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Se spécialiser après le DE : les bonnes questions à se poser...

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Vie pratique

Les étudiants en soins infirmiers ne sont pas les seuls à intégrer des instituts de formation. Les infirmiers diplômés aspirent eux aussi à évoluer professionnellement. Selon le document de travail « La formation aux professions de santé en 2014 » de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), 4 553 d'entre eux étaient inscrits à une formation de spécialité en 2014 (soit près de 250 de plus par rapport à 2013). Alors qui sont-ils ? Quelles études ont-ils choisi ? Et surtout… Quid des changements (et des ajustements) de la vie quotidienne lorsqu'on retourne sur les « bancs de l'école » ?

Le poste de cadre de santé de plus en plus convoité

infirmiers humour seringue

4 306 infirmiers ont suivi une formation de spécialité en 2013. Pour réussir, ils étaient particulièrement... motivés !

Puéricultrice, IADE, IBODE, cadre de santé… Les débouchés professionnels qu'offre le métier d'infirmier continuent à attirer. En 2014, selon le rapport de la Drees, les 4 553 inscrits en formation de spécialité se sont répartis de la façon suivante :

  • 1 421  en école de puériculture ;
  • 1 100 en institut de formation des infirmiers anesthésistes  (IFIA)  ;
  • 468 en institut de formation des infirmiers de bloc opératoire (IFIBO) ;
  • 1 564 en institut de formation des cadres de santé (IFCS).

Si les études en puériculture séduisent une grande partie des infirmiers, probablement par leur accessibilité immédiate après l'obtention du DEI, le métier de cadre de santé est de plus en plus convoité, mais aussi de plus en plus demandé par les recruteurs. Le nombre d'inscrits en IFCS est passé de 1 126 en 2012 à 1 564 en 2014, soit une augmentation de 39 %. Parmi ces  étudiants sont particulièrement attendus des infirmiers ayant d'importantes capacités d'adaptation, un sens développé des responsabilités, des capacités de communication écrite et orale, ainsi que des connaissances en matière de santé publique afin de comprendre le système de soins. Autant de savoirs, de savoir-faire et de savoir-être indispensables à l'exercice du métier de cadre. La plupart des infirmiers admis en formation de spécialité ont entre 26 et 45 ans. Il s'agit donc principalement de professionnels aguerris et forts en expérience. Toutefois, à un âge où ces derniers ont acquis une stabilité professionnelle, familiale et personnelle, la reprise d'études peut s'avérer très compliquée et perturbante sans une bonne organisation préalable. Par conséquent, s'aventurer dans un tel projet nécessite de bien considérer les enjeux...

 La plupart des infirmiers admis en formation de spécialité sont des professionnels aguerris et forts en expérience.

Infirmières, étudiantes, femmes et mères ou pères... : quand concilier le tout relève du défi

Ce n'est un secret pour personne : la profession infirmière est très féminisée (plus de 85%). De ce fait, les chiffres n'étonnent guère. Sur les 4 553 professionnels ayant repris leurs études en 2014, 3 565 étaient des femmes. Par ailleurs, d'année en année, elles sont majoritaires dans les quatres formations de spécialité.

Pour ces soignants qui ont décidé de reprendre leurs études, concilier leur vie personnelle, leur statut familial ainsi que leur évolution professionnelle relève bien souvent du défi. Une difficulté partagée (aussi) par les infirmiers pères de famille. Ils nous livrent leurs témoignages...

Madeline, 26 ans, étudiante puéricultrice

J'ai toujours rêvé d'exercer mon métier en pédiatrie depuis que je suis devenue maman. J'ai passé le concours d'entrée à l'école de puériculture et j'ai été admise dans un établissement situé à 200 km de chez moi. Quand je suis en stage auprès de petits qui ont l'âge des miens, je ne peux m'empêcher de me dire que je les délaisse pour me consacrer aux autres... Cette formation est une aventure humaine et je ne regrette rien. Mais jamais je n'avais imaginé qu'elle ferait office d'une telle école de vie. Durant ces études, on en apprend en effet davantage sur soi. Pour ma part, en tant que mère, j'ai découvert des facettes de ma personnalité que je ne connaissais pas...

Virginie, 28 ans, étudiante IBODE

A vrai dire je ne savais pas ce que me réserveraient cette année de formation. Je me suis juste dit que si je ne tentais pas cette  spécialité, je risquais de le regretter plus tard. Ce qui m'inquiétait le plus c'était le fait de quitter mon service et mes collègues. J'ai travaillé avec les mêmes personnes pendant 7 ans. Nous étions une équipe soudée. Certains collègues sont devenus des amis. Nous sortions et voyagions ensemble régulièrement. Ils font partie de mon équilibre. Je ne veux pas les perdre de vue. Pour l'instant je suis super heureuse de cette  année de formation mais je suis également impatiente de retrouver mon ancien train de vie. Je veux recommencer à voyager avec mes amis et m'intégrer à une bonne équipe à nouveau. Ces études demandent beaucoup de temps mais avec de bons ingrédients tels que motivation, la volonté, la persévérance et la patience, je dois pouvoir y arriver !

