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L’infirmière volontaire dans les projets de développement

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Humanitaire

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L’aide humanitaire représente pour beaucoup la mission d’urgence où l’infirmière va être envoyée en équipe par une ONG (organisation non gouvernementale) pour une action médicale et logistique, immédiate et courte (2 à 3 mois).

Certaines ONG recrutent également des infirmières pour participer à des programmes de réhabilitation, restaurer l’accès aux soins, accompagner les habitants qui sont très éprouvés vers un mieux être physique et psychologique (pendant 6 mois minimum). Dans ces deux cas, le statut proposé aux professionnels est celui de volontaire international ou salarié.

Une autre possibilité s’offre encore aux infirmiers qui veulent vivre une expérience humanitaire. Ils peuvent s’engager bénévolement ou en tant que volontaire auprès d’ONG qui proposent des projets de développement dans le secteur de la santé inscrits dans la durée (de 1 à 2 ans renouvelables).

A quoi correspond le statut de volontaire de solidarité internationale (VSI) ?

Distinct du bénévolat et du salariat, le volontariat de solidarité internationale est un statut à part entière dont le cadre est fixé par la loi du 23 février 2005.

Il se défini comme une période déterminée qui permet à une personne majeure, célibataire ou en couple, sans condition de nationalité, engagée et compétente, de s’investir à plein temps, de façon désintéressée et solidaire dans le cadre d’une mission d’urgence, de reconstruction ou de développement.

Cet engagement se fait dans le cadre de projets dont les ONG ont la responsabilité ou dans des programmes pilotés par des organisations locales ou internationales.

Plus de 2.500 VSI sont envoyés chaque année par une trentaine d’associations ou structures (dans le cadre de la loi de 2005) en Afrique subsaharienne pour la majeure partie puis en Asie, Amérique du sud, Proche-Orient...

Majoritairement âgés de 25 à 35 ans, ils interviennent dans des domaines variés : santé, projets sociaux, éducatifs, formation, développement rural, gestion, coordination de projets…

En tant qu’infirmier, pourquoi choisir de vivre un projet de développement comme VSI ?

La définition de la santé par l’OMS en 1946 comme un état de complet bien-être physique, mental et social peut orienter la réflexion d’un professionnel qui s’interroge sur la manière dont il veut vivre une action humanitaire.

En effet, les projets de développement prennent en compte l’homme dans sa globalité et donc le temps nécessaire à la rencontre, à la compréhension de l’autre, le collègue, la famille soignée, la communauté villageoise… La connaissance de l’homme, la prise en compte de ses réalités économiques, sociales, culturelles, les rites et croyances, sont un préalable très important à toute aide.
De plus, le volontaire est invité à construire des solidarités par l’échange humain dans une autre perspective de mondialisation que celle de la domination des uns par les autres. Certes, l’infirmière qui choisit le volontariat a des compétences et désire les transmettre. Mais elle est invitée à ne pas imposer ses modes de pensées, ses pratiques et plutôt à engager un travail commun où elle apprend de l’autre autant qu’elle propose, où elle accompagne le renforcement des compétences locales. Un des objectifs du volontariat est d’aider les habitants ou professionnels du pays à assurer la continuité du projet en étant acteurs de leur propre santé.
Plus on prend le temps et plus ce que l’on donne a du sens et répond à un besoin profond. De la même manière, une infirmière ne reviendra pas inchangée. Que ce soit dans le domaine professionnel ou personnel, un ou deux ans de volontariat donnent l’occasion de découvrir, d’élargir son horizon, se construire…

Selon Sophie, une ancienne VSI en Amérique du sud avec la DCC (Délégation Catholique pour la Coopération) : « être volontaire dans la santé demande un lâcher prise pour accepter des situations difficiles et si différentes. Cette nécessaire acculturation se fait parfois dans la douleur. Mais on retient des stratégies de travail locales vraiment riches ». Vous trouverez également dans les témoignages ci-après de deux infirmières d’autres motivations possibles pour le départ !

