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Est-ce que les doudous vont au ciel ?

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Sur son blog "Journal d'une future auxi !", une jeune étudiante auxiliaire de puériculture disserte joliment sur cette question qui perturbe souvent les jeunes enfants : "Est-ce que les doudous vont au ciel ?". Elle partage avec nous sa réflexion et on l'encourage, tout en la remerciant !

doudou enfant

Ce doudou qui, en toute circonstance, accompagne l'enfant, parfois longtemps, rassurant en toute situation...

Qui n’a jamais eu de doudou ? Je crois que tout le monde en a déjà eu un dans sa vie. Un doudou qui était là, à tous les moments précieux de notre enfance (et parfois même durant notre vie d’adulte), qui nous a accompagné, aidé, aimé… Et que nous avons à notre tour choyé, adoré, transporté, baladé, engueulé… Et avec qui nous avons joué, chanté, parlé…

Ce doudou c’est le compagnon de tous les enfants, celui qui les suit, qui les soutient, qui les rassure lorsque papa et maman ne sont pas là. Tout simplement qui est là lorsqu’ils se retrouvent tout seuls dans le noir au moment du coucher. C’est celui qui sent mauvais, mais qu’on n’a pas le droit de laver, sinon ce n’est plus notre doudou. Parfois on lui fait des misères en le prenant pour notre  enfant ou notre parent et on lui fait jouer tous les rôles possibles et imaginables pour créer une relation, un jeu, une sécurité. Ce doudou, c’est notre seul refuge, le seul à qui l’on puisse parler de ce qui ne va pas, dire que papa et maman sont bien méchants de nous avoir punis ! Qu’il est gentil ce doudou, à supporter nos cris ! Qu’il est aimable ce doudou de supporter nos larmes qui le mouillent tout entier ! Si l’on regarde notre doudou, on voit tellement de choses ! Ce doudou, c’est aussi celui qui accepte que l’on le suce, qu’on le lèche, qu’on lui bave dessus. Et oui, le doudou supporte tout, c’est pour cela qu’il est notre meilleur copain durant notre enfance. Plus qu’un ami, c’est celui qui vous écoute et qui ne répétera jamais ce que vous lui avez confié, pas même à ses copains les peluches ! Il est toujours là, sauf quand maman nous a profondément TRAHI et a mis doudou dans la machine à laver ! Oh horreur ! Ce ne sera plus jamais mon doudou ! Et puis on le récupère, tout propre, tout sec, qui sent « bon » mais qui ne sent pas doudou… Et puis une nouvelle histoire recommence, et ainsi de suite, doudou sent bon, doudou sent mauvais, doudou sent bon, doudou sent mauvais…

Ce doudou, c’est notre seul refuge, le seul à qui l’on puisse parler de ce qui ne va pas, dire que papa et maman sont bien méchants de nous avoir punis !

Pourquoi je vous parle de ça ? Eh bien je suis tombée sur la chanson de Cendrio, s’intitulant « Est-ce que les doudous vont au ciel ? » et j’ai eu envie de la partager. En tant que professionnel de la petite enfance, le doudou est quelque chose d’important à prendre en compte dans l’évolution de l’enfant, à tout âge. La question « est-ce que les doudous vont au ciel ? » soulève plusieurs questionnements. Elle permet de se positionner sur ce qu’est le doudou en lui-même, à quoi il sert et pourquoi il est si important pour les enfants et même les adultes. Pourquoi nous avons tant de mal à nous en détacher ? Pourquoi il est parfois indispensable au bon développement de l’enfant. Mais cette question fait également écho à une autre thématique que développe Cendrio dans sa chanson : celle de la mort. La mort du doudou ? La mort de l’enfant ? La mort de l’ENFANCE ? Lorsque le doudou est perdu par un enfant, ou lorsqu’il décide tout simplement de ne plus s’en servir en tant que tel, n’est-ce pas une forme de séparation, voire même de deuil ? Est-ce que les doudous vont au ciel ? Les retrouverons-nous lorsque nous mourrons nous aussi ? La chanson de Cendrio reflète bien ces questionnements et il reprend tous les sujets que j’ai abordé en début d’article : leur odeur, leur amour, la séparation…

Il est bien difficile de faire face à cette séparation et on le voit bien : lorsque l’enfant a perdu son doudou, ou qu’il l’a tout simplement oublié chez papi et mamie, ou chez le copain ! Comment leur expliquer que son ami de toujours, celui à qui il peut tout dire, celui qui est présent avec lui chaque jour, ne sera pas là ce soir pour lui souhaiter bonne nuit ?

La mort du doudou ? La mort de l’enfant ? La mort de l’enfance ?

Je me rends compte que je pourrais écrire des pages et des pages sur ce fameux doudou. Je crois que je n’avais pas vraiment saisi son importance, même si j’en connaissais le sens. Grâce à la chanson de Cendrio, je trouve que l’on peut interpréter d’une façon différente le fait d’avoir un doudou. Ce qui me plaît aussi dans cette chanson, c’est que l’on se rend compte que, même en étant adulte, si notre doudou revenait, on le reprendrait comme avant ! C’est ce que dit le chanteur,"Je laisse toujours ma fenêtre ouverte des fois qu’il voudrait reparaître" ! Bien que le fait de parler du ciel pour les doudous soit une façon de parler de la mort de celui-ci, il y a toujours l’espoir de le retrouver un jour, ce qui, pour moi, fait écho au fait que nous retrouvons les personnes lorsque nous allons au ciel.

