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Humeur - Le miel et les abeilles...

La publication du dernier arrêté fixant le quota d’entrée en formation infirmière à 30 846 places pour la rentrée 20111 a donné lieu à un communiqué de presse2 pour le moins étrange de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) le 28 juin dernier.

quota entree en formation infirmiereRaccourcis faciles ou provocation, la lecture de ce communiqué laisse perplexe. Ainsi, il serait possible, en toute simplicité, de résorber une partie du chômage des jeunes en leur offrant une formation infirmière facilitée, sans cette sélection jugée trop sévère, avec une durée moins longue, une formation abandonnant le principe de l’alternance au profit de l’apprentissage, et bien entendu cela résoudrait les difficultés de recrutement dans les établissements privés de santé. Mille excuses si je résume ainsi ce communiqué, mais la caricature d’une caricature reste une caricature.

Un quota ?

La définition de ce quota est le fruit d’un équilibre délicat. On ne peut pas former plus d’étudiants que l’appareil de formation ne le permet. Et n’en déplaise à qui que ce soit, la formation infirmière depuis 1992 - et plus encore avec le programme de 2009 - se fait pour moitié dans les établissements de santé. Il n’est donc pas raisonnable de se plaindre, d’une part d’un manque de personnels et, dans le même temps, de vouloir confier à des personnels en sous-effectif plus d’étudiants à encadrer et former. Former plus reviendrait à moins bien former.

Ainsi, s’il s’agit de garnir les services avec de la main d’œuvre non qualifiée pour faire le chameau coureur, porter tubes et prélèvements au labo, emmener les patients en radiologie, ranger la salle de soins ou la réserve, trier les classeurs et autres paperasseries, alors oui, ouvrons en grand les vannes de la formation infirmière, résorbons le chômage des jeunes, alimentons les services de ce flot d’étudiants « à tout faire », tout sauf des professionnels infirmiers qualifiés.

Les difficultés de recrutement sont fortes. Est-ce une raison pour brader les formations de ces professionnels ? A t-on entendu quelqu’un proposer de modifier la formation médicale en raison de la pénurie médicale ? A t-on entendu quelqu’un proposer de supprimer le numerus clausus, de réduire le temps de formation médicale ? Non. Par contre, on voit ici et là des efforts des collectivités ou des établissements pour séduire le professionnel manquant. Si vous voulez attirer des infirmiers à vous, ouvrez le pot de miel et surtout mettez du miel dedans. Ces infirmiers dignement reconnus, rémunérés et valorisés, vous aideront ensuite à fabriquer votre miel, telles de bonnes abeilles. N’oublions pas que ce sont les étudiants eux-mêmes, lors de leurs stages, qui font et défont la réputation des établissements et des services.

Un étudiant qui sera bien accueilli en stage, qui sera considéré et respecté, qui bénéficiera d’un encadrement formateur, qui pourra apprendre et comprendre son métier infirmier, aura certainement envie de revenir travailler là une fois diplômé. Cet étudiant vous aidera à attirer vers votre pot de miel d’autres étudiants, d’autres futurs diplômés. C’est ainsi que les beaux essaims se constituent. L’étudiant infirmier, l’infirmier diplômé et l’abeille ont en commun la faculté de voler de site en site à la recherche des meilleurs supports, du meilleur pollen, de la meilleure ruche ou du meilleur service. Le butinage des abeilles se traduit par le turn over des infirmiers.

Des mouches qui feraient du miel ?

Sans vouloir offenser la communauté des mouches, les abeilles ont une qualification particulière, adaptée à leur mission de faire du miel. Vouloir réduire le niveau de formation des infirmières, c’est comme demander à des mouches de faire du miel. Ça ne marchera pas. Il est étrange que la Fédération de l’hospitalisation privée veuille une réforme de la formation des personnels paramédicaux infirmiers tirée vers le bas, alors que cette formation vient d’être tirée vers le haut avec la mise en place du programme de 2009. Que cet article soit une invitation au débat et à la précision des idées perçus dans ce communiqué de presse.

Notes

  1. Arrêté du 1er juin 2011 fixant le nombre d’étudiants à admettre en première année d’études préparatoires au diplôme d’Etat d’infirmier, JORF n°0143 du 22 juin 2011
  2. http://www.fhp.fr


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Responsable formation IZEOS
jerome.clement@infirmiers.com

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Commentaires (15)

SuperFraise

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#15

Parfois des classes belges ou les 3/4 des élèves sont français

La simple raison de ce "quota" des élèves Français en Belgique ramène au problème de concours en France..
Que dire à un jeune qui doit attendre un an à chaque fois pour repasser le concours? Des camarades ont repassé deux, trois voir quatre fois le concours! Trouvez vous ça normal?