Formation

Aucune formation spécifique n’est obligatoire pour accéder au volontariat international dans des projets de développement.

Recrutement

Une fois bien informé sur les différentes ONG, vous pouvez généralement postuler en ligne ou par courrier en envoyant CV et lettre de motivation. En plus de vos compétences professionnelles, une expérience préalable de voyage ou expérience courte de solidarité internationale (stage, chantier…) et/ou bénévolat en France sont très appréciés.

Après renvoi du dossier de candidature, l’ONG vous proposera un entretien ou bien un week-end d’orientation qui permet de mieux déterminer votre profil, vos objectifs, l’adéquation ou non avec la charte de l’ONG.

Une proposition de poste vous sera alors transmise avec un délai plus ou moins court pour y répondre. Avec certaines associations comme la DCC, vous pouvez vous-mêmes proposer au siège un poste d’infirmière dans un projet de développement à l’étranger s’il correspond bien sûr à certains critères (présence d’un correspondant dans le pays pour le suivi du projet, besoins identifiés par les locaux, possibilités financières d’assurer l’indemnité et le logement du volontaire…).

Avant ou après avoir été sélectionné, vous participerez à des formations de durée variée (de 2 jours à 3 semaines). Certaines formations permettent d’aborder notamment : les logiques interculturelles, la géopolitique, les religions, la gestion de conflit, apprendre à adapter ses pratiques professionnelles, se ressourcer…

Une réunion d’information a parfois lieu pour vous donner des précisions sur la mission, la logistique. Un bilan peut être fait à cette occasion ou pas sur vos vaccinations, visas, passeport, assurance habituellement pris en charge par l’organisme.

Garanties liées au statut de volontaire de solidarité internationale

Selon le Comité de liaison des ONG (CLONG), les associations garantissent au volontaire :

  • Une formation au départ
  • Une indemnité et/ou des avantages en nature pour subvenir à ses besoins sur place
  • Une prise en charge des frais de voyage et du rapatriement si nécessaire
  • Une assurance en responsabilité civile
  • Une couverture sociale et une mutuelle complémentaire pour le volontaire et ses ayant-droits à charge
  • Une assurance vieillesse (retraite)
  • Deux jours minimum de congé par mois de mission effectuée si le contrat a une durée de 6 mois ou plus
  • Un soutien technique pour sa réinsertion au retour de la mission

L’Etat garantit aux associations et au volontaire :

  • Une reconnaissance officielle (par convention) des associations d’envoi sur avis de la commission de volontariat
  • Une participation forfaitaire aux coûts de couverture sociale, d’envoi, de gestion et d’accompagnement au retour des volontaires
  • Une prime forfaitaire de réinsertion que le VSI perçoit pendant 9 mois maximum, s’il ne bénéficie à son retour ni de l’assurance chômage ni du RMI
  • Une indemnité de réinstallation au retour d’au moins 24 mois

Missions

Sur le terrain, vous serez accueilli par l’équipe de volontaires déjà en place, des professionnels ou un correspondant du pays. Certains organismes comme la DCC envoient un chargé de mission pour faire une évaluation de votre expérience à mi-parcours. Il propose aussi tous les deux mois des évaluations écrites pour vous aider notamment à analyser l’atteinte de vos objectifs et prendre du recul sur votre vécu.

