RECHERCHE

Consultations infirmières, maladies chroniques, maisons de santé...

Cet article fait partie du dossier :

Recherche en soins infirmiers

    Précédent Suivant

Quelle peut être la place d’une consultation infirmière de suivi de patients atteints de maladies chroniques dans les maisons et pôles de santé en France ? Cet article de synthèse livre quelques éléments de réflexion et de belles perspectives tirés d’une enquête menée en septembre 2011 sur le sujet.

Consultations infirmières, maladies chroniques, maisons de santé...L’irruption de la maladie chronique dans la société à cause de l’augmentation de l’espérance de vie, en dehors des phases aiguës, a désemparé la biomédecine et a généré un malaise parmi la communauté médicale et plus largement soignante. Être un malade en bonne santé est loin d’être simple. Selon le diabétologue Gérard Reach1, 80 % des rejets de greffes hépatiques ou cardiaques pourraient être attribués à la non-observance du traitement alors même qu’aucune autre alternative thérapeutique n’est possible… !
Les contraintes économiques, la désertification médicale en milieu rural, les attentes des citoyens, mais aussi leur déresponsabilisation liée pour une part à l’absence de prise en compte par le corps médical de leurs savoirs expérientiels2, l’augmentation des inégalités sociales de santé par construction ou omission3, imposent plus que jamais de réfléchir à d’autres modèles dans lesquels les personnes pourraient être plus responsables au sein d’une société, elle-même plus soucieuse de développer des conditions favorables à la santé. Société plus vertueuse si elle réoriente ses services de santé vers la promotion de la santé (Charte d’Ottawa, 1986)  et si elle ouvre une filière universitaire centrée sur les sciences infirmières comme dans les pays anglo-saxons plutôt que sur les seules sciences médicales.

« L’introduction de la complexité, des paradoxes, des contradictions dans le champ de la santé vient […] briser le dogme des certitudes. » Dr Patrick Paul

La prise en compte par les médecins généralistes de la complexité de la personne nécessite une approche globale où l’écoute doit faire place au monologue, où la pluridisciplinarité doit remplacer l’exercice singulier. Les consultations infirmières correspondent à une attente forte de la profession, car elles sont déjà pratiquées dans de nombreux pays étrangers avec succès. La réflexion sur la création de nouveaux métiers dans la santé remonte à 2002 à l’initiative du Professeur Yvon Berland remarquant qu’ « au fil du temps les professionnels ont acquis des compétences et des savoir-faire de plus en plus larges sans pour autant confier ou déléguer à d’autres professionnels ce qui pouvait l’être. »4.

Le récent rapport relatif aux métiers en santé de niveau intermédiaire5 « considère comme pertinent le dispositif d’initiations locales de coopération entre professionnels de santé prévu par l’article 51 de la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST).En décembre 2011, le centre d’analyse stratégique a remis une note d’analyse au premier ministre sur le thème des coopérations entre professionnels de santé6 dans laquelle il préconise...

Prolongez gratuitement votre lecture !

Afin de vous proposer une information et des services personnalisés, certains contenus d'Infirmiers.com sont en accès limité. Identifiez-vous pour bénéficier gratuitement de l'intégralité des articles.

Se connecter
Mot de passe oublié ?

Créer mon compte

Vous n'êtes pas encore inscrit sur Infirmiers.com ? Créez votre compte en quelques clics. C'est gratuit !

M'inscrire

Publicité

Commentaires (2)

mariet69

Avatar de l'utilisateur

5 commentaires

#2

on en est loin

on en est très loin : en libéral aucune cotation spécifique pour tout ce qui est éducation du patient, alors que ça prend du temps, plus que faire soi même le soin, aucune cotation sur le relationnel, relationnel, éducation, rôle pas toujours reconnu non plus par les médecins traitants, pour qui si on passe on doit "faire la toilette", faudrait dire aux généralistes qu'une ide ça sait faire autre chose qu'une toilette, quant aux surveillances médicamenteuses, constantes etc ça n'existe même pas dans la nommenclature. le boulot d'infirmière sera peut être intéressant dans ...20 ans ? et dans quelles conditions de reconnaissance ? (droit de prescription sans contrepartie, alors qu'il implique un minimum de remise à jour des connaissances, de formation...y a encore du chemin à faire !

christine54

Avatar de l'utilisateur

28 commentaires

#1

Faire face aux réalités

Tout à fait d'accord sur le fond avec cet article. Mais il faut faire face aux réalités et tenir compte de la spécificité française.
1- les réalités: A domicile notemment:la question du vieillissement, les maladies psychiques et le rôle des proches aidants naturels comme le manque de formation des aidants professionnels. La loi du 4 mars 2002 consacre l'autonomie du patient mais la relation soignant soigné ne se limite pas à une relation entre personnes autonomes. Il nous faut aujourd'hui tenir compte de la notion de vulnérabilité et de souffrance de certaines populations dans notre société tant au niveau social que moral, psychologique et spirituel. Jeunes,moins jeunes et immense pbme du vieillissement. A l'heure actuele, l'avenir à domicile comme en Ehpad s'annonce catastrophique.On ne peut envisager le travail des infirmières comme un simple travail 'd'éducation pour la santé' Les approches émotionnelles, cognitives,subjectives doivent être adaptées à ces réalites. Il est bien évident qu'on accordera plus d'importance aux diabétiques et insuffisants cardiaques, attentions porteuses d'économie qu'aux plus âgés..
2. Les infirmières travaillent selon deux statuts, salarié et libéral. Chacun a "ses leurres, ses limites" Le travail actuellement est un travail en surface , de plus en plus limité au"prescrit" et en deça du travail "réel" à faire pour des raisons économiques et ses contraintes statutaires Ce décalage engendre de la souffrance et ne concourrent pas à protéger les populations les plus fragiles.
Protéger? oui, nons devons être en mesure de protéger ces personnes dans un rapport aujourd'hui autre que paternaliste bref la loi du 4 mars 2002 doit évoluer: qd l'autonomie est défaillante, il faut cependant la respecter tout en protégeant les personnnes.
ivons pas dans un monde idéal. mais on ne peut accepter de prendre comme argument le motif de la crise économique pour justifier des pratiques "limites" et occultant les réalités de vie des personnes. Aux infirmière de marquer leur engagement, leur humanité dans l'intérêt pas seulement à l'égard des"éducables". Enfin le concept d'accompagnement au sens professionnel des maldes chroniques et des personnes vieillissantes doit faire l'objet dd'une réflexion et également évoluer.. Il est trop souvent considéré comme un 'plus subsidiaire" réservés aux bénévoles et non comme une véritable démarche à visée thérapeutique" D'ailleurs on ne parle plus aujourd'hui à la Has (j'ai eu des échanges à ce sujet avec eux )que d'éducation thérapeutique (incluant d'office la notion d'accompagnement mais la banalisant lamentablement" et non d'"éducation thérapeutique et accompagnement" de la personne. Sans appropriation par tous les infirmiers de cette notion "d'accompagnement" qui doit être éclaircie et qui pour moi est une posture de base antérieure à celle de l'éducateur, on risque de commettre bien des erreurs y compris en ETP où on ontiendra pas les résultats recherchés dans une société, je le rappelle, en souffrance, laquelle est déniée comme le rappelle C. Dejours.