C'est tout de même des années d'études, voir de travail perdues! Les écoles d'infirmiers, de kiné, de médecine, de vétérinaires et j'en passe sont remplis de français... Pourquoi en arriver là? Il y a parfois des classes ou les 3/4 sont français... Je pense que les français seraient dans ce cas ils auraient très vite fermés leurs écoles aux étrangers!!

Il n'y a pas de concours en Belgique mais la sélection se fait durant les études, ce qui, a mon sens, rend les élèves plus combatifs et motivés.

Après chacun son avis, celui-ci n'engage que moi, je tiens simplement à préciser que je ne suis pas la seule à le partager!

jjland83

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#14

Belgique

Super fraise, il n'y a pas de concours en Belgique, certes, mais que pensez vous du tirage au sort qui est fait pour limiter le nombre d'inscrits en Belgique ?
Sur quels critères dites-vous que les infirmières belges sont meilleures que les françaises ? Pour les recruteurs suisses, pays de la neutralité, leur préférence va vers les IDE françaises.

SuperFraise

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#13

Affligeant.

Il faut qu'ils arrêtent de faire croire qu'un concours régule le nombre d'infirmières en France, c'est du grand n'importe quoi!

En Belgique il n'y a pas de concours, est-ce pour autant qu'ils sont en surnombre d'infirmiers? NON, mais ils sont de meilleure qualité, ça.. c'est clair! Et cette histoire de réduction du nombre d'étudiants pour une meilleure qualité des études ça aussi c'est une grosse blague! Il y a de gros problèmes dans la formation des étudiants infirmiers en France, dans leur encadrement lors des stages surtout, ils finissent blasés avant même de commencer leur métier si c'est pas représentatif... ça!

Les français devraient arrêter de s'imaginer que leurs études d'infirmière sont de grande qualité, vu que ce n'est PAS LE CAS! Une remise en question est nécessaire mais on en est loin.. Trèèèès loin!

jjland83

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#12

Lourd...

Dois-je accepter que le pseudo "Bistouquette" ne soit pas dans le pré-pubère ? Encore une fois, lisez vos messages privés et traitez en privé vos échanges privés. Vous devenez un peu lourdaud.

Le fond du communiqué de presse est un vrai sujet de discussion. L'idée que l'infirmière n'est qu'une main d'oeuvre bassement qualifiée ne nécessitant pas le dispositif actuel de formation, est au moins du niveau maternel, et clairement ante-pubaire. Il est là le débat.

Bistouquette

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#11

Fond du sujet

"Tout ça pour dire qu'une fois de plus un sujet professionnel est tourné en publication pour grand public pré-pubère.
Vous confondez pédagogie et infantilisation."

En lisant plus attentivement je suis certain que vous trouverez tout seul des réponses à vos questions.

jjland83

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#10

Savez vous lire Bistouquette ?

Vous continuez dans le personnel... Relisez la charte de cet espace d'échanges et prenez la peine de lire vos messages privés. Et si vous avez des commentaires privés à faire, faites les en privé. Ca n'intéresse personne d'autre que vous.
C'est bon on peut revenir au fond du sujet ?

Bistouquette

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#9

Ennuyeux ?

Cher JJ land et auteur de ce "billet d'humeur".
J'ai peine à croire que vos messages privés m'intéressent au point d'y répondre.
Mon compte étant assez vieux pour prouver certaines choses, n'y voyez donc aucune attaque personnelle quand on discute de la "qualité" de vos publications.
Ou alors ne publiez plus. Ce qui est aussi une solution.
Tout ça pour dire qu'une fois de plus un sujet professionnel est tourné en publication pour grand public pré-pubère.
Vous confondez pédagogie et infantilisation. Rassurez-vous, on vous aime comme vous êtes.

elhombredelamancha

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#8

aouch ^^

"certain nombre" suffira sans les "s" . desole ^^

elhombredelamancha

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#7

huuum...

