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AVC : encore trop de Français qui n'ont pas le réflexe du "15"

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À l'occasion de la journée mondiale des accidents vasculaires cérébraux ce dimanche 29 octobre 2017, l'attention est à nouveau portée sur la conduite à tenir en cas de survenue ou de signes avant-coureurs. 35% des Français confrontés à un AVC auraient un mauvais réflexe : ils n'appelleraient pas le 15. 

vieille femme malaise sol

De même, l'AVC est la première cause de mortalité chez la femme devant les maladies cardiovasculaires et le cancer du sein

Selon un sondage réalisé par Odoxa pour la Fondation pour la recherche sur les AVC1 à l'occasion de la journée mondiale dédiée à cette pathologie, le 29 octobre, "face à l’AVC, tout le monde n’a pas encore les bons réflexes". Le sondage livre ses enseignements : 

  • un tiers des Français ont déjà été confrontés à un AVC (eux-mêmes ou un proche) et 96% ont une idée de ce qu’est un AVC ;
  • pourtant des idées fausses circulent encore sur les AVC et 35% des Français confrontés à un AVC auraient un mauvais réflexe : ils n’appelleraient pas le 15 ;
  • une partie importante de la population sous-estime la prévalence de l’AVC ;
  • 2 Français sur 10 conseilleraient à un proche d’éviter de parler de son AVC dans sa sphère professionnelle.

Rappelons qu'en France il survient un AVC toutes les 4 minutes et que, chaque année, l'AVC touche près de 140 000 personnes. Une personne sur 6 serait concernée par cette maladie au cours de sa vie. De même, l'AVC est la première cause de mortalité chez la femme devant les maladies cardiovasculaires et le cancer du sein ; un chiffre qui s'explique par le fait que les femmes ont une espérance de vie plus élevée - 85 ans versus 79 ans pour les hommes - et que l'AVC survient majoritaireemnt après 75 ans. Les plus jeunes (entre 20 et 55 ans) ne sont cependant pas exclus du risque d'AVC. Augmentation du tabagisme, consommation de cannabis, sédentarité, obésité, mauvaise hygiène de vie... autant de facteurs favorisants. L'enjeu est donc très important car l'AVC demeure la première cause de handicap acquis chez l'adulte et la deuxième cause de démence derrière la maladie d'Alzheimer. 

Rappelons qu'en France il survient un AVC toutes les 4 minutes et que, chaque année, l'AVC touche près de 140 000 personnes.

Accident vasculaire cérébral : qu’est-ce que c’est et quelles sont les causes ?

Dans 85 % des cas, l’AVC est dit « ischémique » : un micro-vaisseau sanguin se bouche dans le cerveau, le plus souvent à cause d’un caillot, ce qui bloque l’apport en oxygène et engendre des lésions dans la zone non irriguée. L’AVC découle principalement de l’athérosclérose, une pathologie qui consiste en la formation, dans la paroi des artères, de plaques d’athérome (un dépôt de cholestérol, de calcaire et de cellules, qui s’entoure d’une chape fibreuse). Ces plaques grossissent, épaississant la paroi des artères. Dans la plupart des cas, elles restent stables, non symptomatiques. Mais il arrive que la chape fibreuse se fragilise, et finisse par se rompre : la libération de son contenu dans la circulation provoque alors la formation du caillot. Si ce caillot bouche une artère cérébrale, c’est l’AVC. Les 15 % des accidents restants sont « hémorragiques », et résultent de la rupture d’une artère cérébrale.

Pour le Pr Jean-Louis Mas, professeur de Neurologie à l'Université Paris Descartes, chef du service de Neurologie de l'hôptal Sainte-Anne, chef de l'équipe de recherche Inserm 894 sur les AVC et Président de la Fondation pour la Recherche sur les AVC, il est important de rappeler que l'AVC n'est pas une fatalité et qu'aujourd'hui, certains traitements permettent une guérison complète (trombolyse, trombectomie). Le fait de ne pas en parler montre que le sujet de l'AVC reste tabou

L'élément le plus important dans la prise en charge des AVC est le temps. Time is Brain comme disent les anglo-saxons, souligne le Pr Mas. Il est donc essentiel d'appeler le 15 en cas d'AVC ou de signes avant-coureurs. Ce sont les médecins du SAMU qui évalueront l'urgence par téléphone et qui organiseront si beoin la prise en charge en dirigeant vers l'Unité Neuro Vasculaire la plus proche , il y en a à présent plus de 140 en France.

Regardez le petit film d'animation "AVC, vite le 15 !

Selon les éléments de ce sondage, une part importante de la population (35%) n'aurait donc pas la réaction appropriée en cas d'AVC : 24% des Français appelleraient les pompiers, 10% iraient aux urgences, 1% attendraient de voir si les signes persistent ; des signes attestant pourtant de l'urgence médicale : paralysie, troubles visuels, perte de la fonction motrice, difficulté à parler... 

L’AVC reste donc plus que jamais une urgence de santé publique, ce qui suppose une information à son sujet largement partagée et ciblée, mais aussi, ces résultats de sondage l'illustrent, régulièrement renouvelée. de même, une filière de soins adaptée permettra aux personnes touchées, par une prise en charge rapide, d'en minimer les conséquences souvent très délétères. Selon une étude du JIM2, ces derniers temps, alors que l'AVC reste la principale cause d'invalidité de longue durée dans les pays occidentalisés, une attention croissante a été accordée aux conséquences de l'AVC sur la santé psychique. Les données démographiques montrent qu'environ 3 à 4% des suicides concernent les personnes ayant souffert d'un AVC. Une raison supplémentaire d'en prévenir la survenue mais aussi surtout de favoriser sa prise en charge dans des délais les plus courts soient-ils. 

Le risque d'AVC est accentué par une mauvaise hygiène bucco-dentaire

A l’occasion de la journée mondiale des accidents vasculaires cérébraux, l’UFSBD (Union française pour la santé bucco-dentaire) rappelle que le risque d'AVC est accentué par une mauvaise hygiène bucco-dentaire. La raison ? En cas de mauvaise hygiène bucco-dentaire se développe une bactérie contenue dans la salive, le Streptococcus mutans. Cette bactérie produit des molécules inflammatoires qui passent dans le sang et majorent l’aggravation de certaines maladies. La bactérie peut par ailleurs se fixer sur la paroi interne des vaisseaux et favoriser ainsi les risques de rupture d’anévrisme cérébral. En France, environ 150 000 personnes sont touchées par un AVC chaque année, dont 26 % sont porteuses de la bactérie Streptococcus mutans. L'UFSBD préconise un brossage systématique des dents pendant 2 minutes, 2 fois par jour, matin et soir, avec un dentifrice fluoré, du passage du fil dentaire entre chaque dent le soir et la mastication d’un chewing-gum sans sucre pendant 20 minutes après le repas de midi si le brossage est difficile à réaliser pour des raisons de travail. Enfin, l’UFSBD recommande une visite chez le chirurgien-dentiste tous les 6 mois, qu’il y ait ou non des problèmes ressentis.

Notes

  1. Enquête réalisée auprès d'un échantillon de Français interrogés par internet les 4 et 5 octobre 2017. echantillon de 986 personnes représentatif de la population français agée de 18 ans et plus.
  2. L’AVC est donc plus que jamais une urgence de santé publique, ce qui suppose une information à son sujet largement partagée et ciblée, mais aussi une filière de soins adaptée qui permettra aux personnes touchées, par une prise en charge rapide, d'en minimer les conséquences souvent très délétères.
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Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern