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Rapport Berland, une expérimentation vue par une infirmière

Cet article fait partie du dossier:

Coopérations interprofessionnelles

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Après un rappel historique et législatif, nous aurons le plaisir de nous entretenir avec Chantal Riou, infirmière clinicienne au cœur d’une des expérimentations en cours.

1) Rappel historique de l’expérimentation

  • MARS 2003 : mission confiée au professeur Berland, suite à une première mission sur la démographie des professions de santé.

    Voici un extrait de la lettre de mission : « … vous étudierez de manière systématique les coopérations qui pourraient être organiséesdans notre pays entre les médecins eux-mêmes et entre les médecins et les autres professions médicales et paramédicales. »
  • OCTOBRE 2003 : rapport d’étape. Deux orientations sont définies :

    - Appui d’une activité médicale spécialisée par des partenaires médicaux ou paramédicaux naturels (exemple : orthoptiste pour l’ophtalmologiste) ;
    - Partage de compétences avec de nouveaux professionnels dont le métier est à construire.

    La notion de « nouveau métier de soin » est développée, et notamment le métier d’infirmière clinicienne spécialiste. Voici l’extrait concernant ce nouveau métier en gastro-entérologie :

    « Il pourrait être confié à des Infirmières Cliniciennes Spécialistes sous l’autorité des médecins spécialistes :

    - Le suivi des maladies chroniques : hépatite C, patients cirrhotiques, patients atteints de maladies inflammatoires chroniques et de l’intestin ;
    - Le suivi des patients atteints de cancers digestifs et soumis à des endoscopies itératives ;
    - La réalisation des examens d’exploration fonctionnelle digestive. »
  • AOÛT 2004 : l’expérimentation est prévue dans la Loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique, article 131. On parle alors de coopération entre professionnels de santé ce qui sous-entend une nouvelle répartition des activités soignantes entre les différents professionnels impliqués et pas un simple transfert d’actes.
  • DÉCEMBRE 2004 : l’arrêté du 13 décembre 2004 relatif à la coopération entre professionnels de santé précise les modalités des cinq expérimentations mises en œuvre.
    Détaillons l’expérimentation n°3.
    Il s’agit de l’expérimentation d’une infirmière clinicienne spécialisée en hépato-gastro-entérologie au sein du CH de Montélimar sous la responsabilité du Docteur Nallet et avec Chantal Riou, infirmière.

    Lieu de l’expérimentation Service de gastro-entérologie, CHG de Montélimar
    Professions de santé concernées Médecin et infirmier
    Patients concernés
    Patients atteints du virus de l’hépatite C, stabilisés
    Actes concernés par l’expérimentation et faisant l’objet d’un transfert à un professionnel de santé non médecin Consultation
    Examen clinique du patient, interrogatoire
    Evaluation de la situation clinique du patient et diagnostic de la situation
    Vérification des critères biologiques
    Adaptation de la prescription médicale dans le cadre d’un protocole médical
    Prescription de médicaments spécifiques dans le cadre d’un protocole
    Prescription d’examens complémentaires et d’actes précis dans le cadre d’un protocole médical. Informations concernant la pathologie et le traitement
    Conditions de mise en œuvre
    L’infirmier assure certaines consultations intermédiaires, dans le cadre d’un protocole médical, et en collaboration avec le médecin
    Modalités de l’évaluation
    Modalités de l’évaluation Evaluation de la faisabilité
    Résultats médicaux
    Organisation
    Impact économique
  • MARS 2006 : l’expérimentation est reconduite et renforcée (arrêté du 30 mars 2006 modifiant et complétant l'arrêté du 13 décembre 2004 relatif à la coopération entre professionnels de santé)
  • JUIN 2006 : le professeur Berland et le docteur Bourgueil présentent un rapport sur les 5 premières expérimentations.
    http://www.sante.gouv.fr/ondps/rapport_cinq_experim_juin2006.pdf
    La conclusion de ce rapport pour l’expérimentation détaillée ci-dessus précise la faisabilité de cette expérimentation et la possible création du métier d’infirmière experte capable de suivre des patients chroniques.
  • AVRIL 2008 : la Haute autorité en santé (HAS) publie une recommandation de 62 pages : « Délégation, transferts, nouveaux métiers… Comment favoriser des formes nouvelles de coopération entre professionnels de santé ? ». Recommandation HAS réalisée en collaboration avec l’observatoire national des professions de santé (ONDPS).

2) L’expérience vue par l’infirmière

Infirmiers.com remercie Mme Chantal RIOU, infirmière clinicienne, pleinement concernée par cette expérimentation, qui a bien voulu répondre à nos questions.Quel est votre parcours professionnel ?Diplômée d’État infirmière depuis 1980, en exercice au centre hospitalier de Montélimar dans la Drôme, depuis 28 ans. Après avoir débuté en cardiologie pendant sept ans, puis un an de bloc opératoire, trois ans dans un service de réanimation polyvalente et deux ans dans le service...

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Commentaires (2)

jjland83

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262 commentaires

#2

Certes

Ce qui serait encore plus intéressant c'est que la profession infirmière s'empare de cette possibilité d'évolution de carrière au lieu de la rejeter par jalousie, méconnaissance ou je ne sais quoi. Bien sur la rémunération devra suivre quand on pourra montrer le gain obtenu par l'ensemble du système de santé.

rmy

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1 commentaires

#1

reconnaissance de l'approche infirmière

Très interessant, encore faut-il que la rémunération soit en conséquence !