juste 2 remarques :
que la penurie aie ouvert en grand les portes des ifsi a un certains nombres (croissant) d "erreurs de casting" , cela est deja une realite . il y a un cote cocasse a comparer notre formation , initialement diplomante pour la quasi totalite des eleves , a la formation universitaire dans laquelle on a voulu la couler a toute force (et sans grande pertinence sinon d equivalences europeennes fictives...) , laquelle est la plus grande machine a rejeter des eleves vers la societe sans diplome . chacun en concluera ce qu il voudra , pas sur que la formation IDE gagne sur le terme a integrer cette machine a fabriquer de l echec scolaire .
ensuite , que la formation soit "tiree vers le haut" , cela reste a demontrer . il conviendra de tirer un bilan le moment venu de la reorganisation des etudes . d ici la , la consultation du forum ESI montre que cette reorganisation semble en pousser un certain nombre vers la sortie , decus du contenu des etudes . le transfert de responsabilite dans l apprentissage qui se fait sur le dos des IDE et visiblement sans le moindre apport pedagogique semble avoir genere un nouveau clivage entre anciens et futurs DE , la ou cette reforme clivait deja sur la reconnaissance du diplome . de plus , la pseudo intellectualisation voulue se fait au detriment des apports theoriques fondamentaux . on peut encore largement stigmatiser la restructuration du temps de stage , qui fait l unanimite contre elle .
etc etc etc ; en l etat , il n y a vraiment pas de quoi parler de formation "tiree vers le haut" ... mais si cela satisfait ceux qui ne travaillent plus en service et revent d un avenir administratif meilleur , alors tout va surement pour le mieux dans le meilleur des mondes ...

jjland83

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#6

C'est ennuyeux...

Vos critiques à mon encontre deviennent lassantes. Je vous invite à lire vos messages privés et à me répondre en privé. Mais a priori vous avez créé un compte pour jouer les maladroits critiques et vous ne prenez pas la peine de répondre à mes quelques questions. Vous restez à mes yeux une petite bistouquette anonyme. Grandissez.

Un communiqué de presse étant adressé à toutes les rédactions ayant un intérêt à en prendre connaissance, il est rassurant d'apprendre que d'autres rédactions ont eu une réaction similaire à la notre. Ceci dit je ne suis pas sur que la majorité des infirmiers a pris connaissance de ce communiqué. Alors nous avons communiqué sur ce communiqué. Les infirmiers sont effectivement assez grand pour exprimer dorénavant leur propre avis et prendre connaissance de ce communiqué.

Bistouquette

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#5

Pâle copie ?

Bonjour,
votre article ressemble à une copie de celui d'Actusoins du 2 juillet http://www.actusoins.com/8088/letrange-programme-de-la-federation-de-lhospitalisation-privee-pour-les-etudes-infirmieres.html mais invite également au débat.
Ceci dit moi qui croyais que nous allions avoir droit à un édito de la nouvelle rédactrice en chef, je suis déçu.
Enfin, pas autant que la comparaison/image confrères = essaim d'abeilles et pot de miel. Avec les mouches autour.
Chapeau bas monsieur le "journaliste" ! Vous nous prenez (aussi) pour des imbéciles à penser que les IDE ont besoin de tels écrits pour comprendre ?
Votre caricature énerve vos confrères, pas la FHP.

PS: pour ceux qui cherchent à écrire au Président de la FHP: jeanloup.durousset[at]fhp.fr C'est une adresse publique.

Merci d'éviter la censure, ça vous changera.

jjland83

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#4

Bradons bien sur...

Supprimer le concours ? Très bien. Vous pouvez faire une sélection en fin de première année "généraliste". C'est ce qui se prépare pour la future L1 paramédicale (qui ne concernerait pas les infirmiers) ou alors faire un tirage au sort (bonjour l'égalité et la reconnaissance des qualités à un moment donné). C'est un faux problème et vous ne trouverez aucune statistique pour raconter qu'il y aurait dans les Ifsi français des favorisés titulaires de diplômes universitaires par rapport à de simples bacheliers. Et si on va au bout de ce raisonnement il faudrait prévoir un diplôme minimum et aussi un diplôme maximal pour présenter tel ou tel concours. Ne rêver pas, la sélection existe partout, mais à des temps différents.

Ce qui est dramatique c'est qu'un étudiant infirmier puisse donner raison à ce type de réflexion, supprimons le concours. Allez jusqu'au bout, supprimons aussi ces formations trop longues, trop intenses et trop couteuses. Bradons à tout va. Mais que personne ne vienne se plaindre demain d'une déconsidération totale de cette profession qui peine déjà à se faire entendre.

