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"Reconnaissance professionnelle, financière et de ce que l'on fait sur le terrain..."

A l'aube de profonds bouleversements sur la place, le rôle et les attributions de l'aide-soignant dans le futur système de santé, nous avons souhaité donner la parole à celles et ceux qui défendent la profession aide-soignante sur l'ensemble du territoire. Rencontre avec Guillaume Gontard, aide-soignant, président de la Fédération National des Aides-Soignants (FNAAS).

Comme de nombreuses professions de santé, celle d'aide-soignante dispose d'une large représentation catégorielle. Cependant, force est constater que beaucoup d'AS ne connaissent pas leur porte-voix principal : la Fédération Nationale des Associations d'Aide-Soignants (FNAAS). Cette dernière, que ce soit auprès des instances régionales, des organismes de tutelles ou à l'invitation de commissions de travaux parlementaires, porte et défend la parole des aides-soignant(e)s. Son président, Guillaume Gontard, nous en dit un peu plus.

Guillaume Gontard, concrètement, qu'est-ce que la FNAAS ?

Guillaume Gontard président Fnaas

Diplômé depuis 2014, Guillaume Gontard, jeune montpelliérain de 31 ans, est le président de la Fédération Nationale des Associations d’Aides-Soignants.

La Fédération Nationale des Associations d’Aides-Soignants est une association loi 1901, créée le 26 Octobre 1988, apolitique et sans connotation syndicale. Son rôle est de faire connaître, de défendre et de valoriser le métier d’Aide-Soignant. La FNAAS est composée de 13 associations régionales, dont 3 en Outre-Mer, nous permettant de créer des relais efficaces sur tout le territoire national. Chaque association est juridiquement, administrativement et financièrement autonome. Nous proposons à nos adhérents une protection juridique, un journal trimestriel. Notre priorité est d’écouter les professionnels afin de faire remonter les problématiques liées à notre profession dans les différentes réunions au ministère des solidarités et de la santé.

Quelles sont les principales avancées obtenues par la FNAAS et celles pour lesquelles vous continuerez à mettre l'accent ?

La FNAAS n'a pas vocation à s'approprier les avancées. Nous savons très bien que les changements se font pas seul. Aujourd'hui, ce qui a été un plus dans notre profession est le référentiel de formation, la reconnaissance du diplôme d'état et, nous le verrons ces prochains mois, la réingénierie du D.E.A.S... Pour demain, nous souhaitons avoir un rôle propre et la reconnaissance des soins aides-soignants pour nous permettre d’avoir une profession avec une large perspective d’évolution.

Actuellement, au niveau institutionnel, pensez-vous qu'il existe une réelle prise en compte du métier A.S ?

Oui, de plus en plus et cela grâce aux mobilisations et à la médiatisation de notre profession mais, pas que, car la société est en train de changer dans son ensemble.

Le système de santé, dans son ensemble, est concerné par les problématique des soignants. Cela ne pourra se faire qu'en ayant une vision globale et en mettant à jour toutes les compétences et champs d'actions de tous les professionnels de santé. 

Quel est l'avis de la FNAAS concernant le rapport El-Khomri ?

L’ensemble du rapport est positif et va dans l’intérêt de notre profession, notamment pour le travail libéral et le rôle de l'aide-soignant coordinateur. Néanmoins, sur la suppression du concours d'entrée en IFAS, je reste prudent. C’est important de maintenir des modalités d’admissions de qualité car tout le monde n’est pas fait pour être aide-soignant.

Selon vous, en qualité d'aide-soignant et de président de la FNAAS, que représentent les 27 nouveaux actes pour la profession ?

Pour moi, cela représente des actes déjà effectués. Certains seront légalisés. Sur le terrain, tout le monde est unanime : il faut prendre compte réellement tout ce que l'on fait pour les patients, résidents et usagers, y compris le temps des soins.

Durant vos nombreuses visites de terrain, qu'est-ce qu'attendent les aides-soignants ?

De la reconnaissance professionnelle, financière, et que l'on prenne en compte le réel, ce que l'on fait tous les jours sur le terrain.

A l'heure où la crise du système de santé prend une place majeure dans les débats, pensez-vous que l'évolution du métier aide-soignant soit une réponse à celle-ci ?

Le système de santé, dans son ensemble, est concerné par les problématique des soignants. Cela ne pourra se faire qu'en ayant une vision globale et en mettant à jour toutes les compétences et champs d'actions de tous les professionnels de santé. On ne peut pas penser « qu'aide-soignant » pour le devenir de nos professions.

Quelle est votre vision future pour le métier d'aide-soignant ?

La FNAAS voit une profession aide-soignante plus responsable, douée d'une expertise reconnue par l'obtention d'un rôle propre, des possibilités d'évolutions professionnelles plus vastes comme, par exemple, pouvoir travailler en Institut de Formation d'Aides-Soignants (IFAS), en libéral, être coordinateur dans les services de soins....

Comme vous pourrez le constater, cet entretien laisse présager la vaste étendue des travaux futurs entrepris par la FNAAS en qualité de représentante de la profession aide-soignante. Les prochaines actualités législatives et réglementaires viendront construire les bases solides des prochaines négociations professionnelles qui, notamment en ce qui concerne le rôle propre, ne s'avéreront pas être une promenade de santé pour les aides-soignants !

Note

La FNAAS organise également des formations pour les soignants, rendez-vous les 18 au 19 Juin 2020 à Arles, lors des Assises de la Fnaas sur le thème : « l'aide-soignant confronté à l'agressivité ». Si vous souhaitez obtenir plus de renseignements sur la FNAAS : fnaas.fr

Propos recueillis par Alexis Bataille, Etudiant en soins infirmiers (2019-2022), Aide-soignant @AlexisBatll

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