Patricia, 30 ans, étudiante IADE

Mon mari et moi, nous nous sommes rencontrés à l'IFSI de Compiègne. Lui voulait travailler en réanimation, moi je visais la fonction d'IADE. Aujourd'hui, j'étudie dans un IFIA à Paris, et ce pour 2 ans, mais contrairement à mes collègues, je ne bénéficie pas de la promotion professionnelle. Je finance moi-même ma formation. Heureusement que mon époux est là pour me soutenir. Mais les fins de mois sont dures puisqu'il n'y a qu'un salaire pour deux… Et quand on suit une formation, il y a des choses à payer : les frais de scolarité, les livres, le transport… D'autant plus que je fais Paris-Compiègne tous les jours en train. Je pense donc qu'il faut peser le pour et le contre avant de commencer une formation. Heureusement pour moi, j'ai la chance d'avoir un conjoint compréhensif et aidant ! IDE, il sait ce que c'est !

Sylvain, 45 ans, étudiant cadre de santé

Évoluer professionnellement à 45 ans tout en ayant une vie de famille ? Bien sûr que c'est difficile mais c'est possible ! Quand j'ai commencé mes études en soins infirmiers mes fils n'avaient que 4 et 6 ans. Et dans quelques semaines, je rempile avec l'école des cadres de santé… Alors ! Mes garçons ont maintenant 13 et 15 ans. L'adolescence... Ils ont besoin de leur père à leurs côtés. Tout est une question d'organisation. Moi j'ai différentes casquettes. Je suis un homme, un père, mais aussi un étudiant. Certes un étudiant de 45 ans...  Mais l'important c'est que je me donne à fond dans chacun de mes rôles !

Je pense qu'il faut peser le pour et le contre avant de commencer une formation...

Les questions à se poser

Le côté financier pourrait, à première vue, être le principal point à prendre en compte dans un tel projet. Pourtant, en 2014, 2 756 étudiants (soit plus de la moitié) étaient initialement agents de la Fonction Publique et donc issus de la promotion professionnelle ou de la formation continue. 468 étaient demandeurs d'emploi et percevaient une indemnité de chômage et 274 ont pris un congé de Formation Professionnelle. La question financière se pose néanmoins, puisque 666 infirmiers ont dû financer leurs études par leurs moyens personnels...

Yves Deloison, auteur spécialiste des questions liées au changement et à la place des femmes dans notre société, explique par ailleurs : Il faut commencer par comprendre les véritables enjeux de son désir de changement. A-t-on envie d'avoir du temps pour soi, de bénéficier d'une plus grande autonomie, d'un nouveau cadre de vie… ?. Ce serait donc la base de toute démarche de mobilité professionnelle. Puis, vient ensuite une autre étape. En effet, il est important de confronter le plus vite possible le rêve à la réalité pour s'éloigner de la représentation que l'on peut avoir d'un métier ou d'un statut et pour en appréhender le quotidien. Les infirmiers qui s'engagent dans une reprise d'études sans passer par ces phases de réflexion peuvent donc très vite se retrouver en situation d'échec. Alors, évolution professionnelle oui, mais tout en se posant (avant) les bonnes questions...

Quelques conseils avant d'entamer une formation de spécialité…

  • Cerner sa motivation et ses aspirations

    Les formations de spécialité durent entre 12 et 24 mois. La motivation est donc de rigueur pour aller jusqu'au bout de cette période.

  • Effectuer un bilan de compétences pour faire le point sur sa situation

    Il permet d'identifier et de valoriser ses compétences professionnelles et personnelles. Un point est fait sur les aptitudes et les motivations individuelles pour aboutir à un projet de changement ou d'évolution de carrière réaliste. 

  • Bâtir un projet solide en s'assurant un vrai soutien

    Se lancer dans la reprise d'études requiert le soutien de ses proches. D'où l'importance, avant toute chose, de les impliquer  et de valider ce projet en famille. Associer son conjoint et ses enfants permet en outre de conserver sa motivation initiale et de chasser toute culpabilité. Il n'est parfois pas facile de se consacrer pleinement à autre chose qu'à sa vie de famille.

  • Explorer l'environnement et se confronter au métier

    Avant de foncer tête baissée et de tout plaquer pour changer de métier, une exploration de l'environnement socio-économique de la profession visée est primordiale. Les débouchés et les possibilités d'évolutions futures sont également à envisager.

  • S'organiser et ne pas négliger les détails pratiques

    Tous les détails pratiques doivent être abordés. Il s'agit principalement des ressources financières, du changement de région éventuel, de la scolarité ou du mode de garde des enfants.

  • Évaluer sa situation financière et solliciter des aides

    Se former, déménager afin de suivre ses études, intégrer un cursus de formation… Autant de frais qu'il vaut mieux anticiper avant de sauter le pas. Des aides régionales et des prêts existent pour ceux qui ne bénéficient pas de la promotion professionnelle ou qui n'ont pas d'indemnité de chômage. Le tout est de se renseigner.

  • S'approprier le métier en réalisant son marketing personnel

    Avant de convaincre un jury sur ses motivations, encore faut-il avoir confiance en soi et en ses compétences. Valoriser ses capacités d'adaptation et de renouvellement peut ouvrir bien des portes. Enfin, la reconversion professionnelle doit être en cohérence avec un projet de carrière mûrement réfléchi. 

Source : Terrafemina

Lire aussi le Guide "Je suis infirmier et je me spécialise" - Les clés pour faire son choix, à l'initiative d'Infirmiers.com
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