Liste non exhaustive de missions possibles

  • Renforcer l’accès aux soins de populations réfugiées, déplacées, de minorités, de femmes, d’enfants
  • Accompagner les partenaires dans la mise en ouvre de programmes locaux, régionaux, nationaux
  • Réaliser des soins, travailler en équipe
  • Transmettre les notions de soins de base et d’hygiène au professionnels de structures de soins, hôpitaux (protocoles d’application de perfusions, pansements, entretien des instruments et des locaux…)
  • Encadrer, former des professionnels, des étudiants
  • Travailler l’humanisation des soins (prendre le temps d’expliquer les soins aux patients, de transmettre des informations médicales, de soulager la douleur…)
  • Tenir compte des médecines traditionnelles dans la prise en charge du patient.
  • Assurer la gestion financière de structures de soins, les achats de matériel et médicaments et leur distribution
  • Promouvoir l’éducation à la santé, s’inscrire dans des projets de santé communautaire (éducation à la sexualité et vie amoureuse auprès des jeunes, prévention des mutilations génitales, programmes de prévention du SIDA, transmettre des règles d’hygiène à des communautés sur la cuisine, la vaisselle, lessive, moustiquaires…)
  • Participer à la lutte contre la malnutrition, les maladies infantiles, le paludisme…

Exemples de postes infirmiers (proposés par la DCC en 2008)

Infirmier Prothésiste / Kinesithérapeute - Cameroun

Lieu : Centre de prise en charge des handicapés moteurs
Missions :

  • Organiser l’équipe en service
  • Assurer l’accueil des malades et de leurs accompagnateurs
  • Assurer la gestion financière du centre sous le contrôle du coordinateur diocésain avec qui le volontaire sera constamment en contact
  • Rédiger les rapports d’activités

Infirmier ou Pharmacien R.D. Congo

Lieu : Hôpital

L'hôpital compte 154 lits. L'importance du poste et le manque de personnel en formation poussent l'hôpital à demander un volontaire.

Missions :

  • Travailler dans la pharmacie de l’hôpital et renforcer le travail de la responsable
  • A partir de là, vérifier la tarification calculée à la réception avant de délivrer les produits. Ainsi, remarquer de possibles erreurs pour les corriger
  • Soins des malades dans les différents services sans toutefois laisser de côté tout autre besoin qui puisse se présenter
  • Projet pour un hôpital de brousse

Infirmier diplômé - Sénégal

Lieu : Dispensaire – milieu rural

Missions :

  • Responsabilité et organisation des activités du dispensaire
  • Coordonner et encadrer le travail des employés (accueil des malades, consultations, délivrance des médicaments)
  • Assurer la comptabilité du dispensaire en lien avec sa responsable et l’achat des médicaments.
  • Animer le groupe des «agents de santé» du dispensaire.

Infirmier camp de réfugiés au Ghana

Lieu : centre de santé du camp de Budumburam (soins, consultation, hospitalisation, maternité, orientation vers hôpital si besoin, activités de prévention et d'éducation sanitaire).

Missions : en équipe avec une autre volontaire,

  • Intégration de la clinique dans le système de santé ghanéen
  • Promotion du centre de santé et des soins qui y sont dispensés auprès de la population ghanéenne du secteur (ville et village du nouveau secteur Est de santé).
  • Suivre les travaux d’aménagement du centre, en vérifiant leur fonctionnalité.
  • Participer au recrutement, aider et accompagner la future matrone ghanéenne du centre, à organiser, sécuriser les soins et manager le staff. Aider également à la formation de l’ensemble des agents de santé, de l'aide-soignant au médecin assistant.
  • Rencontres, rapports périodiques (mensuels/trimestriels), adressés aux partenaires locaux.

Témoignages de deux volontaires infirmiers sur le terrain

Stéphanie, volontaire en Tanzanie de 2007 à 2009 avec l’ONG : DCC

Je suis partie en octobre 2007 en Tanzanie, dans la région du Kilimandjaro pour travailler et vivre pendant deux ans dans la communauté de Makomu.

Je travaille dans un dispensaire à 1600 m d'altitude qui accueille les gens vivant dans les différents villages éparpillés dans la montagne.

Une partie du dispensaire regroupe les consultations de jour, des chambres pour les hospitalisations, et une autre partie : maternité, prévention infantile et obstétrique.

J'ai plus particulièrement en charge la partie pédiatrique et obstétrique, mais l'intérêt est que je travaille dans tous les secteurs, ce qui m'apporte une grande diversité professionnelle.

Je travaille avec une sœur qui est infirmière sage femme, et une « nurse assistante ».

