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Edito - Sans eux le prendre soin ne serait pas le même...

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On ne le dira jamais assez, les métiers de la santé manquent aujourd'hui cruellement de reconnaissance et le métier d'aide-soignant n'échappe pas à la règle, ignoré du plus grand nombre et sans exposition médiatique. En effet, qui parle des aides-soignants ? Qui leur donne la parole ? Qui les écoute ?  Qui les valorise ? Ces professionnels du « care », du prendre soin, ont pourtant un rôle essentiel.

coeur mains

N'oublions pas de donner de l'écho à la voix des aides-soignants, à leurs compétences, à leurs préoccupations, à leurs doléances… et ce, bien au-delà d'une seule journée par an.

Cet édito tente de réparer ces lacunes alors que le 26 novembre dernier une journée internationale leur était dédiée… ; une journée passée certes inaperçue dans les grands medias mais, c'est heureux, pas sur aide-soignant.com ni infirmiers.com !

Si chacun peut désormais prétendre à « son quart d'heure de célébrité », prophétie du pape du pop art Andy Warhol, les aides-soignants ont bénéficié, une fois n'est pas coutume, d'une journée entière d'expression - tout du moins sur aide-soignant.com ! - le 26 novembre dernier à l'occasion de LEUR journée internationale. Afin de faire connaître la réalité de  leur métier, de mettre en avant leurs missions, compétences et engagements, nous leur avions suggéré d'adresser une « Lettre à un(e) ami(e) qui voudrait devenir aide-soignant » mais aussi de s'exprimer sur les réseaux sociaux via notre page facebook aide-soignant.com en postant un selfie avec la mention #AsetFier.

Nous remercions infiniment tous les aides-soignants qui ont répondu à cette requête et, pour ce faire, une vidéo compile l'ensemble des visages de tous ces anonymes qui oeuvrent dans leur service avec fierté, mais le plus souvent sans la gloire qui devrait l'accompagner...

Un geste, un regard, une accolade, une parole ou un fou rire, partagé avec la personne dont on a la charge, redonne foi en ce métier, en l'humain. A cet instant précis on sait pourquoi on est là...

Oui, affirmons-le et ce n'est pas les infirmier(e)s, cadres de santé, médecins...  qui nous contrediront, chacun connaît la valeur et le rôle indispensable des aides-soignants au sein d'une équipe soignante. Il n'y a pas si longtemps, on parlait encore de binôme IDE/AS pour des soins, de fait, beaucoup plus globaux et cohérents pour le patient... Toilette, réfection du lit, aide aux pansements, mise au fauteuil... tout était fait en continuité et les bénéfices patients étaient plus qu'évidents ; une belle collaboration en toute synergie... Cette valeur du travail en binôme est aujourd'hui peu valorisée, voire inexistante, conditions de travail en déliquescence obligent. Pourtant, tous ces petits riens du soin - cette attention, cette disponibilité, cette écoute, cette gestuelle, cette qualité relationnelle...- font toute la différence, la valeur-ajoutée du prendre soin dans la « globalité » du patient, un terme tellement usité qu'il en a perdu sa valeur intrinsèque. Le travail de l’aide-soignant n’est pas seulement une aide, il s’agit bel et bien d’un soin précis et réel. Ces professionnels du « care », du prendre soin, ont un rôle essentiel.

Si l'on écoute les aides-soignants parler de leur métier - ce que nous avons fait le 26 novembre dernier - les mots sont sincères, riche de profondeur et d'engagement comme ces quelques témoignages en attestent :

Considérons donc que l’enjeu de la reconnaissance du travail aide-soignant est bien celui de la reconnaissance de la dimension relationnelle comme constitutive des soins, comme l'exprimait Eve Rigoulot, psychologue, en conclusion d'un article relatif à la question de la reconnaissance du travail aide-soignant ? N'oublions pas de donner de l'écho à leur voix, à leurs compétences, à leurs préoccupations, à leurs doléances... et ce, bien au-delà d'une seule journée par an.

Alors, avec les collègues on se permet de rêver. On parle de gagner au loto… On s’achèterait une maison, on offrirait des voitures, on voyagerait... mais on garderait  un poste d'aide-soignant à mi-temps parce que quand même... ça nous manquerait ! (www.aide-soignant.com).

Creative Commons License

Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

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Commentaires (4)

cheikh list

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20 commentaires

#4

Aide-soignante à l'honneur.

Infiniment reconnaissante envers une aide-soignante des urgences de l'hôpital Necker qui a sauvé la vie de mon diplôme en me guidant dans ma démarche de soins.
Elle fut ce jour plus qu'une aide-soignante,...
Elle avait l'intelligence du cœur et l'esprit de l'humanité.
Merci encore S.

execho

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#3

si j'étais aide soignante...

je serais une fois de plus anéantie par ce souci de vouloir être résumée à un être d'écoute et de bonté,une mère en quelque sorte,du genre de celle qui met deux couvertures à son enfant fiévreux?Je ne veux pas faire de procès,mais pourquoi écrire"ces petits riens du soin" ou dire comme ce psycho"reconnaissance de la dimension relationnelle comme constitutive du soin"?C'est tout?Alors autant engager de bonnes dames à la voix douce.Tout le monde s'en fiche que l'aide soignante sait surveiller une perf;courir alerter suite à un vomissement,une diarrhée,une confusion,prévenir d'une ta anormale,d'un trouble respiratoire,sait faire le premier lever,aider une personne à boire sans fausse route,faire un transfert sans écorcher les jambes,bref,ça me rend triste;

Le zèbre 37

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#2

Ma très modeste contribution pour un hommage et remerciemements sans borne

https://youtu.be/F0960YBxMxM

Bon courage et merci

execho

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#1

pardon,mais

pourquoi mettre cette affreuse illustration de deux serres noires sur paysage inquiétant,avec un cœur comme font les ados amoureux?