Le doudou de la chanson ne serait-il pas en fait une façon de dire « un jour, nous retrouverons les personnes mortes ? » Finalement, si on a l’impression au premier abord que cette chanson est triste, je la trouve plutôt joyeuse et avec une fin heureuse puisque l’on se rend compte que nous retrouverons notre doudou ! Magique ! « Abracadrabra », comme dit Cendrio ! J’adore le fait d’imaginer que l’on peut toujours retrouver son « doudou » ! Pas vous ?

Je pense qu’il est bien de lire les paroles de cette chanson parce que l’on voit vraiment les mots, sans la musique. Mais je vous invite vivement à regarder le clip qui vous permettra de raccorder ces paroles à leur sonorité, et vous verrez, les paroles de cette chansons vous paraîtront bien différentes avec la musique.

Est-ce que les doudous vont au ciel ?

Cendrio, « Parlez-moi de moi », 2014

Est-ce que les doudous vont au ciel
Est-ce qu’ils emportent l’essentiel
Ou pas
Est-ce qu’ils leur poussent des petites ailes
En pleine nuit dans mon sommeil
Je crois
Le mien est parti un jeudi je me souviens j’avais grandi
Et sans le vouloir
J’avais laissé la fenêtre ouverte c’était une erreur de jeunesse
Et puis voilà
Est-ce que les doudous vont au ciel
Est-ce qu’ils emportent l’essentiel
Ou pas
Est-ce que là -haut ils ont trouvé
Autant d’amour qu’ils ont laissé

Je crois
Le mien n’est jamais revenu mais je sais qu’il n’est pas perdu
Même dans le froid
Je laisse toujours ma fenêtre ouverte des fois qu’il voudrait reparaître
Abracadabra
Est-ce que les doudous vont au ciel
Est-ce qu’ils emportent l’essentiel
Ou pas
De cette question existentielle
J’en ai fait mon plus beau soleil
Crois-moi
Si par bonheur il revenait c’est sûr je le reconnaîtrai
A mon odeur
Je lui ouvrirai si grand mes bras peut être il m’emmènera
Dans son monde meilleur
Est-ce que les doudous vont au ciel
Est-ce qu’ils emportent l’essentiel
Ou pas.

Regardez maintenant le clip, tout en poésie...

Lire aussi le portrait "Cendrio, infirmier et chanteur, livre son nouvel opus" publié sur infirmiers.com en septembre 2014.

Cette chanson m’a fait réfléchir sur un sujet que je ne pensais même pas aborder en écrivant cet article ! La mort et, au-delà, la mort d'un enfant... En effet, lorsque j’ai recherché sur internet « Est-ce que les doudous vont au ciel ? » afin de vous donner le lien de ce clip, je suis tombée complètement par hasard sur un autre lien, auquel je ne m’attendais pas. Peut-être que certains d’entre vous l’ont déjà vu. Il s’agit d’un documentaire daté de 2011 et réalisé par Bernard Dal Molin et Michèle Dal Molin. Ce petit film qui s'intitule également "Est-ce que les doudous vont au ciel", d’une durée de 52 minutes, retrace l’expérience de quatre familles lors du décès de leur enfant à la suite d’une maladie. C’est un documentaire poignant et très émouvant qui nous permet de voir, du point de vue des parents, comment vivre l’accompagnement dans la maladie et dans la mort de son enfant. Je fais le lien avec la chanson de Cendrio qui, de la même façon, parle d’une mort certaine, d’une séparation, d’un combat mené dans la vie, par les enfants, par les parents. Mais ce film retrace aussi le fait qu’un jour ces parents retrouveront leur enfant et qu’il est toujours là, avec eux, dans leur coeur, qu’ils ne l’oublieront jamais et qu’ils font partie de leur vie, à jamais…

Un film qui fait le lien avec la chanson de Cendrio qui, de la même façon, parle d’une mort certaine, d’une séparation, d’un combat mené dans la vie, par les enfants, par les parents.

Dans un autre article "Auxiliaire de Puériculture : avantages et inconvénients", j’avais déjà abordé le sujet de la mort de l’enfant, et je vous expliquais qu’il fallait, lorsque l’ont passe le concours AP, être conscient des difficultés que l’on est amené à rencontrer, particulièrement face à la maladie et la mort d’un enfant. Je ne l’ai jamais vécu et je ne sais pas si je serai en mesure de prendre le recul nécessaire face à cela, mais il faut s’y préparer et adopter une posture professionnelle adaptée et surtout pouvoir se sentir libre d'en parler avec ses collègues de travail.

Pour conclure, en tant que future auxiliaire de puériculture, je vais être amenée à accompagner des enfants qui ont un doudou et qui à un moment donné de leur vie vont sentir ce besoin de l’avoir près d’eux. Je pense qu’il est important de laisser un enfant avoir un doudou, d'autant en situation de soin, et qu’en tant que professionnel de la petite enfance, nous sommes là pour l'accompagner, le rassurer et le faire évoluer, avec ou sans doudou !

Blog auxilliaire de puéricultureJournal d'une future auxi   https://auxiliairedepuer.wordpress.com/a-propos-de-moi/

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