N'ayant pas de médecin au dispensaire, nous travaillons toutes les trois ensembles sans distinctions hiérarchiques.

Elles m'ont beaucoup appris, comme prescrire les médicaments, suturer une plaie, faire des accouchements....

J'ai d'ailleurs une petite anecdote ! Une nuit où j'étais de garde, j'ai réalisé mon premier accouchement complètement seule. Après quelques frayeurs, et quelques gouttes de sueurs, la maman m'annonce que sa petite fille s'appellera « Stéfania » ! Je ne saurais expliquer ce que j'ai pu ressentir, un mélange de fierté, de joie et d'émotion ! C'était un moment tellement intense, je ne l'oublierai jamais !

Ce qui me pèse en ce moment et de plus en plus c'est ce rapport avec l'argent. Avant de faire quoi que se soit, je dois demander aux patients s'il peut payer ! Ce n'est pas vraiment la conception de l'accueil et du soin que j'avais ! Je me sens très mal à l'aise...D'autant plus quand les gens me demandent en tant que blanche de les aider à payer les médicaments du petit bébé qui est très malade....

Comme je loge sur mon lieu de travail, parfois, je n'en peux plus d'être là jour et nuit, sollicitée à n'importe quelle heure ! Les gens rentrent même dans ma chambre, non mais sans blague !! Je n'ai jamais autant vécu pour les patients qu'ici, et par moment j'ai vraiment envie de m'isoler, pour m'occuper un peu de moi ...

L'adaptation n'a pas été facile, car dans un premier temps j'ai du oublier toutes mes représentations et conceptions du soin, et comprendre leur fonctionnement de vie et leur culture. Maintenant, je ressens une réelle satisfaction, je suis plus indépendante, je parle un peu le swahili (langue locale), ainsi je peux vivre des moments de relations privilégiées avec tous ces gens.

Ma coopé m'apporte une richesse professionnelle, mais avant tout ce qui est plus riche encore, ce sont toutes ces relations humaines d'échange et de partage.

Eve, infirmière volontaire en Palestine de 2007 à 2009 avec l’ONG DCC

Je suis infirmière en réanimation/soins intensifs néonatologiques à l’hôpital de la Sainte Famille de Bethleem (Palestine). Il s’agit d’une maternité possédant un service de soins intensifs néonatologiques. Le service accueille des nouveau-nés grands prématurés à terme, nés à la maternité mais aussi dans toute la région sud de Jérusalem. Toute jeune diplômée IDE (c’est mon 1er poste), je suis arrivée sans l’expérience d’une puéricultrice. La durée de ma coopération m’a permis d’être entièrement formée par mes collègues palestiniens et d’avoir le temps d’être efficace.

Mon poste est voulu par mon partenaire pour « humaniser le travail ». Malgré mon inexpérience, j’apporte un regard neuf, une pratique non parasitée par de mauvaises habitudes et une vision occidentale de la pratique infirmière. L’hôpital de la sainte famille est géré et financé par l’ordre de malte. Le service a un équipement qui rendrait jaloux bon nombre de nos hôpitaux français. L’hôpital a aussi une politique de formation professionnelle, envoyant chaque année un certain nombre d’employés pour compléter leur cursus (pour mon service, ils font la formation de puériculture). Par conséquent, ils n’attendent pas du volontaire une formation des équipes pour leur passer le relai. D’autre part, me former les valorise. Eux, qui sont humiliés en permanence, ca leur donne de l’importance. C’est un échange : mon regard contre leurs connaissances. Ma coopération est vraiment une mission de présence et d’échange.

Je travaille dans de très bonnes conditions matérielles, donc professionnellement je ne perds rien dans ma pratique. La DCC choisit les postes en fonction des profils, et pour moi ce fut un bon choix !! De plus, je travaille en anglais ; j’acquiers ainsi une aisance dans cette langue, ce qui ne peut m’être que profitable.

