ETHIQUE

"De l'acte au Soin : une question de (bon ?) sens"

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Ethique et soin

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La mode " projet " est en pleine expansion depuis une dizaine d'année dans les Instituts de Formation en Soins Infirmiers. Lorsqu'une nouveauté se présente, le monde pédagogique ne doit pas être en reste. Il lui faut montrer sa capacité à métaboliser les concepts et à tenir le cap de la modernité. Projet professionnel, projet de vie personnelle, projet de formation - qui est autant la combinaison des deux précédents - projet de service, projet d'établissement, projet de soin évidemment (mais celui-là est déjà ancien) ! Que de réflexions, colloques, séminaires, réunions et objectifs aura produit cette culture du projet, certes, mais pour quelles avancées réelles ?

Cette question mérite d'être posée particulièrement au sein des services de soin hospitaliers, où se combinent des tâches et des activités multiples dont on peut légitimement se demander parfois à quelle finalité elles répondent... Si la question est aisée, la réponse l'est nettement moins. Bien entendu, tout le monde s'accorde à travailler pour le " bien " du malade ! Mais qu'en est-il exactement au-delà de cette nébuleuse évidence ?

Il faut admettre que les multiples tâches et activités qui font le quotidien du personnel soignant, donnent quelquefois le sentiment de faire tourner la machine hospitalière de façon autonome par rapport au malade, pourrait-on aller jusqu'à dire malgré lui ? En effet, comment le projet de vie de la personne soignée est-il pris en compte dans ce foisonnement de ruche où chacun fait de son mieux pour accomplir sa mission, en dépit des restrictions et pénuries de toute sorte ?

Posons la question autrement : une somme d'actes (dits « de soin ») peut-elle effectivement produire du Soin au sens large, c'est à dire multidimensionnel ? Ou bien faut-il quelque chose en plus pour atteindre cette véritable dimension soignante et quoi ? Pour véritablement soigner, c'est un projet centré sur la personne et son projet de vie qu'il faut comme outil pour penser les soins. Pas un projet essentiellement curatif, occupé à réparer les dysfonctionnements organiques et/ou à en faire taire les symptômes, en appliquant des protocoles diagnostiques et thérapeutiques stéréotypés.

Le symptôme est presque toujours un révélateur de la subjectivité propre à un individu, en quelque sorte une quête plus ou moins consciente d'un sens à construire ou à reconstruire. Mais comment la bio-médecine organiciste peut-elle faire place dans son projet à une approche à connotation si ouvertement " psy " ? Comment l'hôpital tout entier centré sur un plateau technique toujours plus performant, peut-il faire place dans son projet curatif à la singularité fragile du sujet malade,...

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