Il serait intéressant d'avoir des commentaires supplémentaires ou des explications sur ce communiqué de presse. Après tout il y a peut être des raccourcis mal formulés. L'idée de l'apprentissage est peut-être à creuser pour éviter un coût de la formation parfois insurmontable par les étudiants. Mais à mon avis la formation en alternance est déjà une formation par apprentissage.

A suivre donc.

christian_troy

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#3

Oui a la suppression du concours

Totalement d'accord avec la FHP ,non seulement il est parfaitement risible et inadmissible que la France continue à s'enfermer dans cette logique de concours qui ne mène a rien mais en plus on m'avait dit , mais je dois être naïf, que le concours sert a rétablir l'égalité des chances, or comment cette égalité des chances est respectée quand on a des candidat(e)s qui sont déjà titulaire de plusieurs diplômes universitaire (loin d'être les meilleurs) au détriment du jeune bachelier.Je m'interroge aussi sur ce qui se passe dans le reste de l'Europe pas de concours mais des étudiant(e)s de qualité,comme quoi...La seule vertus du concours c'est d'engraisser les prepa et autre éditeur de livre.

Sancho

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#2

FHP = Bande de naze...

Encore une fois la logique franco française qui ne se pose toujours pas les bonnes questions??

Pourquoi les infirmière française partent à l’étranger exercer ?? (Par exemple)

Travail reconnu à l'inverse de la France
Salaire plus important que la France (C'est pas très difficile)
Condition d'exercice meilleur.

Comment vous dire simplement, Monsieur et Mesdames les bureaucrates de la FHP, occupé vous de vos entreprises et laisser les infirmiers gérer leurs système d’études et leur profession et leur avenir.

On ne parle pas de ce que l'on ne connais pas, comme ça on évite de faire des conneries...

J’espère que les syndicats infirmiers ou même les autres vont réagir à ce communiqué de mer.. .

Ce communiqué est un TORCHON HONTEUX avec des propositions qui montre le non respect pour notre profession.
(Allons y brandons la profession qui sert à pousser des chariots et à récupérer des radio, ... => Pour ça, trois ans c'est long)

Vous êtes à la limite de la diffamation, bande de gros c.. .
(Voila c'est sorti, désole mais vraiment la, on a belle exemple de la connerie humaine qui n'a pas de limite)

Au fait, j'allais oublier, on peut former des médecins en 3 ans aussi ... y a un autre vrai besoin de société ...

pittoresque80

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#1

un peut de remise en question de leur pratique managerial

extrait du communiqué de presse: "De plus, au cours des trois années de formation, ce sont 10% des étudiants qui abandonnent leurs études soit de l’ordre de 2700 élèves. Il est légitime de s’interroger sur les raisons de leur abandon. Découragement ? Etudes trop sélectives ? ou trop longues du fait d’une formation en alternance encore fermée sur elle-même ?"
Découragement un peut, trop longue et trop sélective je pense pas du tout...
Trop sélective:
Premièrement La sélection évite la surpopulation d'infirmier comme ce la se passe en Espagne avec des infirmiers obligés de quitter leur pays pour exercer.
deuxièmement la sélection permet de s'assurer que les futurs étudiants auront le niveau pour suivre la formation qui est dense et qui demande beaucoup d'investissement. l'oral permet aussi de s'assurer que le futur infirmier à la fibre pour le métier...
Trop longues surement pas:
Beaucoup de travail personnel, des heures de révisions pour assurer aux futurs infirmiers un savoir optimal. Je tendrais même à penser qu'il faudrait plus de temps aux étudiants pour pouvoir arriver à retenir sur le temps tout ce que l'on nous inculque à l'ifsi.
Et puis mince... les collègues ne se sont pas battu pour rien concernant la reconnaissance de notre belle profession.

Les établissements en manque de personnel, feraient mieux de réfléchir sur leur politique de ressources humaines, accorder de la reconnaissance aux travail des soignants... et mener une vrai politique d'encadrement des étudiants.
J'ai effectué mon deuxième stage dans une clinique privée. Les soignants a bout du rouleau font grèves régulièrement du fait des conditions de travail, la rémunération (....). Ça été mon pire stage et j'aurait bien pu quitter la formation, tellement l'accueil, l'apprentissage était exécrable (exemple parmi tant d'autre: pas le droit pour l’étudiant de prendre une chaise pour prendre la relève).Je n'en veut pas à l'équipe qui avait pour mission de m'apprendre le métier, mais à l'institution qui met trop de pression sur ses salariés....