Plus personnellement, je partage le quotidien des palestiniens. Ma présence les ouvre à une autre culture à laquelle ils ne peuvent avoir accès que via la télévision a cause de leur vie derrière le mur. De leur coté, ils savent quels sacrifices nous faisons pour vivre auprès d’eux : l’éloignement de la famille, du pays, le salaire moindre qu’en France, travailler dans une langue qui n’est pas la nôtre…

Humainement parlant, cette durée de deux ans qui pourrait sembler longue, permet de s’intégrer a la vie locale, de s’enraciner. On découvre les gens, la culture, la situation qui pour la Palestine est très complexe, on a le temps de tout : découvrir, apprendre, s’émerveiller…

Comme dans toutes nouveautés, tous projets, il y a des hauts et des bas. La situation de la Palestine, c’est du quotidien. En tant qu’étrangère, elle n’est pas aussi difficile a vivre que pour les palestiniens. Mais pour une française, être confrontée au mur et tout ce qui en découle, observer les mêmes conditions de vie que les palestiniens, ce n’est pas facile tous les jours.

Le « choc » des cultures arrive assez vite ; le temps permet d’intégrer les us et coutumes du pays. Parfois ce n’est pas gagné, surtout au niveau professionnel. Les gestes sont les mêmes, mais les attitudes ne sont pas faciles a comprendre quand ce ne sont pas les nôtres…

Par exemple, face à la douleur, ils ont un regard qui me parait « froid ». Lorsque je leur ai demandé pourquoi ne pas limiter la douleur, la réponse fut plus que surprenante : « laissons les crier maintenant et exprimer leur douleur, car plus tard, il devront se taire ».

La présence et la place de la mère dans les soins, ainsi que l’éducation que l’on peut lui faire, est quasiment absente et m’a surprise. J’ai appris à mieux connaître leurs réalités : les trajets parfois longs jusqu'à l’hôpital, les nombreux enfants déjà à la maison. Pour l’éducation, il y a une telle cellule familiale qu’ils délèguent facilement les conseils à la transmission familiale. Face a la mort, ils sont très fatalistes. Ils ont tellement vu d’horreurs qu’ils s’en remettent à Dieu.

Vivre auprès de gens qu’on ne connait pas permet de se découvrir soi-même. Vivre une coopération, participer a un projet de partage et de développement comme volontaire est une expérience des plus enrichissantes, on en sort grandi personnellement, professionnellement et humainement !!!

Au retour...

Au retour, vous devrez en fonction des organismes aider à la logistique et participer aux réunions de débriefing concernant la mission. Ces réunions sont un temps d’évaluation sur votre volontariat et vous permettront peut-être de repartir en mission avec le même organisme ?

Une journée minimum d’aide à la recherche d’emploi vous sera également proposée.

Très souvent, le volontaire éprouve quelques difficultés pour « atterrir » en France, il se sent incompris par sa famille, ses amis, qui n’ont pas expérimenté autant de nouveautés en deux ans. Il faut recréer des liens, tenir à nouveau à jour un agenda, mettre un manteau, une écharpe…A la DCC, le réseau de 15.000 anciens volontaires est un bon moyen pour échanger avec des personnes qui vous comprennent.

Leur mission est terminée mais les volontaires demeurent « ambassadeurs de solidarité ». Ils peuvent avoir un impact sur l’ouverture internationale de leurs concitoyens français par leur compréhension du monde, leur réflexion sur la place et le vécu des migrants en France, l’impacte de notre consommation ici et là-bas…

Conclusion

Le champ de l’humanitaire permet donc de vivre des expériences variées. Pour une infirmière qui choisit d’être volontaire dans un projet de développement, la rencontre de l’autre et le temps nécessaire à l’échange interculturel est une priorité. Ce professionnel est aussi invité à « faire avec » la population locale plutôt que « faire pour ». C’est une expérience passionnante et difficile à la fois car nos habitudes, nos compétences et connaissances françaises ne demandent qu’à être transmises !

