AU COEUR DU METIER

" C'est normal, à cet âge-là !..."

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Ethique et soin

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Certaines personnes âgées en institution n'ont plus envie de rien ; d'autres souffrent de douleurs rhumatismales quasi permanentes à la mobilisation ; d'autres encore parlent de la mort comme d'une issue souhaitée ; d'autres enfin sombrent dans la démence... Toutes ces situations provoquent souvent le même commentaire désabusé de la part des soignants de proximité : " c'est normal, à cet âge-là ". Tout comme il est " normal " d'avoir de la fièvre quand on est infecté, d'avoir de violentes douleurs quand on vient de se fracturer un membre, d'avoir du sang dans les selles quand on est porteur d'une maladie de Crohn en phase aiguë, d'avoir du prurit lors d'un accès d'eczéma... Et tout comme il fut normal pendant des millénaires de souffrir lors de l'accouchement. Bref, c'est à se demander pourquoi la Médecine a voulu intervenir dans ces cas-là, puisque tout est finalement " normal " ?

femme agée fauteuil

L'âge, le grand âge... et la normalité d'être ou pas...

Cette approche fataliste des situations de santé du grand âge ne va pas sans une conséquence redoutable sur la manière d'agir en tant que soignant : elle génère ni plus ni moins un fort sentiment d'impuissance, parfois commode pour esquiver inconsciemment une réflexion professionnelle à la recherche d'un véritable projet soignant. En effet, ce sentiment d'impuissance empêche (voire dispense ?) de chercher à faire autrement, de réfléchir à un réel projet porteur de forces de vie, afin que les actes incontournables et répétitifs d'entretien de la vie ne soient pas pure routine. Ce problème est particulièrement préoccupant dans des lieux comme les institutions géronto-gériatriques, où un projet de soins porteur de forces de vie est indispensable à une efficacité humaine et globale, car s'il y a des médicaments et des techniques médicales pour maintenir la vie, il n'y en a pas pour maintenir du sens à la vie. Et comment être en santé sans maintenir du sens à la vie, à sa propre vie ?

Est-ce que le Soin doit aller jusque-là, se demanderont les tenants d'une stricte approche médicale organiciste ? En milieu géronto-gériatrique, je ne vois pas bien comment le Soin pourrait se dispenser de cette dimension-là - certes à connotation spirituelle, mais la spiritualité bien comprise n'est-elle pas une fonction de santé essentielle à une physiologie harmonieuse et équilibrée  particulièrement à cet âge-là ? Et quand cette dimension est laissée de côté,...

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