DOCUMENTATION

A l'heure de ma première prise de poste...

Julie à été diplômée en avril 2012. Elle nous livre son témoignage sur la façon qu'elle a eu d'envisager son premier poste. Entre entretiens d'embauche, déménagement et choix final. Nous la remercions de partager avec nous ses états d'âme et nous lui souhaitons bien évidemment une longue carrière.

A l'heure de ma première prise de poste« Mon diplôme a coïncidé avec un grand bouleversement dans ma vie : quitter mon Nord-Est natal pour le Sud de la France, les pieds dans la Méditerranée. Je suis donc partie en chasse d'un travail dès la fin décembre 2011. J’ai eu des réponses assez rapidement : la première après deux jours seulement, les autres ont suivies durant la période des fêtes. Je suis arrivée à organiser mes entretiens d’embauche durant mes quelques jours de congés à la fin février 2012. Encore fallait-il être diplômée ! J’ai passé la MSP du DE fin janvier 2012, la soutenance début mars pour avoir les résultats le 23 avril 2012. Malgré la longue attente des résultats, il fallait faire des projets et penser à l’avenir : ce que j’aime appeler des « plans sur la comète. »

Les entretiens d’embauche

J’ai passé cinq entretiens en trois jours dans quatre villes différentes. C’est à ce moment-là qu’est venue l’heure du choix. Sur mes cinq entretiens, on m’a proposé quatre postes (le dernier établissement n’avait pas de poste disponible) ; des postes tous aussi intéressants les uns que les autres avec des spécialités qui me plaisaient et où j’avais envie d’évoluer. J’ai donc pris en compte le cadre de vie. Une fois le choix fait, il me restait à attendre les résultats du diplôme. À la mi-avril, je suis retournée dans le Sud pour y trouver un logement. Après neuf appartements visités et un coup de cœur, j’ai trouvé mon bonheur.

Les résultats

Nous sommes le 23 avril 2012, les résultats tombent à 14 heures. Si l’IFSI appelle, ce n'est pas bon signe, d'autant qu'ils le font à la dernière minute... Je sursaute à chaque texto ou appel. La matinée est horrible et très longue. Arrivée devant l’IFSI avec une amie, nous sommes vite rejointes par les filles de la promo. Nous n’avons qu’un mot à la bouche : stress. 14 heures, la directrice nous fait rentrer dans le hall, nos formatrices référentes sont à ses côtés. Elle nous annonce qu’il n’y aucun échec dans la promotion et que tout le monde est « infirmier diplômé d’état ». Et là, cri de joie ! À l’heure de la haute technologie tout le monde appelle, « textote » pour communiquer ses résultats... certains fondent même en larmes, de joie bien entendu. Je me dis que tout ce que j’ai entrepris ces derniers mois portent ses fruits, que c’est sûr je déménage : il faut que je rentre chez moi faire mes cartons ! Mais avant, on boit un verre en compagnie des formateurs et on prend les dernières photos de groupe. J’ai déménagé deux jours après l’annonce des résultats… À moi la nouvelle vie dans le Sud de la France !

« On me fait rapidement confiance et je me sens bien »

