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Débat - La reconnaissance des aides-soignants passera-t-elle par le libéral ?

Sur le forum d'Infirmiers.com, titou13 appelle à une reconnaissance à sa juste valeur du métier d'aide-soignant et partage une pétition pour que la profession bénéficie d'un statut libéral. Une proposition qui fait bien évidemment débat au sein de la communauté d'Infirmiers.com….

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Comment mieux valoriser la profession aide-soignante ? Les utilisateurs du forum d'Infirmiers.com ont leur avis sur le sujet.

titou13 partage, sur le forum d'Infirmiers.com, une pétition visant à mieux reconnaître la profession aide-soignante et s'interroge sur la mise en place d'un statut libéral. Rappelons qu'en 2009, la proposition de loi Moyne-Bressand, déposée le 1er avril, modifiait le code de la santé publique pour conférer aux aides-soignants le statut d'auxiliaire médical. À l'époque, les organisations infirmières étaient montées au créneau, et pour cause, de façon réglementaire, les AS travaillent en collaboration et sous la responsabilité des infirmiers. La proposition n'a finalement pas été adoptée. Qu'en pensent les soignants aujourd'hui ?

Prendre exemple sur le modèle canadien ?

Creol estime que puisque beaucoup de gens se servent du modèle canadien et plus particulièrement du modèle québécois, il faudrait transformer le métier d'aide-soignant en infirmier auxiliaire qui fait grosso modo la même chose que les AS en EHPAD. Et c'est un point important. Les AS en EHPAD sont bien plus autonomes au niveau des différents soins demandés vu les nombreux glissements de tâches qui s'y font depuis des années. Dextro, tension, médoc, pansement "simple"... plus les soins de nursing. Donc pourquoi ne pas pouvoir le faire en libéral ?. Comme le précise Creol, ce n'est légalement pas possible à l'heure actuelle, et reste la problématique du rôle propre. Il faudra qu'il y ait toujours une infirmière pour chapeauter le travail, et c'est là que ça coince. En effet, comme le souligne Jo_Bis : infirmier est une profession réglementée et l'aide-soignant travaille par délégation de l'IDE ce qui implique d'emblée une vérification de ce qui est fait par l'AS. L'AS n'a aucune autonomie légalement parlant ce qui exclut tout exercice libéral. De son côté, Lenalan souligne que la reconnaissance ne passe pas par le libéral, certainement pas. Il faudrait commencer par la reconnaissance d'un diplôme et rendre impossible l'exercice de cette profession sans le diplôme correspondant. Et d'ajouter qu'« il faudrait aussi arrêter de penser qu'on est valorisé comme AS quand on nous autorise à faire du dépassement de fonction. Vous n'êtes pas valorisés parce que vous dépiquez, parce que vous mettez des bandes de contention ou parce que vous faites des dextros ».

« Les aides-soignants doivent se valoriser eux-mêmes »

Pour Patt, étudiant en soins infirmiers, les AS seraient beaucoup plus valorisées s'ils participaient aux transmissions. Je n'ai vu des AS vraiment impliqués qu'en SSR. Ils y étaient écoutés, faisaient des propositions, participaient à la vie du service et aux orientations pour le patient. C'était vraiment appréciable et agréable. Dans les autres services, je n'ai JAMAIS vu un AS faire des transmissions écrites. Il m'est arrivé de faire des toilettes et de repérer des rougeurs ou des plaies, d'en parler aux aides-soignants qui me disaient alors "ah oui ça fait plusieurs jours ça". Pourtant rien n'était noté dans le dossier du patient. Souvent les aides soignants signalaient un souci aux infirmiers et donc estimaient qu'ils feraient seuls les transmissions écrites. À l'instar de Patt, Lenalan considère qu'il est important pour les AS d'écrire les choses. Elle explique que dans un des établissements où elle a travaillé, la cadre a fait en sorte que les les AS écrivent (parce que ce n'est pas dans les moeurs de tout le monde). Aujourd'hui, je vois des transmissions d'AS sur ce qu'elles voient, ce qu'elles entendent lors des toilettes et des repas, des choses dont on n'a pas forcément notion quand on est IDE (on passe indéniablement moins de temps auprès des patients, ceux qui y sont le plus souvent ce sont les AS!). Et je trouve les transmissions écrites des AS toujours très pertinentes et importantes (les paroles s'envolent, les écrits restent). Franchement il faut écrire, écrire, écrire. La dimension du soin et la vision des choses n'est pas du tout la même du point de vue AS et du point de vue IDE, les deux sont complémentaires pour avoir une vision globale de la situation de chaque patient.   

Depuis mai 2015, des représentants d'associations professionnelles et de syndicats travaillent avec la Direction Générale de l'Offre de Soins (DGOS) à la réingénierie du référentiel d'activités à laquelle s'ajoutera une réingénierie du référentiel de compétences. Il s'agit d'un travail de longue haleine qui mettra du temps à aboutir. Pour l'heure donc, charge aux aides-soignants de valoriser leur profession, de s'impliquer, d'initier des projets pour le bien-être des patients et, même si cela est difficile, de résister aux glissements de tâches.

Creative Commons License

Journaliste Infirmiers.com aurelie.trentesse@infirmiers.com @ATrentesse

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Commentaires (3)

JEDYTE

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22 commentaires

#3

Et si en fait...

Et si en fait, plutôt que de parler de reconnaissance, on appelait un chat un chat ? Plutôt que de "reconnaissance" n'est-il pas plutôt question de gagner plus, beaucoup plus en statut libéral qu'à l'hôpital avec la pression et les chefs sur le dos ?

Parce que qui serait tout d'un coup plus reconnaissant envers nos confrères AS si on leur reconnaissait un statut libéral ? Les IDE, les patients ? La ministre de la santé ?

binoute1

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640 commentaires

#2

Oui et ...

@la rédaction : idem que Moutarde : la délégation...faudra revoir ;)

Titou a soulevé un lièvre, mais n'a pas répondu aux questions qui lui ont été posées sur le forum

Utilisateur supprimé

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494 commentaires

#1

La juste valeur selon titou13

La juste valeur selon titou13

Pour l’auteure de l’article, les AS ne travaillent pas par délégation des IDE mais en collaboration, sous leur responsabilité et dans le cadre de leur formation.

Et pour résumer, quelle plus-value pour le patient à domicile et la collectivité d’avoir 2 intervenants AS et IDEL en place d’1 IDEL qui assure une prise en charge globale (parce que en 16 pages on n'a toujours pas la réponse à cette question essentielle) ?