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Réingénierie de la formation aide-soignante : vers de réelles avancées ?

Alors que la réingénierie de la formation aide-soignante est en cours, les troisièmes Journées Francophones des Aides-Soignants, qui se sont tenues du 19 au 20 janvier 2017, ont été l'occasion d'aborder les avancées en la matière, les freins et les doutes qui subsistent…

aide-soignante personne âgée

La réingénierie de la formation des aides-soignants est actuellement en cours

La réingénierie des formations aide-soignante et auxiliaire de puériculture est en cours depuis mai 2015. Durant les Journées Francophones des Aides-Soignants, Thérèse Palla, présidente de l'Union française des aides-soignants (UFAS) a ainsi fait part de l'avancée des travaux et des interrogations qui persistent.

Dix compétences pour valider le Diplôme d'État d'aide-soignant

L'ensemble du programme de la formation aide-soignante a été examiné et ajusté. Actuellement, l'acquisition de huit compétences permet d'obtenir le Diplôme d'État d'aide-soignant. Deux nouvelles compétences devraient être ajoutées, portant le nombre de compétences à valider à dix : un volet animation (mise en œuvre des projets dans le cadre du projet de vie de la personne ou d'un projet collectif) et un volet sur le tutorat auprès des stagiaires ou des nouveaux professionnels. La durée de la formation devrait ainsi augmenter, mais cela ne signifie pas pour autant que la profession bénéficiera qu'une qualification de niveau IV. « Pour finaliser cette première étape, il reste à établir la liste des soins que peuvent réaliser l'aide-soignant et l'auxiliaire de puériculture, souligne Thérèse PallaIl s'agit notamment des soins déjà actés dans le référentiel en vigueur mais aussi des soins nouveaux tels : aspirations endo-trachéales, bande de contention ou encore tests de glycémie... ». Et d'ajouter que « les sessions de travail ont cheminé de façon constructive et le référentiel d'activités et de compétences est pratiquement dans sa phase finale ». Toutefois, un problème juridique concernant la question de la prescription médicale retarde la tenue des prochaines réunions. « Une rencontre entre le Cabinet, les services de la DGOS et les organisations professionnelles infirmières doit se tenir le 8 février 2017 pour dissiper des interrogations et des inquiétudes soulevées par la démarche et pour parvenir rapidement à un compromis sur les travaux engagés, explique la présidente de l'UFAS. Le référentiel de formation pourra ensuite être établi ». En octobre dernier, la profession infirmière s'était en effet montrée hostile à l'intégration de la glycémie capillaire au référentiel d'actes des aides-soignants.

Une définition du métier insatisfaisante

La réingénierie de la formation aide-soignante passera également par l'évolution de la définition du métier. Une proposition a déjà été faite: « L'aide-soignant agit dans le cadre du rôle propre de l'infirmier dont les soins liés aux fonctions d'entretien et de continuité de la vie, visent à compenser partiellement ou totalement un manque ou une diminution d'autonomie d'une personne ou d'un groupe de personnes […] Conformément aux articles R.4311-13 à R.41311-5 du code de la santé publique, l'aide -soignant exerce en collaboration et sous la responsabilité de l'infirmier, dans les limites de la qualification qui lui est reconnue du fait de sa formation ». Cette définition est néanmoins loin de faire l'unanimité. « Le problème réside, une fois de plus, dans le fait que l'aide-soignant n'a pas de rôle propre, donc pas de métier à proprement dit, et qu'il est formé pour faire le travail à la place d'un autre professionnel, estime Thérèse Palla. Et de conclure : « Je crains que cette réingénierie du métier d'aide-soignant et la réforme de la formation qui devrait en découler n'apportent pas pleinement satisfaction pour couvrir les besoins en soins des populations. La nouvelle formation sera plus ou moins adaptée pour les services de court séjour mais risque de rester inadaptée pour les établissements d'hébergement pour personnes âgées ou handicapées... ». La réingénierie de la formation aide-soignante risque donc fort d'être séduisante en apparence, mais quid des réelles avancées attendues depuis plusieurs années par la profession ?

Journaliste aurelie.trentesse@infirmiers.com @ATrentesse

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