Mes deux premiers jours

J’ai commencé le 2 mai 2012 dans un service de médecine avec des lits de soins palliatifs. Cela rentre dans mon projet professionnel. Le service est divisé en deux secteurs avec une dizaine de lits pour chaque infirmier. Il y a un médecin dans chaque secteur, très proche de l’équipe de soins et des familles. Je me sens complètement perdue, pas pour les soins mais au niveau du fonctionnement administratif de l’hôpital. L’après-midi commence (elle passera d’ailleurs très vite), je suis doublée. Je ne me sens pas infirmière mais l’équipe me montre que je le suis et cela change tout ! On me fait rapidement confiance et je me sens bien. Le lendemain matin, je suis doublée par un infirmier diplômé seulement depuis novembre 2011. Il a du mal à m’encadrer puisqu'il y a peu de temps, il était encore étudiant. Le matin m’angoisse beaucoup plus, la charge de travail est plus dense avec la visite du médecin. Je me rends compte que relever la visite, faire les changements de traitements... prend beaucoup de temps. Je n’ai jamais connu cela en tant qu’étudiante ou alors très rarement. De quatre patients en charge lorsque j'étais à l'IFSI, j'en ai maintenant dix. Au bout de ces deux jours d'encadrement, je suis maintenant seule et d’après-midi . La collègue qui me fait les transmissions (c'est celle qui m’a encadrée le premier jour) sent que je suis stressée et me rassure. Elle me dit : « si tu finis ton premier tour à 17 heures ce n'est pas grave, prends ton temps ». Elle tient à m’aider, à préparer les soins du premier tour. Je me rends compte de la responsabilité qui m’attend. Je suis seule maître à bord (même si je sais que ma collègue viendra m’aider si j’ai un souci). Je commence mon tour, tout va bien. Il ne me reste plus que quelques patients lorsque ma collègue du premier secteur qui a terminé me propose son aide. Le reste de l’après-midi suit son cours, tout s’est bien passé. Cependant, une chose me perturbe beaucoup et je dois bien mettre quelques secondes à réaliser que l'infirmière c'est moi ! Quand on me demande « où est l’infirmière ? » Et bien c'est moi !

Des expériences multiples... et rapides !

Tout s’est déroulé comme prévu au niveau des soins. Certains patients ne sont pas faciles à piquer mais je prends mon temps. Le stress est présent mais j’aime mon métier et je suis fière d’être à la place où je me trouve. Mon premier matin a eu lieu un dimanche, j’ai de la chance il n’y a pas de visites ce jour-là. Par contre le second matin, si. J’ai donc l’impression de courir après le temps toute la matinée, mais mon organisation me permet au final de m'en sortir. Je suis dans une équipe formidable, qui m’a très bien accueillie, je me sens totalement à l’aise. Et surtout ce qui me semble important, c’est qu'en cas de doute ou de questions, il y a quelqu’un de disponible pour me répondre.

Un mois après ma prise de poste, j’ai effectué deux nuits. J'ai beaucoup stressé à l'idée de me retrouver seule dans un service. Je me souviendrai longtemps de cette première nuit. Tout a commencé avec une admission des urgences, une transfusion de deux culots de sang et s'est terminé avec un premier décès à gérer... Toutes les nuits se suivent mais ne se ressemblent pas, celle d’après fut calme, très calme même.

Quelques jours après ma prise de poste, j’ai encadré une étudiante en soins infirmiers en fin de formation, je ne me sentais pas forcément très à l’aise. Encadrer quelqu’un d’autre n’est pas évident quand on a encore l’impression de s'encadrer soi-même. Pourtant j’ai apprécié. Pourquoi pas être responsable d’encadrement ? Partager ses connaissances et apprendre en retour des étudiants est très enrichissant.

Pour conclure

Voilà cinq mois que je suis diplômée. Je suis issue de la dernière formation avant la grande réforme des études en soins infirmiers. Mon insertion dans le monde du travail et dans ma nouvelle vie s’est bien déroulée. Je trouve ma place et je me sens bien dans cette équipe. Je n’ai pas le temps de m’ennuyer durant mes heures de travail car la charge de travail est souvent lourde. Avec l’arrivée des premiers diplômés de la nouvelle réforme, je ne suis plus une jeune diplômée pourtant, dans ma tête si, et je continue à apprendre tous les jours. Je cherche d’ailleurs à poursuivre mon apprentissage grâce aux formations que propose l’hôpital sur les soins palliatifs ou la douleur qui ont une place importante dans le quotidien de mon service . J'évolue tous les jours et j'en suis heureuse ».

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Infirmière Diplômée d’État
Septembre 2012

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Commentaires (1)

Wolfen

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3 commentaires

#1

Premiers pas en tant qu'IDE

Sympathique ce témoignage, je me retrouve assez dans cette description des premiers pas en tant qu'IDE. Personnellement, l'évolution ESI -> IDE ne s'est pas fait instantanément mais a été progressif.

En tout cas, même si lors des stages on prend conscience de la réalité du temps, c'est une fois diplômé que l'on se rencontre des responsabilités que l'on a ainsi que le charge de travail.