGNAGE

VIDEO - Regard de patient : « parfois j’oublie que je suis greffé »

Dominique Rolin a reçu un nouveau rein il y a cinq ans. Cette greffe a changé la vie de cet homme de 62 ans en lui rendant toute son autonomie après quelques longues années de dialyse. Infirmiers.com est allé à sa rencontre, en Bourgogne. Il a accepté, avec sa compagne, de revenir sur son quotidien, avant et après la greffe.Témoignage.

C’est « Chez Dame Suzanne*», du prénom de sa mère, que nous avons rencontré Dominique Rolin. Avec sa compagne, Dalila, ils ont ouvert leur maison d’hôte au bord du canal de Bourgogne depuis le mois d’avril 2017. Ouvrir leurs portes ainsi n’aurait pourtant pas été possible il y a seulement quelques années de cela en arrière… Car Dominique Rolin, 62 ans, atteint comme son père d’une polykystose rénale, a passé trois ans en dialyse avant d’être greffé du rein il y a cinq ans. C’est cette opération qui lui a rendu toute son autonomie.

« On n’avait plus de vie sociale ni de vie de couple »

Avant sa greffe, Dominique Rolin était dialysé trois fois par semaine, cinq heures par jour… Une vie bien différente, presque exclusivement rythmée par les soins. Au début, c’est un soulagement, puisque l’organisme retrouve un équilibre, mais c’est vite l’aliénation. Pour s’aménager le maximum de temps de travail, Dominique Rolin avait choisi d’être dialysé à 16h30. Ça veut dire qu’entre les trajets, la dialyse… à partir de 15h ma journée était finie et puis je rentrais vers 23h.La dialyse était aussi synonyme de nombre d’effets secondaires (crampes, perte de sommeil…). C’est un cercle infernal, tranche-t-il. Les conséquences d’une dialyse sont importantes pour la personne concernée, mais aussi, et on le sait moins, pour son entourage. Il était blême, il n’arrivait plus à prononcer un mot, raconte Dalila qui voyait son compagnon rentrer complètement épuisé. A l’époque, Dominique et Dalila ont mis leur vie entre parenthèse. Parfois, Dominique dort une journée entière, ne trouve pas même la force de descendre déjeuner. D’autres fois, Dalila est obligée de refuser des invitations à diner car Dominique est trop épuisé pour s’y rendre. Leur vie sociale s’amenuise. Je me suis sentie souvent seule, confie Dalila. On passait notre vie à ne rien faire, résume-t-elle.

La greffe, une renaissance

Une situation complexe au quotidien qui explique à quel point la greffe était attendue non seulement par Dominique Rolin mais également par sa compagne. La greffe, on l’attend, on l’espère, se souvient-il. Celle-ci a ainsi été vécue comme une véritable renaissance par le couple. Depuis, il a retrouvé son énergie. Ensemble, ils ont pu se plonger dans les travaux et l’ouverture de leur maison d’hôte. Aujourd’hui, Dominique Rolin peut de nouveau se déplacer, s’activer, se projeter. Il a même pris la tête d’un club de rugby du côté d’Annecy, le Club 3B (pour Blanc-Bleu-Business), où il se rend deux fois par semaine. J’avais été sollicité pour en prendre la présidence, mais tant que j’étais en dialyse, ce n’était pas possible. Je m’étais donc promis : le jour où je suis greffé, j’y vais ! Ce qu’il a fait.  

*Chez Dame Suzanne, 6, chemin de halage - 21320 Vandenese en Auxois. Site : chezdamesuzanne.com

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Journaliste susie.bourquin@infirmiers.com @SusieBourquin

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