Je suis moi-même partie en mission de volontariat deux ans à Djibouti.

A mon départ, des amis m’ont demandé de parler de leur pays aux français, de son intérêt, de ses richesses, du bonheur que l’on peut ressentir en vivant le quotidien avec eux au-delà de nos différences.

J’espère vous avoir transmis à travers ce texte une parcelle de ce vécu et éveillé en vous peut-être l’envie de vivre un projet de développement en tant qu’infirmier volontaire.

Liens

Comité de liaison des ONG (CLONG-Volontariat)

Le Clong regroupe quatorze associations impliquées dans le volontariat de solidarité internationale. C’est un lieu d’échange qui leur permet de réfléchir ensemble sur l’avenir du volontariat et d’engager un dialogue fructueux avec les pouvoirs publics. Il a également une mission d’information générale destinée au grand public.
Il ne recrute pas mais renvoie au site : www.coordinationsud.org pour les offres de mission.
Adresse : 14 Passage Dubail 75 010 Paris
Tél. : 01 42 05 63 00 clong@coordinationsud.org

Liste d’ONG regroupées au CLONG et proposant à des volontaires des projets de développement dans le domaine de la santé :

  • Association française des Volontaires du Progrès (AFVP). Elle recrute des volontaires pour des missions longues durées (généralement deux ans) à l'appel d'acteurs locaux du développement (400 volontaires en 1996). Compétences recherchées : ingénieurs, urbanistes, gestionnaires, infirmiers... Conditions : 21 ans minimum, pas d'enfant, permis de conduire.

    Adresse : BP 207,91311 Montlhéry Cedex ; Tél. : 01 69 80 58 58 ; http://www.afvp.org

  • Coopération et formation au développement (CEFODE). Cet organisme soutient et accompagne des projets de développement mis en place par des associations, dispensaires, collectivités locales…situés dans les pays du sud

    • Expérience partagée, échange dans la durée, action en commun
    • partir, découvrir, échanger, se construire eux-mêmes, en contribuant à une activité utile
    • dans les contextes de développement, les volontaires sont en compagnonnage plus qu’en maîtrise d’ouvrage
    • les volontaires du Nord ne sont pas les vecteurs d’une aide unilatérale au bénéfice du sud dans les secteurs agricoles, artisanaux, santé et autres par l’envoi de volontaires.

    Adresse : 17 rue de Boston 67000 Strasbourg ; Tél : 03 88 45 59 90 ; www.cefode.org

  • Action contre la faim (ACF). Organisation humanitaire de lutte contre la faim dans le monde. ACF France intervient dans 18 pays frappés par des crises alimentaires graves.

    Adresse : 4 rue Niepce 75014 Paris cedex 14 ; Tél : 01 43 35 88 88 ; www.actioncontrelafaim.org

  • Handicap international ; L'association est présente sur tous les continents pour appareiller les personnes handicapées, favoriser leur insertion et, en amont, mener des opérations de déminage et de prévention contre les mines antipersonnel. Les missions sont de deux ans (parfois moins).

    Compétences recherchées : professions de la santé, ingénieurs, techniciens... Conditions : formation + 2 ans d'expérience professionnelle.

    Adresse : ERAC 14 avenue Berthelot 69361 Lyon Cedex 01 ; Tél. : 04 78 69 79 79 ; www.handicap-international.org

  • Médecins du monde. MDM soigne les populations les plus vulnérables dans des situations d’urgence en France et à l’étranger et développe des programmes de réhabilitation post-crise et programmes de développement plus longs. Conditions : expérience professionnelle de 2 ans minimum (libérale ou hospitalière), pratique courante anglais, espagnol, statut de volontaire ou salarié

    Adresse : 62 rue Marcadet 75018 Paris ; Tél : 01 44 92 15 15 ; http://www.medecinsdumonde.org/

  • Association sœur Emmanuelle (ASMAE). Asmae envoie des bénévoles sur des chantiers de solidarité courts et des volontaires sur des projets longue durée. Ils accompagnent des associations locales menant des projets de développement, d’éducation à la santé au profit d’enfants défavorisés et de leur famille.

    Adresse : 26 Bd de Strasbourg 75010 paris ; Tél : 01 44 52 11 90 ; www.asmae.fr

  • Délégation catholique pour la coopération (DCC). Première ONG française d’envoi de volontaires, célibataires ou en couple, La DCC recrute pour des projets de développement initiés par des partenaires locaux. Elle propose des missions longue durée (2ans) ou courte durée (12 mois), dans plus de 60 pays (530 volontaires en 2008, 230 départs par an). Compétences recherchées : enseignants, infirmiers, ingénieurs, techniciens, gestionnaires... Conditions : avoir 21 ans minimum/

    Adresse : 106 rue du Bac 75007 Paris ; Tél. : 01 45 65 96 65 ; www.ladcc.org

  • FIDESCO. ONG qui envoie des volontaires dans les pays du sud pour mettre leurs compétences professionnelles au service de projets de développement. Les volontaires, célibataires ou en couple, s’insèrent dans des projets locaux à la demande des Eglises du pays dans des domaines divers : éducation, enseignement, santé, gestion, construction… Les volontaires partent toujours en équipe

    Adresse : 18 Bd du Général Koenig 92 521 Neuilly sur Seine ; Tél : 01 47 45 96 60 ; www.fidesco-international.org

  • Service de Coopération au Développement (SCD). Association chrétienne de solidarité internationale par le volontariat, elle recrute, forme, envoie et accompagne des volontaires pour des missions de 2 ans dans l’enseignement, la formation professionnelle, la santé curative et préventive…

    Adresse : 202 chemin de Fontanières 69350 La Mulatière-Lyon ; Tél : 04 72 66 87 20 ; www.scd.asso.fr

  • Département évangélique français d’action apostolique (DEFAP). Le DEFAP recrute des volontaires à la demande de partenaires d'Afrique et du pourtour de l'Océan indien (160 volontaires en 1996). Compétences recherchées : enseignants, formateurs, ingénieurs, techniciens... Conditions : minimum 21 ans, bac + 2

    Adresse : 102 boulevard Arago75013 Paris ; Tél. : 01 42 34 55 55 ; defap@protestants.org

Autres propositions pour participer à des projets de développement

  • Volontaires des Nations unies pour la paix et le développement. Les Nations unies proposent un programme de volontariat, au niveau de leurs différentes organisations (Unesco, FAO…) ou de délégations dans différents pays. Ce programme s’adresse à des jeunes, diplômés et ayant déjà plusieurs années d’expériences professionnelles.

    Pour plus d’info : www.unv.org

  • Service volontaire européen (SVE). Il permet à des jeunes européens de partir 6 à 12 mois dans un autre pays d’Europe pour rejoindre une structure sans but lucratif.

    Pour plus d’info : www.injep.fr

  • Volontariat international. Depuis 2001, une autre forme de volontariat international est possible, auprès des administrations (VIA). Il peut aller de 6 à 24 mois.

    Pour plus d’info : www.civiweb.com

  • www.santesud.org
  • www.intercordia.org
  • www.amd-france.org
  • www.icrc.org
  • www.msf.fr

Voir aussi : /votre-carriere/votre-carriere/soins-infirmiers-humanitaire.html

Infirmière (Volontaire DCC 2001/2003 à Djibouti) DCC 106 rue du Bac 75007 Paris www.ladcc.org

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Commentaires (2)

Bernadette Fabregas

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265 commentaires

#3

suite...

Bonjour, merci de votre message. Cet article n'est pas très récent... Vosu pouvez toujours essayer de contacter l'auteur Marion Vignault via ses coordonnées présentes au bas de l'article. Bien à vous et bonne route !

EmilieMarin

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1 commentaires

#2

Développement

Article très intéressant. Actuellement sur un projet de développement sanitaire à Madagascar, est-il possible de contacter l'auteur ?